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Actualités - Conferences Internationales

L’Allemagne sort grand vainqueur du sommet

 L’Allemagne a émergé hier du sommet de Nice comme le grand vainqueur du nouvel équilibre des pouvoirs dans une Union européenne élargie, n’ayant fait de concession qu’en surface : celle de renoncer à peser davantage que la France en Conseil des ministres de l’UE. «L’Allemagne a offert une certaine égalité, la France une certaine fraternité», ironisait dès dimanche la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner. Car l’accord entre Paris et Berlin était déjà scellé. Le chancelier allemand Gerhard Schröder avait accordé au président français Jacques Chirac ce à quoi ce dernier tenait comme à la prunelle de ses yeux, à savoir le maintien de l’actuelle parité de voix en Conseil des ministres européens. En échange, il obtenait gain de cause sur l’essentiel : une prise en compte accrue du poids démographique de son pays, de loin le géant de l’Europe depuis sa réunification, et de ses 82 millions d’habitants. Selon l’accord, la majorité durant les votes en Conseil des ministres devra correspondre à 62 % des citoyens de l’UE élargie, une proportion difficilement atteignable sans les 17 % de l’Allemagne dans une Europe de 27 États membres. Il suffira à Berlin de s’allier à deux des trois autres «grands» pour bloquer une décision. L’Allemagne obtiendra aussi un avantage numérique substantiel au Parlement européen, avec 99 députés sur 728, contre 72 chacun pour la France, l’Italie et Grande-Bretagne. De quoi susciter ce commentaire d’un diplomate : «Le Parlement européen va prendre des allures de Bundestag». En outre, Berlin n’aura pas à se plier contre son gré à la règle de la majorité européenne en matière de droit d’asile et de politique d’immigration, domaines où l’unanimité restera la règle tant que n’aura pas été décidée une juridiction à l’échelle de l’UE. Jusqu’au dernier moment, Gerhard Schröder avait soigneusement caché ses cartes. Urbi et orbi, il a répété des semaines durant qu’il désirait un meilleur reflet de la démographie dans les structures de décision pour une plus grande «légitimité» des institutions européennes, mais il ne s’est jamais prononcé pour un modèle donné. Jacques Chirac, lui, s’était bloqué sur le «décrochage» du nombre de voix en Conseil des ministres avec l’Allemagne. Lundi matin, en conférence de presse finale, il disait de nouveau son attachement au «pacte fondamental entre la France et l’Allemagne» qui avait donné dans la construction européenne de l’après-guerre une «stricte égalité entre les deux peuples». Gerhard Schröder faisait mine d’afficher profil bas. L’Allemagne «a fait en sorte d’éviter le conflit avec la France», a-t-il affirmé. Une querelle aurait «ébranlé la relation franco-allemande d’une façon que nous ne pouvons souhaiter». De fait, l’Allemagne a eu le beau rôle dans le psychodrame de Nice et incarné la «force tranquille», toute de conciliation, qu’elle avait promis d’être «en soutien à la présidence française» du sommet. Elle s’est même permise de se poser en défenseur des pays de l’Est candidats à l’adhésion, intervenant constamment en faveur de la Pologne. Dans de nombreuses délégations, on a remarqué tout au long du sommet que l’Allemagne agissait davantage comme médiateur que la présidence, à qui le rôle est en principe dévolu. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, s’en est défendu dimanche. Avant de concéder dans le même souffle qu’il était «dans l’intérêt de l’Allemagne de parvenir à un résultat positif».
 L’Allemagne a émergé hier du sommet de Nice comme le grand vainqueur du nouvel équilibre des pouvoirs dans une Union européenne élargie, n’ayant fait de concession qu’en surface : celle de renoncer à peser davantage que la France en Conseil des ministres de l’UE. «L’Allemagne a offert une certaine égalité, la France une certaine fraternité», ironisait dès dimanche la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner. Car l’accord entre Paris et Berlin était déjà scellé. Le chancelier allemand Gerhard Schröder avait accordé au président français Jacques Chirac ce à quoi ce dernier tenait comme à la prunelle de ses yeux, à savoir le maintien de l’actuelle parité de voix en Conseil des ministres européens. En échange, il obtenait gain de cause sur l’essentiel : une prise en...