La classe politique israélienne apparaissait divisée hier sur un retour au système des partis par une réforme du système électoral actuel favorisant des Chambres ingouvernables et des élections à répétition. Plusieurs partis, notamment le Shinouï (laïc - 6 élus) et le Shass orthodoxe séfarade (17 élus), ont menacé de désapprouver en seconde et troisième lectures la loi de dispersion de la Chambre, votée la semaine dernière en première lecture, si les deux grands blocs politiques, le Likoud (droite) et le Parti travailliste, s’entêtent à vouloir abroger le système électoral en vigueur. Actuellement, ces deux blocs rassemblent moins d’une cinquantaine de députés sur un total de 120, le reste s’éparpillant entre une kyrielle de petits partis dont la disparition leur profiterait ipso facto. Selon le système en vigueur depuis mai 1996, les Israéliens élisent leurs députés à la proportionnelle intégrale et choisissent lors d’un vote séparé leur Premier ministre au suffrage universel direct. Après la dernière consultation de mai 1999, pas moins de 19 partis ou factions ont ainsi été représentés au Parlement, et le travailliste Ehud Barak a été littéralement plébiscité au poste de Premier ministre. Il n’empêche qu’à l’instar de son prédécesseur Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud, principal parti de droite, M. Barak a lui aussi dû jeter l’éponge à la suite d’une fronde de partis de sa coalition. Victime d’une représentation presque tribale voire clanique au Parlement, il avait formé une impensable coalition avec trois partis de droite hostiles aux efforts de paix, avant de se résigner à un scrutin anticipé, d’ici à mai, la législature s’achevant normalement en 2003. Le ministre travailliste de la Justice Yossi Beilin et un des ténors du Likoud Uzi Landau ont élaboré conjointement une réforme prévoyant le retour au système des partis assorti d’aménagements. Le principal parti sortant des urnes désignerait automatiquement le chef de gouvernement. Pour accéder à la Chambre, une nouvelle formation devrait recueillir 5 % des suffrages, au lieu de 1,5 % actuellement. La stabilité gouvernementale serait en outre préservée, notamment par des limitations plus sévères du recours aux motions de défiance. Il reste que cette réforme contestée par les petits partis trouve aussi des opposants au sein des deux grands blocs, à commencer par MM. Netanyahu et Barak. L’ex-Premier ministre veut profiter du système actuel, car les sondages d’opinion le donnent unanimement et très largement gagnant de la course au pouvoir. Quant à M. Barak, il craint d’être évincé de la direction de son parti justement à cause des sondages défavorables, et espère remonter la pente. Pour compliquer encore le jeu, avant la réunion la semaine prochaine du comité central du Likoud, l’actuel chef du parti Ariel Sharon a fait savoir qu’il soutient la réforme. Il est à la traîne dans les sondages, mais pourrait ainsi écarter M. Netanyahu, son rival potentiel comme tête de liste. Plusieurs députés du Likoud qui approuvaient jusqu’à présent le principe d’une réforme du système électoral y sont à présent opposés pour des raisons conjoncturelles. «La tenue d’élections anticipées nous offre la possibilité de revenir au pouvoir et c’est beaucoup plus important pour nous que de mettre un terme au système de l’élection directe du Premier ministre», a ainsi indiqué à la radio israélienne M. Danny Naveh.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La classe politique israélienne apparaissait divisée hier sur un retour au système des partis par une réforme du système électoral actuel favorisant des Chambres ingouvernables et des élections à répétition. Plusieurs partis, notamment le Shinouï (laïc - 6 élus) et le Shass orthodoxe séfarade (17 élus), ont menacé de désapprouver en seconde et troisième lectures la loi de dispersion de la Chambre, votée la semaine dernière en première lecture, si les deux grands blocs politiques, le Likoud (droite) et le Parti travailliste, s’entêtent à vouloir abroger le système électoral en vigueur. Actuellement, ces deux blocs rassemblent moins d’une cinquantaine de députés sur un total de 120, le reste s’éparpillant entre une kyrielle de petits partis dont la disparition leur profiterait ipso facto. Selon le...