Malgré quelques signes légitimes de fatigue, Yves Parlier sur Aquitaine Innovations reste le plus rapide de tous les skippers du Vendée Globe. Jeudi à l’aube, le leader de ce tour du monde en solitaire sans escale ni assistance était pointé à une vitesse moyenne de 18,3 nœuds. «Le vent s’est bien renforcé : 35 nœuds établis avec des rafales à 40 nœuds. Je progresse à une vitesse variant entre 15 et 22 nœuds dans des conditions toutefois pas très confortables et je ne peux pas beaucoup dormir», a raconté le navigateur français. «Je mange mon pain blanc car les conditions annoncées pour les prochains jours ne sont pas très favorables à la bonne marche du bateau, et cela devrait ralentir», a poursuivi Parlier. «Je suis un peu fatigué mais j’ai le moral, car mon bateau marche vraiment bien. Je fais ma propre course, mais cela me fait plaisir lorsque, comme ces dernières 24 heures, je parviens à creuser l’écart. J’ai pris une bonne vingtaine de milles à Michel Desjoyeaux». «Si je peux mettre un bon matelas entre moi et ceux de derrière, je lèverai peut-être le pied. Je ne suis pas à l’abri d’un retour du peloton de derrière. Ce sera à celui qui ne craquera pas. Faut-il ménager le bateau quitte à me faire rattraper ?», s’est demandé Parlier. Michel Desjoyeaux sur PRB et de Roland Jourdain sur Sill Matines La Potagère s’accrochent pour ne pas se laisser trop distancer. Desjoyeaux est à 96 milles du leader et Jourdain à 129 milles. Dépression «Pour un régatier comme Michel Desjoyeaux et moi ce n’est pas évident, car nous avons tendance à être constamment préoccupés par le classement et les positions des adversaires ce qui est psychologiquement fatigant», a expliqué Jourdain. «Heureusement, je commence à guérir et je vais essayer de faire ma propre course. Les conditions devenant plus dures, on s’occupe plus de soi et de son bateau et on relativise», a-t-il souligné. Derrière le trio de tête, les navigateurs ont réussi à échapper à l’anticyclone qui les menaçait et se préparent à négocier tactiquement une dépression qui doit arriver. «Il y aura un coup à jouer afin d’éviter de se retrouver dans des vents trop faibles», a précisé Thierry Dubois sur Solidaires, pointé en sixième position. «Je surveille une petite dépression qui doit nous arriver dessus d’ici aux deux prochains jours. J’essaie de voir où va passer le centre de cette dépression afin de ne pas me faire coincer», a analysé à son tour Thomas Coville sur Sodebo, actuellement quatrième. Josh Hall sur EBP Defi PME Gartmore et Marc Thiercelin sur Active Wear ont choisi de prendre une route plus au Nord que les autres. «Je reste un peu au Nord en prévision de la dépression qui arrive et qui devrait engendrer une bascule du vent au Nord. Une fois que le vent aura tourné, je descendrai à nouveau vers le Sud», a expliqué le Britannique Josh Hall. Catherine Chabaud sur Whirlpool est contrainte pour l’instant de rester au Nord et perd chaque jour un peu plus de terrain. Dixième, elle accuse un retard de 596 milles sur le leader. «Je suis bloquée dans le Nord. Je n’ai jamais eu la possibilité de descendre au Sud. On verra par la suite, mais pour l’instant je n’avance pas aussi vite que le reste de la flotte», s’est inquiétée la navigatrice.
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