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Actualités - Chronologie

Réapparition progressive de la classe moyenne

Disparue dans les tourmentes de la crise financière de 1998, la classe moyenne russe commence doucement à renaître, et fait l’objet de toute l’attention des professionnels du marketing qui comptent sur elle pour relancer la consommation. Son émergence en 1997 faisait la fierté de Boris Eltsine. Employés de banque ou entrepreneurs, ils commençaient à bâtir des projets sur l’avenir. Mais ces adeptes de la carte de crédit et du téléphone portable ont été les premières victimes de la débâcle financière. Deux ans plus tard, on reparle de la classe moyenne, grâce au redressement des revenus et à la stabilisation du marché de l’emploi. «Les dépenses de loisirs dépassent leur niveau d’avant crise», selon une enquête de l’institut de sondages Komkon, publiée dans le quotidien Vedomosti. Les cinémas et les théâtres sont de plus en plus fréquentés, le bowling est en vogue et les hauts fonctionnaires visitent assidûment les casinos, note l’enquête. Autre signe encourageant: le boom immobilier constaté à Moscou, où les appartements neufs bon marché sont très recherchés (les prix dans cette catégorie se sont envolés ces derniers mois, et tournent autour de 500 dollars le m2 brut de béton). Les ventes de détails se redressent aussi (+8,3 % sur janvier-septembre). Une vaste étude a été menée par Komkon cet été pour tenter de dresser un portrait de cette classe moyenne. Une étude qui a beaucoup intéressé les responsables marketing, a souligné la directrice de l’institut, Elena Koneva, dans l’hebdomadaire Expert. Ces consommateurs sont de fait ceux qui pourraient soutenir durablement la croissance. Secrétaire, garde du corps, entrepreneur ou cadre spécialisé d’entreprise, âgés de 25 à 45 ans, ils gagnent au minimum 800 dollars par mois à Moscou et 450 dollars en province. Ils «craquent» pour les vêtements ou les chaussures en province, pour l’automobile, la décoration d’intérieur et les loisirs dans la capitale. Contrairement à la majorité des Russes, ils partent en vacances: sur les bords de la mer Noire pour la «petite classe moyenne», à Chypre ou en Turquie pour la «moyenne classe moyenne», à Majorque ou sur les pentes enneigées des montagnes européennes pour les revenus supérieurs. Ils ont une voiture pour une majorité d’entre eux – le dernier modèle de Lada ou une marque étrangère – et pensent à améliorer leurs conditions de logement. La «classe moyenne» naissante se concentre toutefois avant tout à Moscou et dans les grandes villes des régions «riches» (celles qui apportent de l’argent au budget fédéral, soit 18 régions sur 89) : elle est encore bien loin de représenter une large couche sociale. Les petites et moyennes entreprises sont trop peu développées, les crédits aux particuliers et le système d’hypothèques sont quasi inexistants. Et 69 % des Russes ne réservent toujours aucun budget à leurs loisirs, un chiffre très élevé même s’ils étaient 77 % dans ce cas à la veille de la crise. «Les estimations sur la classe moyenne varient entre 15 % et 25 % des personnes en âge de travailler. Pour ma part, je pense qu’elle ne dépasse pas 15 %», explique Lioudmila Khokhoulina, directrice-adjointe du Centre de l’opinion publique (VTsIOM). Leur point commun est surtout d’avoir une vision plus optimiste de l’avenir, une évaluation positive des réformes et des valeurs démocratiques, souligne Natalia Laïdinen, sociologue de l’institut Romir. Le développement de la classe moyenne se fera au rythme de la normalisation économique, mais il est aussi attendu par le monde politique. «Plus la classe moyenne sera nombreuse, plus la société sera stable», note Mme Khokhoulina. «Elle soutient le régime en place qui lui a permis d’obtenir ce qu’elle possède. C’est elle qui pourra jouer un rôle tampon entre les plus riches et les plus pauvres».
Disparue dans les tourmentes de la crise financière de 1998, la classe moyenne russe commence doucement à renaître, et fait l’objet de toute l’attention des professionnels du marketing qui comptent sur elle pour relancer la consommation. Son émergence en 1997 faisait la fierté de Boris Eltsine. Employés de banque ou entrepreneurs, ils commençaient à bâtir des projets sur l’avenir. Mais ces adeptes de la carte de crédit et du téléphone portable ont été les premières victimes de la débâcle financière. Deux ans plus tard, on reparle de la classe moyenne, grâce au redressement des revenus et à la stabilisation du marché de l’emploi. «Les dépenses de loisirs dépassent leur niveau d’avant crise», selon une enquête de l’institut de sondages Komkon, publiée dans le quotidien Vedomosti. Les cinémas et les...