Le quatrième symposium francophone de dermatologie, organisé annuellement par le service de dermatologie de l’Hôtel-Dieu de France (dirigé par le professeur Roland Tomb), s’est tenu à l’hôtel Rotana-Géfinor. Sur le thème «Peau et allergies : les plantes et les insectes», des spécialistes français et italiens ont rencontré à cette occasion plus de 120 dermatologues libanais. Parmi les conférenciers, le professeur Jean-Pierre Lepoittevin. Ce dermatochimiste dirige à l’Université de Strasbourg le seul laboratoire au monde entièrement consacré aux allergies de la peau. Selon lui, la difficulté principale dans l’étude des pathologies dermatologiques liées au contact avec les plantes (appelées «phytodermatose») réside dans le très grand nombre d’espèces végétales connues, plus de 30 000 à ce jour. Or chaque plante contient des centaines de molécules différentes, dont certaines peuvent provoquer des réactions d’allergie de contact. Si certaines de ces molécules ont été identifiées et sont utilisées dans des tests épicutanés standard, un énorme travail reste à effectuer. «Il s’agit d’études longues, qui nécessitent la mise en œuvre de techniques analytiques de pointe qui ne sont disponibles que dans certains centres spécialisés», a dit M. Lepoittevin. Le professeur Matteo Giannatasio, dermatoboniste, a mis l’accent sur les produits de métabolisme secondaire permettant à la plante de survivre dans des conditions climatiques défavorables : comme par exemple de lutter avec les autres plantes pour la conquête d’un espace vital, ou encore de se défendre contre l’agression des animaux prédateurs. Or, si ces «inventions» ont permis à la plante de survivre et de se répandre sur terre, «elles sont devenues pour l’humanité des causes fréquentes de dermites de contact, de nature irritante ou allergique». Le dermato-allergologue Fabio Ayala, qui dirige le service de dermatologie à l’Université de Naples, a signalé que la quantité d’un allergène peut changer dans la même plante, selon qu’il s’agisse de la racine, du bulbe, de la tige, de la feuille, de la fleur ou du fruit. Les manifestations cliniques sont en général celles d’un eczéma (rougeur, vésicules, prurit, etc.). Seuls les patchs-tests permettront de formuler un diagnostic précis. Il a révélé, par ailleurs, que l’allergie de contact à l’ail a été tout récemment étudiée. On a pu constater que les ménagères présentant une forte sécheresse aux pulpes des doigts ou des fissures, ou encore un eczéma des mains sont très souvent allergiques à l’ail. Ont également pris la parole : les Drs Édouard Makhoul, Jean Malak, Tabet Haddad, Ghassan Maalouf, Ziad Chbaqlo, A. Chéhadé, M. Matta et N. Moufarrej.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le quatrième symposium francophone de dermatologie, organisé annuellement par le service de dermatologie de l’Hôtel-Dieu de France (dirigé par le professeur Roland Tomb), s’est tenu à l’hôtel Rotana-Géfinor. Sur le thème «Peau et allergies : les plantes et les insectes», des spécialistes français et italiens ont rencontré à cette occasion plus de 120 dermatologues libanais. Parmi les conférenciers, le professeur Jean-Pierre Lepoittevin. Ce dermatochimiste dirige à l’Université de Strasbourg le seul laboratoire au monde entièrement consacré aux allergies de la peau. Selon lui, la difficulté principale dans l’étude des pathologies dermatologiques liées au contact avec les plantes (appelées «phytodermatose») réside dans le très grand nombre d’espèces végétales connues, plus de 30 000 à ce jour. Or...