L’énergie est au premier plan des préoccupations du président élu américain George W. Bush qui veut développer l’exploitation des ressources nationales après le réveil brutal provoqué par la hausse des prix mondiaux du gaz naturel et du pétrole. À la fois avec Alan Greenspan, le président de la Banque centrale américaine, mais aussi avec Jacques Chirac, le chef de l’État français, le vainqueur républicain de l’élection présidentielle a mis les questions énergétiques à l’ordre du jour de ses priorités. Après plusieurs années de pétrole et de gaz à bas prix, les États-Unis se sont réveillés brutalement cette année avec la hausse des prix mondiaux qui a fait repartir l’inflation et augmenté la facture des entreprises et des ménages. Le pays produit 75 % de l’ensemble de ses besoins énergétiques et environ 50 % du pétrole est importé des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais, outre l’incertitude sur les prix, la question qui se pose est la quantité d’énergie dont a besoin la première économie mondiale. «Quand il n’y a pas assez d’offre et que la demande augmente, les prix montent et c’est ce qui se passe dans le secteur de l’énergie», a déclaré le président élu en présentant son nouveau secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, mercredi. «Je suis convaincu que nous devons faire en sorte d’augmenter la quantité d’énergie mise à la disposition des consommateurs américains, à la fois de pétrole, de gaz naturel, de charbon et d’usines génératrices», a-t-il ajouté. Même si les prix du pétrole commencent à redescendre des sommets atteints en septembre, la facture, alourdie par un hiver précoce, reste lourde. Le département de l’énergie américain prévoit que jusqu’en 2020, les prix du pétrole devraient rester au-dessus de leur niveau de 1998. Pour augmenter la production d’énergie nationale, George W. Bush n’a pas fait mystère de sa volonté d’ouvrir à l’exploration pétrolière et gazière des zones naturelles actuellement protégées en Alaska. Mais cette idée rencontre une forte opposition des écologistes et de son rival démocrate lors de l’élection, Al Gore. Gouverneur du Texas jusqu’à jeudi, George W. Bush connaît bien le secteur de l’énergie, notamment le pétrole. Son père, qui a également été président des États-Unis, a fait fortune dans l’or noir et lui-même a tenté d’y faire carrière. L’exemple de la Californie est également inquiétant. Le premier État du pays connaît actuellement une pénurie d’énergie en raison d’une libéralisation ratée de son marché. Les autorités fédérales ont été obligées d’ordonner aux producteurs d’énergie d’autres États de lui vendre leurs excédents de production. Mais les producteurs d’énergie californiens n’ont même plus assez d’argent pour l’acheter et sont aujourd’hui menacés de faillite, selon l’agence d’analyste financière Standard and Poor’s. L’exemple donné par cet État porte un tort considérable à la libéralisation du secteur, présentée il y a quelques mois comme la panacée pour augmenter la production des États-Unis. Avec Jacques Chirac, George W. Bush s’est montré particulièrement intéressé par la voie du nucléaire suivie par la France. Les États-Unis n’ont plus construit de centrales nucléaires depuis vingt ans et le parc actuel est vieillissant. Les producteurs privés d’énergie, qui s’étaient détournés du secteur, y reviennent maintenant et achètent les réacteurs dont ils veulent prolonger la durée de vie initialement prévue d’exploitation.
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