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Actualités - Reportages

La physionomie des marchés Beyrouth : inquiétude et expectative

Le marché libanais des changes a entamé la semaine dans un climat marqué par beaucoup d’appréhensions au lendemain de l’enlèvement samedi dernier de trois soldats israéliens par le Hezbollah. En attendant ainsi l’issue de cette affaire à la lumière des tractations laborieuses menées par de hautes instances internationales et régionales en vue d’éviter une grave détérioration de la situation des deux côtés de la frontière libano-israélienne, nombre d’opérateurs, déjà très inquiets de la situation intérieure, ont estimé devoir davantage se prémunir. En effet, la demande non commerciale du dollar continuait à se développer en l’absence de toute contrepartie valable à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à faire clôturer le billet vert invariablement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais, en raison de l’absence d’offres en cette monnaie sur le marché interbancaire, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier au point supérieur d’intervention de la BDL, dans des volumes d’affaires relativement nourris, dépassant 25 millions de dollars, entièrement placés à la vente par cette dernière, ont indiqué les cambistes. L’euro toujours vulnérable à l’étranger À l’étranger, l’euro a été bloqué tout au long de la journée d’hier sous le seuil de 0,87 dollar, évoluant dans des marges étroites face au billet vert sur les marchés des changes calmes, en l’absence de nouvelles fraîches et alors que Tokyo était fermé pour une fête nationale ainsi que les banques américaines pour le Colombus Day. L’ensemble des devises a donc peu évolué du fait de la faiblesse des volumes échangés sur les marchés internationaux ouverts et de l’absence de nouvelles données économiques importantes. Les investisseurs ont donc continué à digérer la hausse surprise des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) la semaine précédente et les chiffres sur l’emploi aux États-Unis en septembre, qui ont favorisé le dollar. Toutefois, le risque d’une nouvelle intervention des banques centrales occidentales, comme celle du 22 septembre pour soutenir l’euro, est toujours présent dans l’esprit des opérateurs, notamment après les propos du chef-économiste de la BCE, Otmar Issing. Interrogé par le quotidien économique français La Tribune, celui-ci a affirmé hier qu’un euro autour de 0,90 dollar n’était pas à «son cours d’équilibre», tout en s’empressant d’ajouter que personne ne savait exactement à quel niveau devait se situer un tel cours. De son côté, le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a déclaré qu’il n’est pas inquiet de la faiblesse continue de l’euro face au dollar, mais au contraire préoccupé par l’envolée des prix du pétrole, relançant par cela quelques attaques à la baisse de la monnaie unique. Par ailleurs, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a souligné hier, dans un rapport sur les marchés financiers, que la faiblesse de l’euro s’expliquait en partie par le développement des placements européens aux États-Unis. Car au lieu de diriger leurs investissements vers la zone euro, les Européens se sont tournés vers les États-Unis, non seulement en raison du différentiel de croissance entre cette zone et les États-Unis, mais parce que les financements y sont plus simples, a relevé l’OCDE. Cela étant, et compte tenu de l’annonce d’un bon chiffre sur la production industrielle britannique en septembre (+0,3 % par rapport à août et +2,5 % sur un an), le dollar a éprouvé le besoin de souffler un peu contre le sterling. Il s’est au contraire raffermi face au yen qui a souffert de la faillite d’une compagnie d’assurance-vie japonaise (la Chiyoda Mutual Life Insurance Co.) pour se négocier finalement, à Londres, comme suit : – 0,8673 pour un euro contre 0,8680, vendredi dernier à New York – 1,4465 pour un sterling contre 1,4450 – 2,2550 DM contre 2,2535 – 7,5635 FF contre 7,5585 – 1,7525 FS contre 1,7495 – 2 232,55 lires contre 2 231,25 – 108,85 yens contre 108,80. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la hausse de Byblos Bank À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été un peu soutenue en ce début de semaine par la légère hausse des actions C de la Byblos Bank, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a gagné 0,08 % à 64,84 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui ont augmenté de 0,14 % à 141,11 points. Ce mouvement s’est toutefois produit dans un marché toujours mince sur lequel 16 409 actions seulement ont changé de mains d’une valeur globale de 48 922 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières, qui avaient plongé vendredi à la suite de la baisse du taux de chômage aux États-Unis à 3,9 % de la population active, son plus bas niveau depuis 30 ans, se sont montrés très volatils hier. Ce chiffre, qui n’était pas attendu par les analystes, a fait craindre à certains que la Réserve fédérale américaine (Fed) ne soit à nouveau obligée de relever ses taux d’ici à la fin de l’année. Ce qui pourrait peser sur la croissance économique et par ricochet sur les résultats des entreprises. Pourtant, les marchés américains ont manqué hier d’entrain en raison de la fermeture des banques et du marché obligataire pour le Colombus Day, ce qui a contribué à la contraction de l’activité boursière. La semaine s’annonce donc calme sur le plan des statistiques économiques américaines, avec principalement les prix à la production et les ventes de détail en septembre qui seront publiés vendredi prochain. L’attention des investisseurs ne sera donc pas distraite par la publication de plusieurs résultats trimestriels, notamment par Motorola, International Paper, Yahoo General Electric, Advanced Micro Devices et Gateway. De nombreux avertissements par des sociétés comme DuPont, Intel, Apple, Goodyear et Dell Computer ont assombri l’humeur du marché depuis le début du mois. La tendance à très court terme et le message du marché annoncent une poursuite de la baisse de la cote américaine, indique-t-on dans les milieux boursiers. En effet, des titres comme America Online et Time Warner sont restés sous de fortes pressions en raison d’informations de presse faisant état d’une poursuite des réserves des autorités à Washington sur le projet de fusion des deux groupes. Toutefois, d’autres titres dans le high-tech et l’internet ont bénéficié d’une chasse aux bonnes affaires, permettant à Yahoo !, IBM et Hewlett-Packard de repartir à la hausse et à d’autres, comme Sun Microsystems, Oracle, Microsoft, Texas Instruments et Amazon.com de limiter leurs pertes. Les pétrolières ont, en revanche, profité de la hausse du brut, contrairement aux bancaires qui ont souffert des incertitudes sur la direction des taux d’intérêt américains. Dans ces conditions, l’indice Nasdaq est parvenu à limiter ses dégâts nettement, alors que l’indice Dow Jones des industrielles oscillait irrégulièrement entre un plus haut à 10 641,31 points et un plus bas à 10 547,26 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure de Beyrouth, 10 580,51 points, en baisse de 15,03 points sur vendredi dernier, dans des marchés très volatils. Nette baisse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont lourdement chuté lundi dans le sillage des marchés américains qui poursuivent leur recul de la semaine dernière. En clôture, l’indice Eurotop 300 a perdu 1,96 % à 1 582,41 points et l’Euro Stoxx des vedettes a reculé de 2,26 % à 4 846,53. La morosité a en particulier touché les technologiques – l’indice Nemax 50 du nouveau marché allemand, le Neuer Markt, perdait en fin de journée 4,02 % à 4 523,90 points, après avoir touché un plus bas de l’année à 4 388,70 points, tandis que le Nouveau Marché parisien a lâché 4,97 % à 3 967,01 – son plus bas niveau en clôture depuis le 18 août. Aux technologiques, Marconi a abandonné 2,69 %, Nokia 3,12 euros à 41,10 euros et Philips 3,91 % à 42,73 euros. Les inquiétudes américaines ont en outre affecté les financières et les bancaires sensibles aux taux d’intérêt. CS Group a perdu 26,50 FS à 307, la banque sino-britannique HSBC 4,29 % à 960 pence et UBS 10,75 FS à 230,25 FS. Le groupe financier belgo-néerlandais Fortis a cédé 7,18 % à 32,30 euros à Bruxelles et 7,38 % à 32,36 euros à Amsterdam après avoir annoncé l’acquisition de l’assureur néerlandais ASR Verzekeringsgroep, lequel s’est envolé de 49,56 % à 98,56 euros. Contre la tendance, British Telecom s’est adjugé 4,29 % à 960 pence dans l’espoir que le départ du directeur financier Robert Brace conduise à restructurer le groupe dont le titre a manqué d’allant ces derniers temps. Eircom s’est octroyé 11,79 % à 2,75 euros. Une source du secteur a confié à Reuters que l’opérateur irlandais de télécoms discutait avec le géant britannique Vodafone à propos de la vente de tout ou partie de sa filiale de téléphonie mobile Eircell. Equant a bondi de 3,60 % à 40 euros sur des rumeurs de rachat par France Télécom dont le titre a perdu 5,65 % à 109,5 euros, un nouveau plus bas de l’année.
Le marché libanais des changes a entamé la semaine dans un climat marqué par beaucoup d’appréhensions au lendemain de l’enlèvement samedi dernier de trois soldats israéliens par le Hezbollah. En attendant ainsi l’issue de cette affaire à la lumière des tractations laborieuses menées par de hautes instances internationales et régionales en vue d’éviter une grave détérioration de la situation des deux côtés de la frontière libano-israélienne, nombre d’opérateurs, déjà très inquiets de la situation intérieure, ont estimé devoir davantage se prémunir. En effet, la demande non commerciale du dollar continuait à se développer en l’absence de toute contrepartie valable à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à...