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Actualités - Chronologie

Un test pour la reprise de l’aide à un pays exsangue

La situation économique de la Côte d’Ivoire, locomotive de toute la région, n’a cessé de se dégrader pendant la «transition militaire» de décembre 1999 à octobre 2000, mais Abidjan n’a pu renouer avec les bailleurs de fonds malgré le retour au pouvoir civil. Le régime du président Laurent Gbagbo est officiellement sous surveillance jusqu’aux législatives du 10 décembre, qui doivent servir de test pour une reprise éventuelle de l’aide. Mais l’exclusion de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara des élections législatives, suivie des violences politiques qui ont fait des dizaines de morts, a rendu cette perspective plus lointaine. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) avaient suspendu leur programme d’ajustement depuis fin 1998, pour cause de «mauvaise gouvernance» du président Henri Konan Bédié, renversé le 24 décembre 1999 par un coup d’État militaire. L’Union européenne en avait fait de même après un scandale de détournement de 27,5 millions d’euros, dans lequel plusieurs ministres avaient été mis en cause. Après dix mois de régime militaire, la situation a encore empiré. Malgré les efforts fournis pour ne pas faillir à ses engagements internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas parvenue à honorer les échéances de la plupart de ses dettes. Elle a ainsi accumulé de nouveaux arriérés à l’égard de l’Agence française de développement (AFD), de la BM et de la Banque africaine de développement. L’AFD a suspendu ses décaissements depuis la mi-septembre pour défaut de paiement et la BM en a fait de même, Abidjan n’ayant pu payer au 30 octobre quelque 40 millions de dollars d’arriérés. Le ministre socialiste de l’Économie et des Finances, Mamadou Koulibaly, déjà à ce poste pendant la transition militaire, indiquait fin novembre que les arriérés de la dette avaient «dépassé toutes proportions imaginables pour atteindre 1 000 milliards de F CFA» (10 milliards de FF, 1,5 milliard d’euros). Qualifiant le pays «d’économiquement exsangue», il prévoyait une croissance négative d’un ou deux points pour l’année 2000 et une inflation de 2 à 3%. Paris s’était engagé à fournir à Abidjan les moyens de réamorcer la pompe, notamment en remboursant l’AFD, mais la France hésitera peut-être à se lancer seule si ses partenaires – européens notamment – traînent des pieds. Sous le régime militaire, l’État a dû renoncer aux investissements prévus, par manque de fonds, extérieurs et propres, aggravant ainsi le ralentissement de l’activité. Les investissements privés, nationaux et internationaux, sont également quasiment tous suspendus. Cette méfiance, perceptible dès après le putsch, s’est accrue au fur et à mesure des mutineries et incidents violents qui ont émaillé la transition. La crise a été amplifiée par la chute des cours du cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. La hausse de la production, qui a atteint selon le ministère de l’Agriculture le record de 1,4 million de tonnes, n’a pas compensé cette baisse des cours qui s’est traduite par des recettes fiscales en dessous des attentes et une chute des revenus des paysans.
La situation économique de la Côte d’Ivoire, locomotive de toute la région, n’a cessé de se dégrader pendant la «transition militaire» de décembre 1999 à octobre 2000, mais Abidjan n’a pu renouer avec les bailleurs de fonds malgré le retour au pouvoir civil. Le régime du président Laurent Gbagbo est officiellement sous surveillance jusqu’aux législatives du 10 décembre, qui doivent servir de test pour une reprise éventuelle de l’aide. Mais l’exclusion de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara des élections législatives, suivie des violences politiques qui ont fait des dizaines de morts, a rendu cette perspective plus lointaine. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) avaient suspendu leur programme d’ajustement depuis fin 1998, pour cause de «mauvaise gouvernance» du...