Les 174 candidats en lice pour les premières législatives depuis 1973 à Bahrein ont mis les bouchées doubles au dernier jour de leur campagne électorale, entachée de coups bas et d’animosité. Le vote doit avoir lieu aujourd’hui. Si dans des circonscriptions comme à Mouharraq ou à Rifaa Est, à majorité sunnite, les rues sont pavoisées de banderoles et d’affiches électorales, des villes et villages à prédominance chiite semblent être à l’abri de la fièvre électorale. « Avec notre Coran, nous réaliserons nos espoirs », promet en brandissant le livre saint Issa al-Moutawa, médecin et candidat de la première circonscription à Mouharraq. « Non aux promesses, oui à l’action », rétorque Ali Ibrahim al-Aribi, fonctionnaire et candidat de la première circonscription à la province centrale. Dans l’ensemble, les candidats promettent de s’attaquer aux problèmes endémiques comme le chômage, l’habitat et la corruption. « La plupart des candidats prétendent qu’ils vont combattre la corruption alors qu’ils sont eux-mêmes corrompus », s’indigne Thabet Hazaa Moqbel, un candidat d’origine yéménite, naturalisé en 1996. Cet ingénieur de 42 ans se propose de « changer la mentalité consommatrice de certains Bahreinis » et de faire de Bahrein « un centre de recherches scientifiques ». Moqbel, qui affirme avoir déboursé 3 000 dinars (un dinar=2,6 USD) pour sa campagne, s’insurge aussi contre « ceux qui s’opposent à la naturalisation des ressortissants arabes ». « Bahrein est une terre arabe. Tout Arabe y ayant vécu a le droit de se présenter aux élections », tonne Moqbel qui réside depuis 1980 à Bahrein où il a épousé une locale. Quatre autres ressortissants d’origine arabe, dont un Égyptien, Oussama Fathallah Ramadan, naturalisé seulement depuis quelques mois, sont en lice. Moqbel dénonce des agressions perpétrées par des inconnus contre son camp électoral, une tente modeste installée au bord d’une rue à Hamad Town, dans la septième circonscription de la province nord. Plusieurs autres candidats ont déposé plainte contre des inconnus qui ont déchiré leurs banderoles ou saccagé leur tente. Certains d’entre eux affirment avoir dépensé entre 7 000 et 25 000 dinars pour mener leur campagne. Outre ces coups bas, la campagne électorale a également été émaillée de tentatives de corruption. Hamad ben Jassem Harbi, de la neuvième circonscription de la province centrale, cité par la presse, accuse son unique adversaire de lui avoir proposé « un pot-de-vin de 10 000 dinars, pour qu’il se retire » de la mêlée. La course au Parlement a aussi créé la division au sein de la famille de deux frères et seuls candidats de la 9e circonscription de la province nord, qui s’accusent mutuellement de chercher à se mettre les bâtons dans les roues. L’anticampagne, orchestrée discrètement par les partisans du boycottage du scrutin, n’a pas été moins malmenée par les autorités. Ainsi, dans les zones à majorité chiite, où rien ne laisse apparaître que le pays s’apprêtait à fêter sa « noce électorale », les banderoles appelant au boycottage étaient tout de suite déchirées ou retirées par la police, assurent des habitants. Dans la nuit de mardi à mercredi, des dizaines de milliers de Bahreinis ont d’ailleurs répondu à Manama à l’appel de groupes de l’opposition partisans du boycottage.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les 174 candidats en lice pour les premières législatives depuis 1973 à Bahrein ont mis les bouchées doubles au dernier jour de leur campagne électorale, entachée de coups bas et d’animosité. Le vote doit avoir lieu aujourd’hui. Si dans des circonscriptions comme à Mouharraq ou à Rifaa Est, à majorité sunnite, les rues sont pavoisées de banderoles et d’affiches électorales, des villes et villages à prédominance chiite semblent être à l’abri de la fièvre électorale. « Avec notre Coran, nous réaliserons nos espoirs », promet en brandissant le livre saint Issa al-Moutawa, médecin et candidat de la première circonscription à Mouharraq. « Non aux promesses, oui à l’action », rétorque Ali Ibrahim al-Aribi, fonctionnaire et candidat de la première circonscription à la province centrale. Dans...