Le prix Slow Food a été instauré en 2000 et vise à récompenser les personnes ou les institutions qui se sont particulièrement distinguées dans la défense de la biodiversité. Le prix 2002, doté de 3 500 euros, a été décerné à 13 initiatives, et cinq d’entre elles ont obtenu la mention spéciale du jury, une récompense de 7 500 euros s’ajoutant au montant initial du prix et portant la somme à 11 000 euros. Un jury composé d’environ 700 personnalités de 90 pays examine tout au long de l’année les candidatures et transmet ensuite sa sélection aux membres de la présidence du prix, qui décident des lauréats, a expliqué Cinzia Scaffidi, responsable de la présidence. « Cette année nous avons reçu un total de 190 candidatures, nous en avons retenu une quinzaine, et treize ont reçu des prix », précise Mme Scaffidi. Les lauréats 2002 du prix Slow Food sont les suivants : Prix et mention spéciale du jury : – Au Japon, le biologiste Katsuhiko Takedomi, 56 ans, a remis au goût du jour une variété antique de riz, noir, rouge et vert, riche en fibres et autres substances bénéfiques pour l’organisme. – En Grèce, Dimitrios Dimos, un économiste de 54 ans, lutte pour sauver une race de vache en voie d’extinction, les katerini. – Au Guatemala, les femmes de la coopérative Amidi ont relancé l’élevage d’une race de poules autochtones, plus robustes et plus fertiles que leurs cousines venues d’ailleurs. – En Guinée, Mamadou Bailo Diallo, un enseignant d’une cinquantaine d’années, et Boubacar Camara ont redonné des lettres de noblesse au sintin, une boisson traditionnelle extraite de la plante du soungala. – En Turquie, Haydar Alagoz, 41 ans, a fait renaître une plantation d’abricotiers sur la terre de ses ancêtres kurdes, dans une plaine près d’Igdir dévastée par des années de disette. Prix Slow Food : – En Argentine, une coopérative agricole, la Cauqueva, a été récompensée pour la qualité de ses produits régionaux typiques. – En Équateur, c’est une chaîne de radio, l’ERPE, diffusant à l’attention des paysans des cours d’agriculture et de marketing, qui a reçu le prix. – Au Mexique, le philosophe Raùl Hernandez Garciadiego a été récompensé pour ses projets d’approvisionnement écologique et durable en eau d’une zone touchée par la sécheresse et pour l’organisation d’une coopérative qui donne du travail à 1 000 personnes et assure le cycle complet de la production alimentaire, de la semence à la commercialisation, en passant par la transformation. – Au Pérou, l’association K’uychiwasi a été récompensée pour avoir retrouvé l’utilisation première des feuilles de coca, riches en vitamines A et C, fer, fibres et protéines, comme matière première pour des sucreries, biscuits, caramels et chocolats, au lieu de la production de cocaïne. – Aux États-Unis, The American Chestnut Foudation du Vermont a été récompensée pour avoir trouvé moyen de sauver de la disparition le châtaignier américain, menacé par une maladie. – Également aux États-Unis, le fermier Dale Lasater a reçu le prix pour son élevage de vaches qui ne se nourrissent qu’avec de l’herbe, sans maïs, et évoluent dans leur milieu originel donnant ainsi une viande d’une qualité supérieure. – En Malaisie, l’association UBRA a été récompensée pour une série de projets visant à contribuer au rétablissement progressif des ressources naturelles dans une zone du pays particulièrement touchée par la déforestation. – Au Portugal, Fernando Boucinha Alves a été récompensé pour avoir relancé l’utilisation des « masseira », une sorte de serre naturelle creusée dans les dunes de sable « parfaitement insérée dans l’environnement, fonctionnelle et éco-compatible ».
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