Le dollar a continué d’évoluer dans une marge très étroite à Beyrouth, tout près du point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL), dans un marché prudemment calme et toujours préoccupé par la situation au Liban-Sud. Dans ce contexte, l’offre du dollar ne parvenait pas à se développer face à une demande limitée aux besoins commerciaux des opérateurs, pendant que la BDL tenait à maintenir sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. En effet, le billet vert, qui a été fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être négocié dans les échanges interbancaires au-dessus de ce niveau, entre 1 513,25 et 1 513,75 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté très mince, ne dépassant pas au total quelque sept millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place. L’euro soutenu par la faiblesse des Bourses américaines À l’étranger, l’euro a repris de la hauteur au-dessus du seuil des 0,88 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, profitant des inquiétudes des investisseurs sur le ralentissement excessif de l’économie américaine, malgré des mouvements de consolidation en début de journée en Europe. L’euro a surtout profité de la stagnation des marchés boursiers américains, après leur forte hausse de la veille qui avait repoussé la monnaie unique sous la barre de 0,88 dollar. Selon les analystes, la perspective d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) dans un contexte de ralentissement de l’économie aux États-Unis est vue d’un mauvais œil par les investisseurs, car elle signifie des rendements moins attractifs en dollars, ce qui peut peser sur le billet vert et favoriser par ricochet les autres principales devises. De plus, les opérateurs jugent que la monnaie unique se porte plutôt bien, tandis que les professionnels suivent avec attention le différentiel de ralentissement de la croissance entre les États-Unis et la zone euro. À cet égard, ils ont été sensibilisés hier par l’annonce d’une hausse de 3,1 % des commandes à l’industrie en Allemagne, la plus grande économie européenne, en octobre par rapport à septembre ainsi que des chiffres du commerce de gros dans ce pays de 12,8 % sur un an pendant la même période. Cela d’autant qu’ils apprenaient que de l’autre côté de l’Atlantique, la progression de la productivité aux États-Unis a été révisée en baisse de 3,8 % à 3,3 % au troisième trimestre contre 6,1 % au deuxième, confirmant le net ralentissement de la croissance économique américaine. Pourtant, de l’avis unanime des analystes, les chances de progression de l’euro contre le billet vert devront dépendre d’ores et déjà de la tonalité des chiffres sur l’emploi américain en novembre attendus demain. Si ces chiffres montrent un affaiblissement plus rapide que prévu du marché de l’emploi aux États-Unis, le dollar risque de souffrir davantage, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dans ce contexte, le dollar n’a pas tardé à renouer avec la baisse surtout après l’ouverture de New York, se négociant finalement sur cette place comme suit : – 0,8912 pour un euro contre 0,8800, la veille – 1,4420 pour un sterling contre 1,4325 – 2,1945 DM contre 2,2230 – 7,3605 FF contre 7,4560 – 1,7010 FS contre 1,7155 – 2 172,65 lires contre 2 200,80 – 110,45 yens contre 111,15. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, l’ensemble de la cote libanaise a continué de battre en retraite sous la conduite des actions A de Solidere qui sont tombées de 6 3/4 à 6 1/4 dollars dans un marché autrement délaissé par les opérateurs. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,68 % à 63,66 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,32 points. Comme tous les jours, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité avec au total quelque 36 551 actions négociées d’une valeur de 90 950 dollars. Wall Street : prises de bénéfices Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient orientés à la baisse hier, sur des prises de bénéfices et des mauvaises nouvelles d’Apple. La séance d’hier avait ouvert sur des dégagements bénéficiaires, après l’envolée de la veille de marchés dopés par un discours du président de la Fed, Alan Greenspan, ouvrant la porte à une baisse des taux d’intérêt américains. La révision à la baisse de la productivité aux États-Unis au troisième trimestre, d’un côté, et l’annonce par le constructeur informatique Apple qu’il allait enregistrer sa première perte depuis trois ans au premier trimestre de l’exercice financier 2001 en raison des ventes très décevantes à l’approche de Noël d’un autre côté, sont venues inverser la tendance aussi bien à Wall Street que sur la Bourse électronique Nasdaq. Les valeurs de la haute technologie ainsi que celles du Dow Jones ont été, en effet, sous pression. Le titre Apple devait dégringoler ainsi que les autres sociétés du secteur dont Compaq, Dell, Hewlett-Packard, IBM, Intel et Microsoft. Cela étant, l’indice composite Nasdaq s’est orienté vers le seuil des 2 800 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la baisse entre un plus haut à 10 896,14 points et un plus bas à 10 671,96 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 680,08 points, en baisse de 218,64 points sur la veille. Les pétrolières ont mal vécu ce recul. TotalFinalElf a perdu près de 6 %, BP Amoco 4 % et Shell 5,4 %. UBS Warburg a déclassé TotalFinalElf, Shell and Royal Dutch, passant d’«acheter» à «conserver». En revanche, Dresdner Kleinwort Benson est passée de «neutre» à «surpondérer» sur les valeurs pétrolières européennes. Les valeurs défensives, comme les pharmaceutiques, ont souffert de la ruée de la veille sur le Nasdaq et de l’avis de méfiance à leur encontre lancé par Goldman Sachs et Deutsche Bank. Glaxo Wellcome a perdu 4,7 % et Novartis 4,3 %. Tokyo : hausse d’espoir La Bourse de Tokyo s’est redressée mercredi, après la progression sans précédent de plus de 10 % du Nasdaq la veille. Les espoirs d’une réduction des taux d’intérêt américains incitent les investisseurs à rechercher des valeurs de haute technologie telles que Sony et NEC. Les gains ont toutefois été limités par la crainte que la hausse du Nasdaq ne soit exagérée, surtout après l’avertissement sur son chiffre d’affaires lancé après la clôture du marché américain par Apple Computer. En outre, les liquidations de participations croisées par les sociétés ont freiné la marche en avant des banques et des valeurs de l’«ancienne économie». L’indice Nikkei 225 a gagné 194,32 points, soit 1,32 %, à 14 889,37, après avoir inscrit en séance un plus haut depuis quatre semaines de 15 109,64, et le Topix 14,39 points, soit 1,05 %, à 1 381,05. Sony s’est adjugée 4,10 % à 8 800 yens et NEC 5,30 % à 2 390. Le fabricant de matériel électronique Mitsubishi Electric s’est octroyé 6,70 % à 722 yens et celui d’instruments de test des semi-conducteurs Advantest 4,20 % à 13 510. Softbank, qui a massivement investi dans plusieurs valeurs du Nasdaq, a gagné 3,50 % à 6 000 yens. L’opérateur des télécommunications mobiles NTT DoCoMo, le titre le plus négocié, a progressé de 4,20 % à 2,98 millions de yens. «C’est toujours pareil. Comme le Nikkei dépasse rarement les 15 000 points, une hausse au-dessus de ce niveau est une bonne occasion pour liquider les participations croisées», a commenté Yuji Nakamura, de Shinko Investment Trust Management. Contre la tendance, l’indice des valeurs bancaires a perdu 0,64 % à 350,73. Le fabricant de pneumatiques Bridgestone a cédé 12,60 % à 1 094 yens, après avoir déjà abandonné 13,80 % la veille, par crainte que la justice n’inflige des dommages et intérêts qui pourraient conduire à la faillite de sa filiale américaine Firestone/Bridgestone. «Nous estimons que le risque d’investissement dans Bridgestone reste élevé», a déclaré Hideaki Aonuma, de Tokyo-Mitsubishi Securities.
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