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Actualités - Conferences Et Seminaires

Un sommet marathon placé sous de mauvais augures

Les dirigeant européens arrivent aujourd’hui à Nice pour un sommet marathon sur la réforme des institutions européennes, mais les positions affichées par chacun des participants augurent mal d’un succès et préfigurent au mieux un accord a minima, au pire un échec. La négociation engagée depuis un an est une affaire de pouvoir politique. Chaque État joue sa place, son influence et son rôle dans un club appelé à s’ouvrir dans l’immédiat à douze nouveaux membres et encore à d’autres à moyen terme. Le président français Jacques Chirac veut un accord. Pour l’obtenir, il a prévu de prolonger les négociations jusqu’au dimanche midi et il a demandé à ses homologues de «faire le choix de l’intérêt général de l’Europe». À Nice, il va donc être beaucoup question de concessions. Aucun consensus n’a encore été trouvé après 330 heures de négociations sur l’abandon du droit de veto afin de faciliter les prises de décisions, sur la repondération des voix accordées à chaque pays afin de tenir compte de sa population, sur un format restreint de la Commission, pour lui permettre de rester un exécutif, sur la facilitation des coopérations renforcées, mécanisme permettant à un groupe d’États d’aller plus avant dans un projet. À la veille de son ouverture, le sommet semble ainsi se résumer à un vaste marchandage, loin d’une grande vision sur l’avenir du continent. L’enjeu pour les quinze chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne semble surtout d’être en mesure de pouvoir à leur retour assurer qu’ils n’ont renoncé à aucun élément primordial de souveraineté. Le gouvernement britannique a été très clair. «Nous allons défendre nos lignes rouges à Nice et nous rentrerons de Nice avec ces lignes rouges intactes», a affirmé son ministre des Affaires étrangères Robin Cook. Son pays réclame à lui seul le maintien de son droit de veto dans une dizaine de domaines. Même ligne pour le gouvernement danois. Si un accord est trouvé à Nice, il devra être ratifié par référendum et, jusqu’à présent, les Danois ont le plus souvent dit non à l’Europe. Derrière cette réforme si âprement négociée, il y a pourtant l’unification de l’Europe avec l’adhésion de dix pays de l’Est. Si un accord est trouvé, il le sera «à l’arraché», a reconnu le chef de la diplomatie française Hubert Védrine dans un entretien mercredi au Figaro. Présidente en exercice de l’Union européenne pendant cette négociation, la France a éprouvé beaucoup de difficultés à convaincre. L’axe franco-allemand est apparu très fragile, l’Allemagne revendiquant sans complexe la défense de ses intérêts nationaux. Des clivages sont aussi apparus entre «petits» et «grands» États membres et beaucoup d’amertume transparaît dans les critiques développées contre la méthode de travail française. À la France, il est demandé de chercher les compromis. Difficile pour un «grand» pays, écartelé entre ses devoirs et ses intérêts. Paris refuse ainsi d’abandonner son droit de veto sur la politique commerciale de l’Union. Comment dans ce cas concilier une «capacité à aller de l’avant et à entraîner les autres», souhaitée par Hubert Védrine, si l’objectif affiché est en même temps, comme il l’ajoute, de «ne pas compromettre ce qui est vital» pour la France ? Le sommet voit s’affronter en pointillé deux conceptions de l’Europe : celle d’un vaste grand marché, ce qu’elle est actuellement, et le désir de certains d’en faire une vraie puissance politique. Tenue jusqu’à présent à l’écart de la construction européenne, la société civile s’est invitée à Nice et compte bien rappeler par ses manifestations ses priorités et ses inquiétudes aux politiques.
Les dirigeant européens arrivent aujourd’hui à Nice pour un sommet marathon sur la réforme des institutions européennes, mais les positions affichées par chacun des participants augurent mal d’un succès et préfigurent au mieux un accord a minima, au pire un échec. La négociation engagée depuis un an est une affaire de pouvoir politique. Chaque État joue sa place, son influence et son rôle dans un club appelé à s’ouvrir dans l’immédiat à douze nouveaux membres et encore à d’autres à moyen terme. Le président français Jacques Chirac veut un accord. Pour l’obtenir, il a prévu de prolonger les négociations jusqu’au dimanche midi et il a demandé à ses homologues de «faire le choix de l’intérêt général de l’Europe». À Nice, il va donc être beaucoup question de concessions. Aucun consensus n’a...