Le sort de la propriété familiale où Antoine de Saint-Exupéry a passé son enfance, à Saint-Maurice-de-Rémens (Ain, France), fait l’objet d’une polémique avec à la clé deux projets de musée concurrents, en cette fin d’année célébrant le centenaire de la naissance de l’écrivain-aviateur. Vendu en 1932 à la ville de Lyon par la mère de «Saint-Ex», le château a accueilli pendant des années les colonies de vacances de la Caisse des écoles de la ville. Mais sa nécessaire mise aux normes de sécurité et d’hygiène, jugée trop coûteuse, a conduit en 1997 la municipalité lyonnaise à revendre cette propriété à une association de l’Ain, l’Alatfa. C’est là que les choses se compliquent, car la mairie de Saint-Maurice-de-Rémens, soutenue par les héritiers de Saint-Exupéry (la famille d’Agay) et l’association Espace Saint-Exupéry, avait souhaité se porter acquéreur du château pour y installer un musée consacré à l’écrivain. «On nous a mis devant le fait accompli, alors qu’il est d’usage qu’une collectivité donne priorité à une autre dans ce genre d’affaire», s’indigne Franck Béjat, le président d’Espace Saint-Exupéry, qui a largement pris part à l’organisation des festivités du centenaire et regrette que ses demandes d’audiences auprès du maire Raymond Barre «n’aient jamais eu de réponse». «Je considère que j’ai été particulièrement maltraité dans cette affaire», renchérit le maire de Saint-Maurice-de-Rémens, Claude Buet. L’association Espace Saint-Exupéry n’en reste pas là et saisit le tribunal administratif, qui lui donne raison et annule en juin la procédure autorisant le déclassement et la vente du château. Motif : une adjointe au maire de Lyon, qui a pris part au vote, est également membre du conseil d’administration de l’association acheteuse, l’Alatfa, (association de logement et d’accueil des travailleurs et familles de l’Ain). Travaux gelés La victoire sera de courte durée pour la commune de Saint-Maurice-de-Rémens : la ville de Lyon fait en effet valoir le fait que l’annulation de la délibération ne signifie pas l’annulation de la vente elle-même. Mardi soir, le conseil municipal de Lyon a donc procédé à une nouvelle délibération, qui a confirmé la vente du château à l’Alatfa. Retour à la case départ pour les héritiers, qui ne désarment pas. «Nous allons attaquer pour faire annuler cette vente», a annoncé Frédéric d’Agay, neveu d’Antoine de Saint-Exupéry et représentant des ayants droit, déterminé à saisir une nouvelle fois le tribunal administratif et le tribunal de grande instance. Quant à l’Alatfa, qui a le soutien d’une autre association, le Centre Saint-Exupéry, elle souhaite elle aussi affecter le château à «un musée vivant avec salles d’exposition, reconstitutions historiques, films, animations, ateliers pédagogiques», etc. Un musée qui «évoquera Saint-Exupéry», mais «sera consacré à la littérature française», explique un de ses responsables, Jean-Michel Baptista.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le sort de la propriété familiale où Antoine de Saint-Exupéry a passé son enfance, à Saint-Maurice-de-Rémens (Ain, France), fait l’objet d’une polémique avec à la clé deux projets de musée concurrents, en cette fin d’année célébrant le centenaire de la naissance de l’écrivain-aviateur. Vendu en 1932 à la ville de Lyon par la mère de «Saint-Ex», le château a accueilli pendant des années les colonies de vacances de la Caisse des écoles de la ville. Mais sa nécessaire mise aux normes de sécurité et d’hygiène, jugée trop coûteuse, a conduit en 1997 la municipalité lyonnaise à revendre cette propriété à une association de l’Ain, l’Alatfa. C’est là que les choses se compliquent, car la mairie de Saint-Maurice-de-Rémens, soutenue par les héritiers de Saint-Exupéry (la famille d’Agay) et...