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Actualités - Chronologie

UKRAINE Tchernobyl : des péripéties jusqu’à la fin

La centrale de Tchernobyl, théâtre du plus grave accident nucléaire de tous les temps, fermera ses portes aujourd’hui après une course folle faite d’ordres, de contre-ordres et de controverses. Les autorités ukrainiennes avaient fait redémarrer tôt jeudi le seul réacteur encore opérationnel de l’installation nucléaire, en réparation depuis début décembre pour colmater une fuite d’eau radioactive. De nouveau stoppé en fin de matinée, le troisième bloc devait être relancé symboliquement dans la soirée, moins de 24 heures avant sa fermeture définitive, ont indiqué les autorités nucléaires. Le réacteur numéro 3 ne tournera alors qu’à 1 % de sa capacité maximale et ne produira pas d’électricité, a souligné l’ingénieur de permanence à la centrale, Olexandre Ieltchichev. Le président ukrainien Léonid Koutchma s’est rendu hier à Tchernobyl, accompagné du Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, pour assister à cette lente agonie du monstre nucléaire, dont l’explosion du quatrième réacteur en avril 1986, à l’époque de l’URSS, avait contaminé les trois quarts de l’Europe. Les deux dirigeants politiques ont été accueillis par des ingénieurs portant des brassards et des foulards noirs en signe de deuil. La plupart des employés de la centrale sont contre l’arrêt de Tchernobyl, qui risque de les réduire au chômage. Les députés ukrainiens, en signe de soutien, ont voté jeudi une résolution, non contraignante, appelant à retarder la fermeture de la centrale. «Je vous promets qu’aucun employé de la centrale ne restera sans travail. J’en réponds personnellement», a déclaré M. Koutchma après avoir déposé une gerbe au pied d’un monument à la mémoire des victimes de la catastrophe de 1986. Le président ukrainien a fait préparer avec soin la mise à mort du monstre nucléaire vendredi pour en faire un événement médiatique. À cette occasion, plus de 2 000 responsables ukrainiens et occidentaux ainsi que près de 400 journalistes se réuniront dans une salle de spectacle de Kiev. Le secrétaire américain à l’Énergie Bill Richardson et d’autres responsables des pays du G7 figurent parmi les invités. M. Koutchma montera sur scène pour donner l’ordre – retransmis en direct vers Tchernobyl par les télévisions – de stopper la centrale «entre 13h16 et 13h18» heures locales (11h16 et 11h18 GMT). Kiev n’a accepté de condamner la centrale qu’en échange d’une aide de 2,3 milliards de dollars des sept pays les plus industrialisés (G7). Ces fonds serviront essentiellement à construire en Ukraine deux nouveaux réacteurs visant à remplacer la production de Tchernobyl, à financer des programmes sociaux et à accroître la sécurité dans les quatre autres installations nucléaires du pays. Pourtant, cette victoire n’est que partielle et Tchernobyl restera une menace pendant encore des décennies. Le problème le plus alarmant est le délabrement accéléré de la chape de béton, appelée le sarcophage, qui recouvre les ruines du quatrième réacteur. Cette structure montée à la va-vite en 1986 menacerait de s’écrouler, exposant alors un magma radioactif de 160 tonnes à l’air libre. Son renforcement est une opération délicate qui prendra au moins dix ans. Grâce à des dons internationaux, les 760 millions de dollars nécessaires ont été presque entièrement réunis et les travaux ont pu commencer. Les experts n’excluent pas non plus la possibilité d’une réaction en chaîne au sein du combustible nucléaire fondu qui couve sous le sarcophage. Ce serait alors l’explosion. Enfin, les déchets, accumulés au fond du quatrième réacteur, pénètrent lentement les sols, menaçant rivières et fleuves environnants qui, en aval, alimentent en eau potable des millions de personnes. L’extraction et le stockage en lieu sûr du magma nucléaire ne sont toujours pas d’actualité. L’opération est jugée trop dangereuse et surtout trop coûteuse. Le deuxième réacteur de Tchernobyl a été arrêté en 1991 à la suite d’un incendie et le premier a été mis hors service en 1996.
La centrale de Tchernobyl, théâtre du plus grave accident nucléaire de tous les temps, fermera ses portes aujourd’hui après une course folle faite d’ordres, de contre-ordres et de controverses. Les autorités ukrainiennes avaient fait redémarrer tôt jeudi le seul réacteur encore opérationnel de l’installation nucléaire, en réparation depuis début décembre pour colmater une fuite d’eau radioactive. De nouveau stoppé en fin de matinée, le troisième bloc devait être relancé symboliquement dans la soirée, moins de 24 heures avant sa fermeture définitive, ont indiqué les autorités nucléaires. Le réacteur numéro 3 ne tournera alors qu’à 1 % de sa capacité maximale et ne produira pas d’électricité, a souligné l’ingénieur de permanence à la centrale, Olexandre Ieltchichev. Le président ukrainien...