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Les dérapages verbaux de Vladimir Poutine...

De la promesse de « buter les terroristes jusque dans les chiottes » à la proposition de se faire « circoncire » de façon à ce que « plus rien ne repousse » lancée à un journaliste qui l’interpelle sur le conflit : la Tchétchénie fait perdre au président Vladimir Poutine son habituel sang-froid. Interrogé lundi à Bruxelles par un journaliste occidental sur l’usage en Tchétchénie de bombes à fragmentation qui pourrait conduire à « éradiquer la population », le président Poutine, visiblement agacé, a longuement parlé des « dangers » que représenteraient les islamistes radicaux à l’égard de tous les « non-musulmans ». « Si vous voulez devenir un islamiste radical et êtes prêt à vous faire circoncire, je vous invite à Moscou (...). Nous avons des spécialistes de cette question et je vous recommande de pratiquer cette opération de façon à ce que plus rien ne repousse », a-t-il ajouté, semblant évoquer une opération pouvant aller plus loin que la circoncision. Cette partie de la déclaration n’a pas été traduite en anglais lundi lors de la conférence de presse finale du sommet Russie-UE, mais elle a fait mardi la une de la presse russe. « Si de tels propos ont été réellement prononcés, ils sont évidemment complètement déplacés », a déclaré mardi à Bruxelles Jonathan Faull, porte-parole du président de la Commission européenne, Romano Prodi, affirmant ne pas être au courant de l’incident. « La Tchétchénie est un sujet qui pique le président au vif, car c’est un échec évident de sa politique », estime le sociologue Lev Goudkov de l’institut VTSIOM. Le lancement de la guerre en Tchétchénie en octobre 1999 a porté au pouvoir Vladimir Poutine, un ancien du KGB qui incarnait l’image de l’homme fort déterminé à rétablir l’ordre dans la république rebelle et à « buter les terroristes jusque dans les chiottes ». Mais « le terrorisme » est loin d’être éradiqué en Tchétchénie comme l’a montré la prise d’otages fin octobre à Moscou par un commando tchétchène. Or ce conflit a déjà fait officiellement plus de 4 500 morts du côté russe et de 10 000 à 20 000 morts civils. Lorsqu’il s’emporte sur la Tchétchénie, Vladimir Poutine, « au discours généralement anodin et pragmatique », revient à « un langage soviétique et du KGB, mélange du jargon criminel et de celui de la nomenklatura », estime Lev Goudkov. « Cela devient un cas clinique. Chaque fois qu’il s’agit de la Tchétchénie, il retombe dans le vocabulaire des “chiottes”. Ce dérapage va inquiéter de plus en plus ses partenaires occidentaux mais aussi l’élite à Moscou qui commence à se tourner vers une solution politique du problème tchétchène », estime le politologue Andreï Piontkovski. Pour Iouri Korgoniouk de la fondation Indem, la façon dont Poutine traite publiquement le dossier tchétchène relève cependant davantage de « la grossiéreté délibérée » que de l’emportement. « Il veut dire : on ne discutera pas de ce sujet avec ceux qui n’y comprennent rien », souligne-t-il, en comparant la réaction du président russe à celle du gouvernement d’Israël face aux reproches sur la Palestine.
De la promesse de « buter les terroristes jusque dans les chiottes » à la proposition de se faire « circoncire » de façon à ce que « plus rien ne repousse » lancée à un journaliste qui l’interpelle sur le conflit : la Tchétchénie fait perdre au président Vladimir Poutine son habituel sang-froid. Interrogé lundi à Bruxelles par un journaliste occidental sur l’usage en Tchétchénie de bombes à fragmentation qui pourrait conduire à « éradiquer la population », le président Poutine, visiblement agacé, a longuement parlé des « dangers » que représenteraient les islamistes radicaux à l’égard de tous les « non-musulmans ». « Si vous voulez devenir un islamiste radical et êtes prêt à vous faire circoncire, je vous invite à Moscou (...). Nous avons des spécialistes de cette question et je vous...