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Actualités - Chronologie

Les Quinze entre prudence et embarras

Les Quinze ont accueilli avec prudence lundi la victoire des islamistes modérés aux élections législatives en Turquie, en assurant qu’ils voulaient « juger sur pièces » le futur gouvernement turc avant de se prononcer sur l’ouverture de négociations d’adhésion d’Ankara à l’UE. Dans les grandes capitales de l’UE, le ton n’était guère téméraire. Le Premier ministre britannique Tony Blair s’est dit « encouragé par les déclarations » proeuropéennes du parti islamiste modéré de la Justice et du développement (AK). L’Allemagne a émis l’espoir d’un « gouvernement stable ». La France s’est bornée à souligner le « changement politique important » voulu par les Turcs. Seule l’Espagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Ana Palacio, s’est montrée plus audacieuse en estimant qu’il n’existait « aucun obstacle » à l’intégration d’un pays islamiste modéré comme la Turquie dans l’UE, qui n’est « pas un club chrétien ». Personne en revanche ne s’est avancé sur l’opportunité de fixer une date pour entamer avec Ankara des négociations d’adhésion à l’UE, alors même que la question sera dans six semaines l’un des enjeux majeurs du Sommet européen de Copenhague des 12 et 13 décembre. « Nous sommes dans une nouvelle situation politique et historique. Il faut attendre et voir le prochain gouvernement. Les islamistes ont prétendu vouloir être proeuropéens. A priori, ça ne change pas grand-chose », a souligné un diplomate européen en poste à Bruxelles. « Probablement » le succès des islamistes va-t-il renforcer les plus sceptiques, au sein des Quinze, à l’égard de la candidature turque, « mais il serait injuste de juger par avance », a-t-il ajouté. « Il faut être prudent sans dramatiser. Les déclarations des islamistes vis-à-vis de l’Europe pour l’instant ont été très modérées. C’est pourquoi il faudra juger sur les actes », a résumé un autre diplomate. « Qu’est-ce qu’il faut en penser ? Rien. On ne sait pas où ils vont. On est dans une position complètement attentiste, face à un paysage politique complètement nouveau. On ne peut pas se lancer dans des spéculations sur ce qu’ils vont faire », a estimé de son côté une source communautaire. La Commission européenne s’est dite « prête à coopérer » avec les islamistes modérés, en mettant l’accent sur la poursuite et l’application effective des réformes engagées cet été à Ankara, qui ont vu notamment la Turquie abolir la peine de mort et accorder des droits culturels aux Kurdes. Le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a pour sa part appelé à « juger le prochain gouvernement à ses actes », estimant que les Européens commettraient « une grave erreur » en prenant des décisions « sur le simple fait qu’un parti est “islamiste”, modéré ou pas ». Selon un diplomate européen, les Quinze auront principalement l’œil d’ici à Copenhague sur la politique économique du nouveau gouvernement turc, « notamment les relations avec le Fonds monétaire international », sa politique européenne avec les réformes et Chypre. « On attend que le nouveau pouvoir aide à une solution du conflit à Chypre », souligne ce diplomate, en référence aux négociations intercommunautaires toujours dans l’impasse dans l’île divisée, qui fait partie des 10 pays appelés à entrer dans l’UE en 2004. Selon le même diplomate, les Européens seront aussi attentifs à la position turque sur la crise irakienne. L’AK s’est dit opposé à une action militaire américaine contre Bagdad. Les États-Unis ont de nouveau appelé lundi les Quinze à « donner un encouragement supplémentaire pour que la Turquie reste liée à l’Occident », en fixant, à Copenhague, une date pour l’ouverture de négociations d’adhésion avec Ankara.
Les Quinze ont accueilli avec prudence lundi la victoire des islamistes modérés aux élections législatives en Turquie, en assurant qu’ils voulaient « juger sur pièces » le futur gouvernement turc avant de se prononcer sur l’ouverture de négociations d’adhésion d’Ankara à l’UE. Dans les grandes capitales de l’UE, le ton n’était guère téméraire. Le Premier ministre britannique Tony Blair s’est dit « encouragé par les déclarations » proeuropéennes du parti islamiste modéré de la Justice et du développement (AK). L’Allemagne a émis l’espoir d’un « gouvernement stable ». La France s’est bornée à souligner le « changement politique important » voulu par les Turcs. Seule l’Espagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Ana Palacio, s’est montrée plus audacieuse en...