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Actualités - Communiques Et Declarations

Peu d’espoirs de changement au P-O

À l’approche de l’élection présidentielle aux États-Unis le 7 novembre, les pays arabo-musulmans du Proche-Orient ont peu d’espoir de voir l’issue du scrutin modifier la politique américaine dans la région, qu’ils jugent pro-israélienne. Les affrontements israélo-palestiniens qui ont fait plus de 160 morts, en quasi-totalité des Arabes, depuis le 28 septembre, ont encore renforcé la méfiance à l’égard du rôle de parrain de Washington dans le processus de paix. Même les alliés traditionnels des États-Unis, l’Arabie séoudite, l’Égypte et la Jordanie, ont critiqué les positions des deux candidats, le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush, accusés de courtiser les électeurs juifs américains. «Malgré la colère arabe et internationale face au massacre des Palestiniens par les troupes israéliennes, les deux candidats continuent à se disputer par tous les moyens le “vote juif” et assurer leur soutien à Israël dans leurs discours», a estimé le rédacteur en chef d’al-Ahram (gouvernemental), le plus grand quotidien égyptien Ibrahim Nafie, dans un récent éditorial. Les deux principaux quotidiens jordaniens poursuivent sur le même registre, accusant les candidats américains de parti pris pour Israël. Les Américains auront à choisir entre Gore «qui s’est lancé dans la bataille présidentielle avec un soutien “israélien” total» et Bush, «qui va essayer de gagner le soutien du groupe de pression juif», relevait récemment un commentateur politique dans le quotidien al-Raï. «Le lobby juif (...) a fait du Congrès américain son terrain de jeux», estime pour sa part al-Doustour, en référence à la résolution votée le 26 octobre par la Chambre des représentants américains, imputant aux Palestiniens la responsabilité des violences. L’Arabie séoudite a durci le ton envers les États-Unis, accusés de «partialité». La presse séoudienne, qui reflète les positions officielles, se fait chaque jour l’écho des reproches adressés par le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz. «Les États-Unis, parrains du processus de paix, assument une responsabilité particulière dans l’effondrement du processus de paix (...), le parrain étant supposé demander des comptes au responsable d’un tel effondrement», a déclaré le prince Abdallah à l’ouverture du sommet arabe du Caire le 21 octobre. Dans le Golfe, les autres monarchies pétrolières ont jusqu’ici été indifférentes à l’élection présidentielle, rarement commentée par la presse qui, en revanche, consacre une large place au soulèvement palestinien. Même froideur en Irak : «C’est une affaire que nous ne commentons pas, et nous ne plaçons d’espoir dans aucun des candidats», a déclaré récemment le vice-Premier ministre Tarek Aziz. Pour la Syrie, Al Gore et George W. Bush, c’est du pareil au même. «Les candidats à la présidence américaine rivalisent pour obtenir la bénédiction d’Israël. Toute la classe dirigeante américaine, au pouvoir ou dans l’opposition, est au service d’Israël, pour le soutenir, couvrir ses crimes et financer ses guerres», affirmait il y a quelques jours le journal du parti au pouvoir al-Baas. Les dirigeants syriens répètent qu’«il n’existe pas de politique américaine au Proche-Orient, mais une politique israélienne exécutée par les États-Unis», selon le quotidien. L’Iran, pays musulman non arabe, qui dispose néanmoins d’une certaine influence dans la région, reste habituellement de marbre face à l’élection présidentielle américaine. Pour Téhéran, «il n’y a pas de différence de fond» entre les deux partis politiques aux États-Unis. La presse iranienne estime néanmoins que l’équipe démocrate formée par Al Gore et son colistier juif Joseph Lieberman sera hostile à l’Iran «par définition».
À l’approche de l’élection présidentielle aux États-Unis le 7 novembre, les pays arabo-musulmans du Proche-Orient ont peu d’espoir de voir l’issue du scrutin modifier la politique américaine dans la région, qu’ils jugent pro-israélienne. Les affrontements israélo-palestiniens qui ont fait plus de 160 morts, en quasi-totalité des Arabes, depuis le 28 septembre, ont encore renforcé la méfiance à l’égard du rôle de parrain de Washington dans le processus de paix. Même les alliés traditionnels des États-Unis, l’Arabie séoudite, l’Égypte et la Jordanie, ont critiqué les positions des deux candidats, le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush, accusés de courtiser les électeurs juifs américains. «Malgré la colère arabe et internationale face au massacre des Palestiniens par les troupes...