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Les invités ravis, les Bulgares sceptiques

Le mariage de la princesse Kalina, fille de l’ex-roi et Premier ministre bulgare Siméon II, a présenté le pays à l’aristocratie européenne sans enthousiasmer des Bulgares d’abord préoccupés par leurs conditions de vie. Comme dans les contes de leur enfance, les Bulgares ont vu défiler pendant trois jours des princesses éblouissantes, des ducs et des contes en vêtements somptueux, dans la station de montagne de Borovetz, au sud-ouest du pays. Mais les Bulgares qui comptent parmi les peuples les plus pauvres d’Europe semblent moins sensibles qu’auparavant à la vie des têtes couronnées. « J’avais le rêve de rentrer en Bulgarie, et il s’est réalisé. Je rêvais de marier ma fille. Aujourd’hui, je suis infiniment heureux de me trouver au milieu de tant d’amis de tous les coins du monde pour constater que ces rêves sont devenus réalité », a déclaré à ses invités l’ancien enfant-roi Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha rentré d’exil en 2001 pour devenir Premier ministre. Dimanche, au lendemain du mariage de sa fille Kalina, âgée de 30 ans, avec le navigateur espagnol Kitin, 43 ans, l’ex-roi chassé en 1946 par le pouvoir communiste, recevait pour un petit-déjeuner dans son palais de montagne Tzarska Bistritza, dont il a obtenu la restitution par l’État qui l’avait nationalisé à l’époque communiste. « Le pays le plus fiable des Balkans » Comme la veille, les invités se voyaient servir des plats bulgares : du zelnik (gâteau salé à l’oignon) et du katchamak (sauce épaisse à farine). Les duchesses Marguerite et Sophie de Wuertemberg, cousines germaines de Siméon II, étaient ravies de retrouver la Bulgarie qu’elles n’avaient pas vue depuis leur enfance. « La montagne est si jolie ! La fête du mariage était extraordinaire avec ses danses folkloriques et des repas traditionnels délicieux », a déclaré à l’AFP la duchesse Marguerite de Wuertemberg. Comme sa sœur Sophie, elle ne semblait déçue ni par la qualité des hôtels ni par les routes délabrées d’un ancien pays communiste. « C’est un pays écrasé par un régime qui lui a ôté son âme, et qui doit renaître », a estimé la duchesse Marguerite, louant la détermination de l’ex-roi en tant que chef de gouvernement. Le comte allemand Moritz de Hesse, un autre cousin de Siméon II, a trouvé « excitante » sa première visite en Bulgarie. « Ce pays aura un grand avenir, il est le plus fiable des Balkans », a-t-il estimé, soulignant que Siméon et ses cinq enfants « donnent un très bon exemple de travail assidu et de modestie ». Le Premier ministre voulait faire du mariage de sa fille « une publicité pour la Bulgarie ». Il a cependant renoncé au faste et misé sur la modestie pour ne pas heurter les sentiments de la population. Le mariage, largement couvert par la presse bulgare, ne semblait pourtant pas passionner les foules comme le faisait auparavant chaque parution en public de Siméon II après son retour d’exil en 1996 et son entrée dans la politique en 2001. À peine quelques dizaines d’admirateurs étaient venus samedi féliciter les mariés à Borovetz. « L’attitude à l’égard de l’ex-roi est devenue beaucoup plus pragmatique », a déclaré à l’AFP la politologue Miroslava Yanova. Selon le dernier sondage de son institut MBMD, 63 % des Bulgares ne se laissent plus influencer par les informations sur la famille de l’ex-roi. Seuls 42 % des Bulgares accordent encore leur confiance au Premier ministre qui avait promis une amélioration rapide du niveau de vie lors de son arrivée au pouvoir. Ils étaient 77 % en juillet 2001. Siméon II reste plus populaire que son gouvernement dont le taux de confiance a chuté à 29 %, alors que 60 % des Bulgares ne voient de toute façon pas d’alternative à ce gouvernement, selon MBMD.
Le mariage de la princesse Kalina, fille de l’ex-roi et Premier ministre bulgare Siméon II, a présenté le pays à l’aristocratie européenne sans enthousiasmer des Bulgares d’abord préoccupés par leurs conditions de vie. Comme dans les contes de leur enfance, les Bulgares ont vu défiler pendant trois jours des princesses éblouissantes, des ducs et des contes en vêtements somptueux, dans la station de montagne de Borovetz, au sud-ouest du pays. Mais les Bulgares qui comptent parmi les peuples les plus pauvres d’Europe semblent moins sensibles qu’auparavant à la vie des têtes couronnées. « J’avais le rêve de rentrer en Bulgarie, et il s’est réalisé. Je rêvais de marier ma fille. Aujourd’hui, je suis infiniment heureux de me trouver au milieu de tant d’amis de tous les coins du monde pour constater que ces...