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Actualités - Chronologie

CYCLISME - Affaire Festina Virenque relaxé, les instances épinglées

Richard Virenque a été relaxé hier par le tribunal correctionnel de Lille dans l’affaire Festina, mais le cycliste reste sous la menace d’une sanction sportive. Le 29 décembre, la Fédération suisse de cyclisme, auprès de laquelle le cycliste varois est licencié, devrait en effet lui infliger une suspension allant de six mois à un an, ce qui le privera du Tour de France 2001, son épreuve favorite. Le règlement de l’Union cycliste internationale (UCI) prévoit qu’une mise à l’écart du peloton ne peut être purgée durant la trêve, ce qui en décale l’application au 1er février. À 31 ans, sans équipe pour 2001 – il est arrivé au terme de son contrat avec Polti – le quintuple meilleur grimpeur du Tour de France voit son avenir compromis. Me Éric Hemmerdinger, son avocat, souhaite que «le cas Virenque» serve de leçon aux instances sportives et les décident à «prendre le taureau par les cornes» en éradiquant le dopage. Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Lille a déploré l’inertie des organes dirigeants dans la lutte «contre le fléau du dopage». Les juges ont débouté en conséquence l’UCI, la Fédération française de cyclisme (FFC) et la Société du Tour de France, qui s’étaient constituées partie civile et réclamaient un franc de dommages-intérêts à chacun des prévenus. Dans ses motivations, le tribunal a souligné que «les faits eussent mérité des peines d’emprisonnement fermes mais a pris en considération le contexte, à savoir la généralisation du phénomène et les carences persistantes dans la lutte antidopage». Désignant l’UCI, le tribunal relève que «les organes dirigeants et particulièrement son président Hein Verbruggen avaient acquis, dès 1993, une connaissance étendue de la diffusion très rapide dans le cyclisme professionnel du recours aux nouveaux produits dopants (EPO), en sus de ceux utilisés depuis de nombreuses années». L’UCI savait Les juges déplorent que les dirigeants de l’UCI soient «restés pendant plusieurs années dans une quasi-inaction prolongée avant, à partir de la fin de 1996, de se préoccuper surtout d’éviter le seul excès de l’EPO». «Ils n’ont nullement envisagé, ce qu’ils auraient pu faire, d’arrêter les compétitions dans un sport si fortement gangrené par le dopage et d’éviter ainsi que ne se produise l’atteinte à la réputation et à l’image dont ils se plaignent», ajoutent-ils. Et si la Fédération française de cyclisme s’est démarquée de l’UCI à partir de 1997, il est «certain en revanche que, dès 1993, elle a partagé avec l’UCI la passivité manifestée face au fléau». «C’est un camouflet pour les instances», a commenté Me Jean-Louis Bessis, le défenseur de Willy Voet. L’ancien soigneur de Festina a été condamné à dix mois de prison avec sursis et 30 000 FF d’amende. Il a estimé qu’«il s’en sortait bien» et a confié qu’il aspirait désormais à «retrouver une vie normale» dans les Hautes-Alpes. Bruno Roussel, l’ancien directeur sportif de Festina, a été condamné à un an de prison avec sursis et 50 000 francs d’amende. Il avait été le premier à reconnaître que les coureurs de la formation andorrane prenaient des substances illicites sous surveillance médicale «pour éviter le développement d’un approvisionnement personnel et sauvage». Son avocat, Me Thibaut de Montbrial, a qualifié le jugement d’«éclairé dans sa mansuétude à l’égard des hommes mais surtout dans sa sévérité à l’égard des instances dont la responsabilité est établie en des termes très sévères». Trois autres prévenus ont écopé de peines de prison allant de cinq à neuf mois avec sursis. Des amendes de 10 000 à 30 000 francs ont été prononcées contre trois autres personnes. Si Virenque n’a pas commenté la décision de justice, Me Eric Hemmerdinger a dit «attendre maintenant la suite des événements avec angoisse et impatience». «Les instances doivent prendre une décision, j’espère qu’elle sera aussi perméable que le tribunal au problème du dopage, c’est-à-dire qu’il faut essayer de l’éradiquer plutôt que de sanctionner ceux qui lèvent le doigt en disant : “J’avoue m’être dopé”». «Ce n’est pas la bonne formule, il faut arrêter. Le fait que les instances aient été déboutées, c’est un message fort. Le tribunal leur dit : “Ne venez pas me dire aujourd’hui que vous ignorez quelque chose que vous connaissiez alors que vous n’avez rien fait”», a-t-il ajouté. Et de proposer : «L’UCI pourrait dire que tous les coureurs étaient dopés, “on le savait, on le sentait et on n’a pas fait ce qu’il fallait faire” car c’était difficile. Il faut rendre la parole aux coureurs».
Richard Virenque a été relaxé hier par le tribunal correctionnel de Lille dans l’affaire Festina, mais le cycliste reste sous la menace d’une sanction sportive. Le 29 décembre, la Fédération suisse de cyclisme, auprès de laquelle le cycliste varois est licencié, devrait en effet lui infliger une suspension allant de six mois à un an, ce qui le privera du Tour de France 2001, son épreuve favorite. Le règlement de l’Union cycliste internationale (UCI) prévoit qu’une mise à l’écart du peloton ne peut être purgée durant la trêve, ce qui en décale l’application au 1er février. À 31 ans, sans équipe pour 2001 – il est arrivé au terme de son contrat avec Polti – le quintuple meilleur grimpeur du Tour de France voit son avenir compromis. Me Éric Hemmerdinger, son avocat, souhaite que «le cas Virenque»...