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Actualités - Chronologie

En Allemagne, la résignation l’emporte sur l’hostilité

Le standard téléphonique de la télévision régionale allemande WDR avait rarement connu pareille mobilisation de téléspectateurs, plus de 34 000 ayant participé la semaine dernière à un sondage improvisé leur demandant s’ils voulaient «encore de l’euro» : le verdict a été sans appel avec 93 % de non. Au-delà des réactions épidermiques, les enquêtes d’opinion réellement représentatives dépeignent cependant une réalité différente. Traditionnelle, la méfiance des Allemands vis-à-vis de l’euro a certes légèrement progressé ces derniers mois devant les records de faiblesse de la monnaie unique. Mais ce pays, célèbre pour le culte qu’il a longtemps voué au «mark fort», ne connaît pas de débat d’ampleur nationale qui remette en cause «l’euro faible». «La grande majorité des Allemands n’a pas encore réalisé que le pays a perdu dans les faits sa souveraineté monétaire», explique Michael Bolle, professeur de sciences politiques à l’Université libre de Berlin. Selon un sondage publié fin septembre, 55 % des personnes interrogées se déclarent opposées à la monnaie unique, contre 41 % favorables. En avril-mai derniers, les partisans de la jeune monnaie étaient 50 % et ses contempteurs 39 %. «Beaucoup d’Allemands ont un peu de réticence à abandonner le deutschemark qu’ils associent à la reconstruction d’après-guerre et au “miracle économique”, mais ils vont avaler le passage à l’euro, comme ils ont déjà avalé sans broncher des couleuvres bien pires par le passé», assure M. Bolle. Pour les élites intellectuelles et politiques, «le débat pour ou contre l’euro n’est plus d’actualité» depuis l’entrée en fonctions de la Banque centrale européenne (BCE), estime le politologue. «L’époque où la Bundesbank dictait sa politique monétaire au reste de l’Europe est terminée et ses nostalgiques se sont résignés», dit-il. Certes, ici et là, certaines voix isolées s’élèvent encore sans retenue contre la devise unique. Ainsi, un économiste de l’Université de Francfort, Wilhelm Hankel, a annoncé qu’il allait déposer une plainte contre l’euro, en se référant à un arrêt de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe qui avait, selon lui, «clairement décidé» en 1993 que la monnaie devait être «stable». Ces voix discordantes sont d’autant plus isolées que la faiblesse de l’euro n’a pas que des effets négatifs pour l’économie allemande. Début septembre, le chancelier Gerhard Schröder avait mis les pieds dans le plat en déclarant qu’il y avait «plus de raisons de se réjouir (du cours de l’euro) que de se faire du souci» à son sujet, en raison de ses effets bénéfiques sur les exportations, fer de lance de la croissance allemande. Une sortie qui avait envoyé la devise au tapis. Selon la Fédération du commerce extérieur (BGA), l’an 2000 aura effectivement été une «année de records» pour les exportations allemandes, qui devraient encore progresser de 10 % en 2001. Toutefois, tempère le président de la BGA, Michael Fuchs, la faiblesse de l’euro «est comme un dopage avec de sérieux effets secondaires», sur l’inflation ou sur la compétitivité des entreprises, qui courent le risque de trop se reposer sur leurs lauriers et de ne pas assez améliorer leur productivité. Depuis sa «gaffe», Gerhard Schröder a rectifié le tir. Lui et son ministre des Finances, Hans Eichel, ne cessent désormais de répéter que l’euro a un «fort potentiel d’appréciation».
Le standard téléphonique de la télévision régionale allemande WDR avait rarement connu pareille mobilisation de téléspectateurs, plus de 34 000 ayant participé la semaine dernière à un sondage improvisé leur demandant s’ils voulaient «encore de l’euro» : le verdict a été sans appel avec 93 % de non. Au-delà des réactions épidermiques, les enquêtes d’opinion réellement représentatives dépeignent cependant une réalité différente. Traditionnelle, la méfiance des Allemands vis-à-vis de l’euro a certes légèrement progressé ces derniers mois devant les records de faiblesse de la monnaie unique. Mais ce pays, célèbre pour le culte qu’il a longtemps voué au «mark fort», ne connaît pas de débat d’ampleur nationale qui remette en cause «l’euro faible». «La grande majorité des Allemands n’a...