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Actualités - Chronologie

Un potentiel scientifique qui a survécu à la chute de l’URSS

L’attribution mardi du prix Nobel de physique à un chercheur de Saint-Pétersbourg prouve que la Russie a réussi à maintenir son potentiel scientifique, hérité de l’époque soviétique, malgré un manque cruel d’argent et la fuite des cerveaux. «L’école scientifique russe reste très forte malgré les difficultés que nous avons connues depuis la chute de l’URSS», estime une chercheuse de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Irina Krotova. «L’attribution du prix Nobel à Alferov montre que la science russe a su se maintenir à la hauteur. Il faut que le gouvernement comprenne qu’il est nécessaire de financer le secteur de la recherche», ajoute une autre scientifique, Veronika Sergueïeva qui travaille dans le même Institut que Jaurès Alferov. En 1999, la Russie consacrait 0,57 % de son PIB à la science alors que ce chiffre était de 1,8 % pour l’Union européenne et de 2,5 % pour les États-Unis. «J’ai honte de vous dire le montant du salaire d’un savant russe», avait reconnu en juin dernier le président Vladimir Poutine lors d’un discours prononcé à l’Académie des sciences. Le secteur scientifique (civil et militaire) recevait à l’époque soviétique 7 % des dépenses budgétaires et sa contribution à l’économie du pays représentait 2,5 % du PIB, contre 0,25 % actuellement, selon Vladimir Strakhov, directeur de l’Institut de la physique de la terre. Aujourd’hui, la science figure dans le budget sur la même ligne que «la chasse et la pêche», ajoutait-il amer. Près de deux millions de personnes travaillaient dans le domaine scientifique au milieu des années 1980, contre moins de 800 000 actuellement, selon les syndicats. La fuite des cerveaux «Le potentiel qui a fait la réputation de la science russe est toujours là, mais il est évident que l’argent fait défaut qu’il s’agisse des salaires ou des moyens des laboratoires qui sont insuffisants, sauf lorsqu’ils reçoivent une aide étrangère», estime un expert occidental. Malgré leur qualification, les scientifiques russes figurent parmi les moins bien payés du monde avec des salaires qui se chiffrent au maximum en dizaines de dollars et sont inférieurs de 15 % à ceux versés dans l’industrie. Résultat, la fuite des cerveaux a été considérable dans les années qui ont suivi la chute de l’URSS : quelque 30 000 scientifiques russes travaillent actuellement à l’étranger, avait regretté en août dernier le président Poutine. Les domaines les plus touchés par cette fuite des cerveaux sont l’espace, la physique, l’informatique, la chimie, la biochimie et la génétique, selon la presse russe. L’âge moyen des scientifiques s’est dramatiquement élevé, autour de 57 ans, selon les syndicats. Ce n’est donc pas un hasard si le prix Nobel de physique est venu récompenser un homme âgé de 70 ans, représentatif de la grande époque de la recherche scientifique soviétique. Le gouvernement a récemment assuré que la science fondamentale serait l’un des premiers secteurs à bénéficier d’éventuelles recettes supplémentaires en 2001. «Le jour où le gouvernement remettra de l’argent dans ce secteur, la Russie jouera un grand rôle au niveau mondial», conclut avec optimiste l’expert occidental.
L’attribution mardi du prix Nobel de physique à un chercheur de Saint-Pétersbourg prouve que la Russie a réussi à maintenir son potentiel scientifique, hérité de l’époque soviétique, malgré un manque cruel d’argent et la fuite des cerveaux. «L’école scientifique russe reste très forte malgré les difficultés que nous avons connues depuis la chute de l’URSS», estime une chercheuse de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Irina Krotova. «L’attribution du prix Nobel à Alferov montre que la science russe a su se maintenir à la hauteur. Il faut que le gouvernement comprenne qu’il est nécessaire de financer le secteur de la recherche», ajoute une autre scientifique, Veronika Sergueïeva qui travaille dans le même Institut que Jaurès Alferov. En 1999, la Russie consacrait 0,57 % de son PIB à la...