À moins de deux mois des élections législatives israéliennes, le nouveau chef de file des travaillistes, Amram Mitzna, est confronté à la tâche impossible d’inquiéter le Premier ministre sortant Ariel Sharon. Ce dernier est donné gagnant haut la main par tous les sondages malgré la crise économique et l’insécurité persistante. Si Sharon paraît hors d’atteinte, Mitzna ne s’avoue pas vaincu d’avance et compte donner dans la semaine le coup d’envoi d’une campagne électorale active qui, aux yeux des observateurs politiques, pourrait être qualifiée de réussie s’il parvenait simplement à éviter à son parti la débâcle promise. Les sondages prédisent une quarantaine de sièges au Likoud et la moitié seulement aux travaillistes dans une Knesset qui compte 120 députés. Certains analystes n’excluent pas que Mitzna puisse renverser la vapeur mais jugent plus raisonnable qu’il se borne à se positionner pour l’échéance électorale suivante. Le maire de Haïfa ne manque pourtant pas d’atout: il peut égratigner son adversaires sur ses deux points vulnérables : l’économie et la sécurité. Il peut arguer de sa carrière de général. Enfin, il peut attirer l’électoral mouvant du centre en se démarquant progressivement de la gauche travailliste qui a servi de plate-forme de lancement pour sa candidature. « Il faut qu’il trouve le moyen de fendre l’armure de Sharon et de convaincre le public que la situation actuelle lui est imputable, estime l’analyste politique Joseph Alpher. Il pourrait bien y arriver, mais que je crois plutôt qu’il faut qu’il se fixe au objectif réaliste. » « Politiquement suicidaire » « S’il parvenait déjà a réduire le fossé avec Sharon, ce serait un succès. Plus la majorité sera étroite, plus il sera en mesure de négocier en position de force une participation à une coalition, s’il le souhaite. Il pourrait alors en fermer la porte à l’extrême droite. » Mais la tâche paraît si insurmontable a priori que d’autres analystes jugent plus sérieux que Mitzna se borner à s’assurer la constitution d’un petit groupe parlementaire qui lui sera utile pour viser la conquête du pouvoir avec plus de chances aux élections suivantes. Dans la Knesset sortante, les travaillistes forment le premier parti avec 25 sièges, contre 19 au Likoud, qui pourrait doubler le nombre de ses députés. Quand à Mitzna, qui, à 57 ans, débute une carrière nationale, il déclare viser 30 députés, ce qui est loin d’être acquis, tant l’avance de Sharon, 74 ans, paraît décisive. Mitzna a déjà largement cultivé sa différence avec son adversaire en annonçant que, s’il était élu, il retirerait immédiatement l’armée israélienne de Gaza et y démantèlerait les colonies juives. Il prévoit aussi un retrait ultérieur de Cisjordanie et estime que c’est avec son ennemi, à savoir Yasser Arafat, qu’il faut négocier. Rien que ces engagements sont en contraste total avec les positions d’Ariel Sharon, mais si, électoralement parlant, le retrait des colonies est un thème populaire, négocier avec Arafat l’est moins, voire, selon l’analyste Shmuel Sandler, est « politiquement suicidaire. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À moins de deux mois des élections législatives israéliennes, le nouveau chef de file des travaillistes, Amram Mitzna, est confronté à la tâche impossible d’inquiéter le Premier ministre sortant Ariel Sharon. Ce dernier est donné gagnant haut la main par tous les sondages malgré la crise économique et l’insécurité persistante. Si Sharon paraît hors d’atteinte, Mitzna ne s’avoue pas vaincu d’avance et compte donner dans la semaine le coup d’envoi d’une campagne électorale active qui, aux yeux des observateurs politiques, pourrait être qualifiée de réussie s’il parvenait simplement à éviter à son parti la débâcle promise. Les sondages prédisent une quarantaine de sièges au Likoud et la moitié seulement aux travaillistes dans une Knesset qui compte 120 députés. Certains analystes n’excluent pas...