Il fut un temps où le Salon de Milan renversait tous les carcans du mobilier classique grâce à une création débridée... Or voilà quelques saisons déjà qu’un vent de déjà vu souffle sur les tendances. Même chez les avant-gardistes, on a l’impression d’assister à des rétrospectives. On dirait qu’on peaufine les détails d’une avant-garde devenue repétitive et déjà passéiste. Même si les ensembles proposés sont parfois très beaux ou très élégants, ils sont loin d’apporter du nouveau au «décorativement correct» d’une ambiance devenue conventionnelle. Milan, dont le «Salon d’Avril» renversait allègrement toutes les sacro-saintes conceptions de l’art de vivre chez soi, par ses coups de poing audacieux, ronronne gentiment depuis quelques saisons derrière de rares innovations laborieusement ou intentionnellement originales... Minimalisme, esprit zen, climat «clair et clean» sont toujours là et promettent visiblement d’y rester encore longtemps. En matière de meubles, c’est l’avènement du «B and B» et la patine grise qu’on distingue comme vague nouvelle. Le «B and B» ce n’est que du chêne blanchi et du noyer américain avec comme avant-garde le palissandre verni résumant brièvement la réforme de matière et le retour en force des bois clairs. Il en est de même pour les tissus d’ameublement dont les teintes vedettes sont les écrus et le vanille. Le gris vanille ou aluminium est aussi un autre champion vainqueur. Côté accessoires, les roses et les violets font une percée très remarquée. Le nouveau meuble le plus intéressant est un maxi-fauteuil avec pouf incorporé, pour deux personnes. En accolant deux sièges l’un à l’autre, on obtient un canapé. Les canapés sont d’ailleurs à géométrie variable. Longs et bas, ils basculent d’avant en arrière avec des accoudoires amovibles. À noter l’arrivée de fauteuils plus étroits et moins encombrants et de chaises de plus en plus simples. Le matériaux deviennent de plus en plus techniques: toile métallique à tissage ultrafin avec effets brillants, titane pour de grandes tables, coussins antifeu, transclucides, fourrés de paille et de fibres de coton.
Il fut un temps où le Salon de Milan renversait tous les carcans du mobilier classique grâce à une création débridée... Or voilà quelques saisons déjà qu’un vent de déjà vu souffle sur les tendances. Même chez les avant-gardistes, on a l’impression d’assister à des rétrospectives. On dirait qu’on peaufine les détails d’une avant-garde devenue repétitive et déjà passéiste. Même si les ensembles proposés sont parfois très beaux ou très élégants, ils sont loin d’apporter du nouveau au «décorativement correct» d’une ambiance devenue conventionnelle. Milan, dont le «Salon d’Avril» renversait allègrement toutes les sacro-saintes conceptions de l’art de vivre chez soi, par ses coups de poing audacieux, ronronne gentiment depuis quelques saisons derrière de rares innovations laborieusement ou...
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