Néophyte sur la scène diplomatique et pas vraiment un globe-trotter, George W. Bush, sur le point de devenir le président de la première puissance mondiale, devra travailler dur ses dossiers mais peut compter pour cela sur une équipe de conseillers aguerrie, soulignent les experts. «Le fait qu’il n’ait voyagé à l’étranger que trois fois au cours des 25 dernières années, en dehors du Mexique, est un bon indicateur de son intérêt pour les questions internationales», déplore Thomas Carothers, spécialiste de la politique étrangère américaine à la Fondation Carnegie. «Il a toutefois une équipe de conseillers très professionnels, parmi les meilleurs de “l’establishment” en politique étrangère», souligne-t-il. Ses connaissances approximatives ont fait les délices des humoristes qui l’ont épinglé pour avoir appelé les Grecs des «Gréciens» ou avoir séché, à la télévision, sur les noms de plusieurs dirigeants étrangers. Plusieurs de ses prédécesseurs – Jimmy Carter, Ronald Reagan et même Bill Clinton – avaient eux aussi été élus malgré leur inexpérience en matière internationale, et ont toutefois imprimé leur marque en politique étrangère. Pour l’aider dans ses premiers pas de dirigeant le plus puissant du monde, M. Bush pourra compter sur son colistier Dick Cheney, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous Gerald Ford et secrétaire à la Défense de George Bush père. Donné favori pour succéder à Madeleine Albright à la tête de la diplomatie américaine, l’ancien chef d’état-major Colin Powell, qui dirigea l’intervention contre l’Irak en 1991, est lui aussi un familier des dossiers sensibles. Sa conseillère diplomatique, Condoleezza Rice, ancienne de l’équipe de Bush père, devrait devenir la première femme noire américaine à diriger le Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche. Experte en désarmement, parlant couramment russe, elle pourrait être un acteur-clé de difficiles négociations qui s’annoncent avec Moscou sur le projet de «bouclier» antimissile américain. Après huit ans de règne démocrate sur la Maison-Blanche, M. Bush et son entourage entendent recentrer la politique américaine sur les valeurs républicaines de base : libre-échange sans réserve, interventions extérieures uniquement là où l’intérêt national est en jeu, suprématie technologique absolue en matière de défense. Sur le Proche-Orient, le nouveau président a exprimé son accord avec la politique «d’honnête courtier» entre Palestiniens et Israéliens de son prédécesseur, mais le cap sera difficile à tenir avec la vague de violence qui secoue cette région. Les rapports avec la Russie pourraient s’annoncer difficiles, Moscou ayant toujours exprimé une ferme opposition au projet de bouclier antimissile, que M. Bush s’est clairement engagé à réaliser. Le nouveau président, tenté par un retrait des troupes américaines du Kosovo et de Bosnie, devra aussi clarifier ses choix sur ce dossier qui pourrait tendre les relations avec les autres pays de l’Otan. Les relations avec la Chine, qu’il a qualifiée de «concurrent stratégique» des États-Unis, seront également rapidement au centre de ses préoccupations. L’Amérique latine, quelque peu délaissée par Bill Clinton, devrait bénéficier d’un regain d’intérêt de la part du gouverneur du Texas, État voisin du Mexique, qui a soigné l’électorat latino-américain. L’Afrique, traditionnel parent pauvre de la diplomatie américaine, n’a en revanche rien à gagner au départ du président Clinton, qui avait montré un certain intérêt pour ce continent, fait rare pour un président américain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Néophyte sur la scène diplomatique et pas vraiment un globe-trotter, George W. Bush, sur le point de devenir le président de la première puissance mondiale, devra travailler dur ses dossiers mais peut compter pour cela sur une équipe de conseillers aguerrie, soulignent les experts. «Le fait qu’il n’ait voyagé à l’étranger que trois fois au cours des 25 dernières années, en dehors du Mexique, est un bon indicateur de son intérêt pour les questions internationales», déplore Thomas Carothers, spécialiste de la politique étrangère américaine à la Fondation Carnegie. «Il a toutefois une équipe de conseillers très professionnels, parmi les meilleurs de “l’establishment” en politique étrangère», souligne-t-il. Ses connaissances approximatives ont fait les délices des humoristes qui l’ont épinglé pour...