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Actualités - Opinion

Le redressement tributaire des perspectives régionales

Une manie indécrottable de nos politiciens : la critique hargneuse. Paris II se termine ? On en dénigre aussitôt les résultats, qualifiés de simple ballon d’oxygène. Le contentieux du cellulaire se règle entre présidents ? On crie de suite au manque à gagner financier d’une part, au despotisme binaire, d’autre part. Bientôt, cela devrait être le tour du budget 2003, que d’aucuns tenteraient d’amender en profondeur, pour le dénaturer. Et pour glisser une peau de banane parlementaire sur la voie du redressement qu’emprunte (c’est le mot) le gouvernement. Cela sous le double prétexte de donner satisfaction à des revendications corporatives, comme celles des enseignants, et d’alléger le fardeau des impôts. Mais les ministres restent confiants. Ils pensent que la loi des finances franchira l’obstacle de la Chambre sans altérations majeures. Car en définitive le mot-clé dans une affaire de la sorte reste l’entente. Entre les présidents, s’entend. Les dirigeants, en conjuguant leurs (vastes) forces, contrôlent en effet facilement la majorité parlementaire. D’autant mieux, en la présente occurrence, que l’on commence à faire miroiter aux yeux des députés, tous ou presque ministrables, la perspective d’un large remaniement ministériel, voire d’un changement de cabinet. Ces joyeuses péripéties restent cependant assombries par la menace d’une guerre américaine contre l’Irak et par le bellicisme israélien. La situation régionale conditionne pratiquement tout, dans ce pays comme ailleurs. Tandis que les inspecteurs de l’Onu poursuivent leur quête, Washington cherche toujours un prétexte assez valable pour arriver à former une large coalition contre Bagdad, comme en 91. Pour le moment, il ne semble pas y arriver. Et il est possible qu’en définitive il doive assumer la guerre avec l’unique soutien de l’Angleterre. Les régimes arabes ou islamiques sont actuellement dans l’embarras. Ou bien ils acceptent d’accorder des facilités aux Américains, ou bien ils se soumettent à la pression de la rue, largement hostile à l’Oncle Sam. Pour tout dire, cela les arrangerait bien que Saddam se mette clairement en faute. Et encore plus s’il devait s’agir d’une guerre-éclair terminée aussitôt que commencée, sans laisser le temps aux foules arabes et islamiques de s’agiter, de protester violemment, d’aller jusqu’au soulèvement. Ces réactions, déjà perceptibles, suscitent d’ores et déjà de multiples mesures de contrôle de la part des gouvernements arabes et musulmans. Partout, on signale que les organisations activistes sont surveillées de près et leurs responsables interceptés. Sur le front palestinien, tout aussi explosif régionalement, de sensibles efforts, ouverts ou occultes, sont déployés actuellement pour une extinction de l’intifada. Au point actuel, les Arabes modérés craignent, comme les Occidentaux, que la poursuite du mouvement palestinien n’offre à Israël un prétexte tout trouvé pour mettre en application le plan dit du transfert. C’est-à-dire pour vider la Cisjordanie, et même Gaza, de leur population palestinienne, poussée en direction de la Jordanie et du Liban principalement. En tout cas, une escalade compromettrait encore plus la feuille de route du quartette, déjà fragile, et dissiperait l’espoir d’un État palestinien comme d’une paix globale équitable dans la région. En outre, il semble assez clair que le lancement d’une guerre américaine contre l’Irak embraserait encore plus le conflit israélo-arabe. Et mettrait plus fortement en péril les voisins de l’État hébreu, notamment la Jordanie, le Liban et la Syrie. Sur le plan intérieur local, il y aurait à craindre que les camps palestiniens ne tentent de déborder, en appui à l’intifada et à l’Irak. Émile KHOURY
Une manie indécrottable de nos politiciens : la critique hargneuse. Paris II se termine ? On en dénigre aussitôt les résultats, qualifiés de simple ballon d’oxygène. Le contentieux du cellulaire se règle entre présidents ? On crie de suite au manque à gagner financier d’une part, au despotisme binaire, d’autre part. Bientôt, cela devrait être le tour du budget 2003, que d’aucuns tenteraient d’amender en profondeur, pour le dénaturer. Et pour glisser une peau de banane parlementaire sur la voie du redressement qu’emprunte (c’est le mot) le gouvernement. Cela sous le double prétexte de donner satisfaction à des revendications corporatives, comme celles des enseignants, et d’alléger le fardeau des impôts. Mais les ministres restent confiants. Ils pensent que la loi des finances franchira l’obstacle de la...