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Actualités - Chronologie

Festin de fêtes, festin traditionnel

En cette période de l’année, les familles se voient réunies pour la célébration de deux grandes fêtes, Noël et Nouvel An. Nous voilà alors perdus devant les vitrines scintillantes, partagés entre notre soif d’achat et notre plaisir d’offrir. Les cadeaux, le sapin, le gui, le père Noël, le traîneau… tous symboles inséparables des fêtes. Mais le roi de la cérémonie reste le festin. En effet, l’alimentation prend une dimension symbolique très importante, pour devenir ainsi la condition indispensable des réunions festives. Au Liban et partout dans le monde, les fêtes sont inséparables de la bonne chère. On ne se réunit presque jamais pour discuter, la veille de Noël, mais pour manger, et manger bon. Cette importance accordée à la nourriture est due à des facteurs psychologiques et sociaux. N’importe quel repas n’est pas digne de réunir la famille : ce mélange de traditions nous vient essentiellement d’Europe. Festin ou besoin ? Manger et boire. Ce sont les deux premières activités qu’apprend l’homme au début de son existence. C’est une forme de communication qu’il développe avec sa mère, particulièrement, et avec la société, généralement. Et tout le long de la vie, la nourriture porte ce symbolisme de la première communication et la nostalgie du retour au primitif. En effet, nous revenons à ce primitif à plusieurs reprises : avec la tristesse, l’appétit diminue ; sous état de stress, la boulimie se déclenche ; dans les moments de désespoir, l’alcool est la solution fictive… Dans tous les moments intenses de notre existence, nous retournons immédiatement à ce premier comportement que nous avons acquis. Durant la période des fêtes, les émotions émergent, débordent. Nous oscillons entre l’excès de joie et de peine. L’ampleur et l’importance que prend alors la réunion pour le repas, devient compréhensible. Les retrouvailles familiales déclenchent un flot de sentiments qui sont contenus dans la nourriture ; en d’autres termes, le réveillon cadre les émotions afin qu’elles ne nous envahissent pas. L’hospitalité, une vertu sociale Les Libanais se distinguent par leur accueil chaleureux. Tout invité est traité comme un roi. En effet, l’accueil est plus qu’une habitude : c’est une vertu sociale. La générosité se reflète aussi dans les cadeaux : nous n’arrivons jamais à un dîner les «mains vides». Joy Majdalani, directeur général de Commercial & Trading Resources, souligne : «Les Libanais ont tendance à offrir toujours le meilleur. Cela fait partie de leurs habitudes, mais aussi du souci d’être bien évalué et bien vu». De plus, les Libanais ont un certain snobisme qui les pousse parfois à offrir plus qu’ils ne peuvent. Le repas de Noël est défini comme un assemblage de traditions qui ont longtemps traîné dans l’histoire. Avant l’apparition du charbon, du gaz et de l’électricité comme moyen de chauffage, le seul combustible que l’on connaissait était le bois. Pour veiller toute la nuit, les gens choisissaient la plus grande bûche ; ainsi, ils étaient éclairés et réchauffés toute la nuit. Plus tard, quand ce moyen de chauffage fut remplacé par d’autres, la bûche resta jusqu’à nos jours même, symbole de la nuit de Noël. D’autre part, la bûche qui dispense la chaleur est symbole de l’enfant Jésus, Dieu de la lumière. De plus, elle va être ce qui va éclairer les parties obscures de notre conscience, nous aidant ainsi à mieux regarder nous-mêmes. La tradition veut aussi que le feu qu’on allume durant la nuit de Noël nous protège toute l’année contre les catastrophes et les incendies. De nos jours, allumer du feu la nuit de Noël a été remplacé par un gâteau qui a la forme de la bûche de bois et qui est devenu le dessert traditionnel et officiel de cette fête. Au Liban, les traditions européennes ont été très bien intégrées dans notre patrimoine culturel. Wajih Karam, directeur général de Larissa, ajoute : «Plusieurs facteurs ont favorisé l’incorporation de symboles étrangers : la télévision, l’Internet et tous les autres moyens de médiatisation. On finit alors par s’identifier à ce qu’on voit». Une identification au monde européen et américain est claire d’ailleurs dans tous les secteurs de notre vie. En effet, les symboles de notre réveillon de Noël nous sont en majorité importés. Entre tradition et nouveauté Au Liban, on retrouve alors de nouvelles modes de fête, comme la bûche et les truffes. Mais nous retrouvons toujours, dans les villages surtout, les traditions qui diffèrent de celles qui nous arrivent d’Europe. Nous servons toujours des amandes et des fruits confits, ainsi que des desserts libanais le jour de Noël. Nous pouvons alors dire que la nouveauté nous atteint, mais ne nous envahit pas. D’autre part, nous ne pouvons pas ignorer la relation des Libanais au café. Ils se trouvent tiraillés entre le café turc et le nouveau café à la mode, l’espresso. Ce dernier a fait des ravages sur le marché en quelques années, et déjà une grande proportion des gens le préfère au café traditionnel, préparé doucement et avec soin. «C’est que la vie actuelle du troisième millénaire se caractérise par la vitesse et l’aspect pratique: deux raisons qui avantagent le café espresso. Mais le café turc aura toujours une place dans la tradition des Libanais, dans leurs réunions matinales ou “sobhié” par exemple», souligne Élias Daniel, directeur général d’Automatic Breuers. L’acceptation de la nouveauté dépend aussi de l’âge du consommateur ; il a été remarqué partout dans le monde que les jeunes ont tendance à adopter rapidement ce qui est nouveau, tandis que les plus âgés se cramponnent plus à leurs habitudes et leurs traditions. Quel que soit le cas, le café est plus qu’une boisson, c’est un moment privilégié de la journée de chacun de nous. Noël est une période chargée de sentiments, d’émotions et de retour à la famille. Tous se regroupent autour d’un bouquet de symboles et de traditions. Mais Noël est aussi une période de vacances qui vient transpercer la routine du rythme quotidien, des mêmes journées de travail ou d’études. Alors la seule condition indispensable pour les fêtes, c’est la joie et l’amusement.
En cette période de l’année, les familles se voient réunies pour la célébration de deux grandes fêtes, Noël et Nouvel An. Nous voilà alors perdus devant les vitrines scintillantes, partagés entre notre soif d’achat et notre plaisir d’offrir. Les cadeaux, le sapin, le gui, le père Noël, le traîneau… tous symboles inséparables des fêtes. Mais le roi de la cérémonie reste le festin. En effet, l’alimentation prend une dimension symbolique très importante, pour devenir ainsi la condition indispensable des réunions festives. Au Liban et partout dans le monde, les fêtes sont inséparables de la bonne chère. On ne se réunit presque jamais pour discuter, la veille de Noël, mais pour manger, et manger bon. Cette importance accordée à la nourriture est due à des facteurs psychologiques et sociaux. N’importe...