GOLFE Des problèmes techniques retarderaient l’union douanière du CCG
le 24 décembre 2002 à 00h00
Les riches monarchies du Golfe ont annoncé la naissance d’une union douanière à partir du 1er janvier, mais des problèmes techniques et l’incertitude politique pourraient retarder sa mise en place effective. Les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman) ont annoncé à l’issue de leur sommet annuel à Doha que le lancement de cette union, préparée de longue date, aurait lieu comme prévu le 1er jour de 2003. Cette union devrait, selon le CCG, réduire les coûts de production et les prix et promouvoir le commerce et les investissements entre les pays membres. Les analystes estiment toutefois que sa mise en place effective sera retardée par des questions d’ordre économique et politique. « Les pays du CCG n’ont pas réussi à parvenir à une formule satisfaisante sur la répartition des taxes douanières et envisagent pour cela plusieurs options », explique Omar Bagour de la faculté d’économie de l’Université du roi Abdel-Aziz à Ryad. En juin, les ministres des Finances du CCG sont convenus de répartir les revenus douaniers en fonction de la destination finale des marchandises importées, et cela pour une période de trois ans. Mais selon M. Bagour, « les États membres examinent actuellement de meilleurs mécanismes (de répartition), qui pourraient être proportionnels au volume des importations de chaque pays ». Une telle répartition permettrait à l’Arabie saoudite de se tailler la part du lion des revenus douaniers du CCG. Des chiffres officiels pour l’an 2000 ont en effet montré que le volume total du commerce du CCG avec le monde avait totalisé 150 milliards de dollars, dont 102,5 milliards pour l’Arabie toute seule. Un autre problème auquel pourrait se heurter la mise en place de l’union est l’entrée de l’alcool et de certains produits. En théorie, les pays souhaitant importer de tels produits pourront le faire mais n’auront pas le droit de les faire circuler dans les autres pays. L’application d’une telle restriction ne sera cependant pas aisée dans un espace censé être sans barrières douanières. D’autres difficultés pourraient surgir du traitement préférentiel, des mesures antidumping ou du protectionnisme pratiqués dans certains pays, selon M. Bagour. « Tant que ces mesures sont en vigueur, il ne pourrait y avoir une union douanière réelle car elles créent des obstacles qui doivent être éliminés », dit-il. La déclaration de Doha stipule en outre que tout produit fabriqué dans un pays membre sera considéré comme un produit national dans les autres pays et ne sera donc pas imposable. Or, le sous-secrétaire adjoint aux Affaires économiques du CCG, Mohammed al-Mazroui, a affirmé dans une déclaration publiée la semaine dernière que les ministres des Finances du groupe avaient décidé de reporter la mise en place de certaines disposition de l’accord douanier, dont l’annulation des taxes sur les produits achetés par un pays membre sur le marché d’un autre pays. Le lancement de l’union douanière pourrait également être affecté par une attaque américaine contre l’Irak, dont les pays du CCG craignent un impact dévastateur sur leurs économies. La mise en place de l’union douanière est une condition de l’Union européenne, principal partenaire commercial du CCG, à la conclusion d’un accord de libre-échange, en discussion depuis 14 ans.
Les riches monarchies du Golfe ont annoncé la naissance d’une union douanière à partir du 1er janvier, mais des problèmes techniques et l’incertitude politique pourraient retarder sa mise en place effective. Les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman) ont annoncé à l’issue de leur sommet annuel à Doha que le lancement de cette union, préparée de longue date, aurait lieu comme prévu le 1er jour de 2003. Cette union devrait, selon le CCG, réduire les coûts de production et les prix et promouvoir le commerce et les investissements entre les pays membres. Les analystes estiment toutefois que sa mise en place effective sera retardée par des questions d’ordre économique et politique. « Les pays du CCG n’ont pas réussi à parvenir à...
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