La Russie « se débat avec le problème gigantesque » de la modernisation de ses forces armées, qui restent dominées par des officiers dont beaucoup pensent et agissent encore comme pendant la Guerre froide, souligne l’IISS. Le rythme des progrès a été critiqué et le ministre de la Défense Sergueï Ivanov paraît trop favorable au point de vue des militaires de son administration, semblant parfois « déphasé par rapport à la vision plus large du président Vladimir Poutine ». « Après les attentats du 11 septembre, Poutine et Ivanov ne parlaient visiblement pas d’une seule voix, particulièrement sur la question des bases américaines en Asie centrale », relève le rapport. « Le ministère russe de la Défense reste dominé par un personnel largement militaire, dont beaucoup de membres persistent dans leurs pratiques et leurs manières de penser de la Guerre froide. Un véritable contrôle civil de l’armée reste encore éloigné », estime l’IISS. La réforme des forces armées russes tourne principalement autour d’un dilemme: armée professionnelle ou de conscrits? « La Russie n’a pas les moyens de financer une armée de conscrits pour des raisons démographiques et sociales, ni une armée professionnelle de la taille nécessaire à ses yeux pour faire face à ses besoins futurs », affirme l’IISS. « L’issue la plus probable est une armée professionnelle mais d’une taille bien plus petite que ce que voudrait le ministère de la Défense », poursuit l’institut, qui estime à 48000 le déficit d’officiers dans l’armée russe. La guerre en Tchétchénie reste une « plaie ouverte pour le Kremlin et le ministère de la Défense ». « L’absence d’autorité civile véritable dans la région signifie que l’armée est en position décisionnaire. Toutes les initiatives politiques pour ouvrir des négociations ont échoué et l’activité des rebelles continue, à un niveau moindre toutefois que l’an dernier », rappelle l’IISS. « Les pertes dans les forces armées fédérales (russes) se poursuivent et les actions de représailles entreprises par les troupes des ministères de la Défense et de l’Intérieur sont souvent excessives et conduisent à des accusations de violations des droits de l’homme », relève l’IISS. Concernant les relations avec l’Otan, la nouveauté principale est la création en mai d’un nouveau « Conseil à 20 » (les 19 pays membres de l’Otan, plus la Russie), au sein duquel Moscou est associé aux décisions de l’Alliance dans un certain nombre de domaines pré-définis, mais ne dispose pas de droit de veto. Reflétant les priorités après les événements du 11 septembre 2001, le Conseil à 20 se concentre notamment sur la lutte contre le terrorisme, l’évaluation des menaces, la non-prolifération, le contrôle des armements et la gestion de crises. « Le Conseil est largement considéré comme une récompense pour le soutien pratique apporté par le président Poutine à la guerre américaine contre le terrorisme », selon l’IISS. Il sert également à amoindrir la résistance de la Russie à la prochaine vague d’élargissement de l’Otan. Certains, au sein du gouvernement russe et de la Douma (chambre basse du Parlement russe), restent opposés à l’élargissement de l’Otan, en particulier à l’intégration des États baltes, note l’IISS. « Compte tenu de ces attitudes et du manque d’experts que la Russie pourrait affecter à plein temps au travail avec l’Otan, il y a des doutes persistants quant à la capacité de l’Otan et de la Russie à forger un partenariat sérieux », conclut l’IISS.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie « se débat avec le problème gigantesque » de la modernisation de ses forces armées, qui restent dominées par des officiers dont beaucoup pensent et agissent encore comme pendant la Guerre froide, souligne l’IISS. Le rythme des progrès a été critiqué et le ministre de la Défense Sergueï Ivanov paraît trop favorable au point de vue des militaires de son administration, semblant parfois « déphasé par rapport à la vision plus large du président Vladimir Poutine ». « Après les attentats du 11 septembre, Poutine et Ivanov ne parlaient visiblement pas d’une seule voix, particulièrement sur la question des bases américaines en Asie centrale », relève le rapport. « Le ministère russe de la Défense reste dominé par un personnel largement militaire, dont beaucoup de membres persistent dans leurs pratiques...