Le sélectionneur de l’équipe de France de football, Jacques Santini, a imposé sa méthode depuis sa désignation au mois de juillet et a ainsi rempli son premier objectif, avec trois victoires en autant de matches de qualifications pour l’Euro 2004. D’abord, il a instillé dans la sélection une touche d’humilité dont les Bleus, présentés comme invicibles, semblaient singulièrement dénués avant le Mondial 2002. « Lorsqu’on a préparé le match contre Malte, on a parlé vigilance et respect de l’adversaire », explique-t-il. « Il faut un rappel aux bases simples », poursuit-il, admettant que la gifle reçue en Asie a sans doute rendu les joueurs plus réceptifs à son discours. « L’échec peut faire du bien ». Ensuite, avec rigueur et patience, l’ancien entraîneur de Lyon a progressivement remis les Bleus sur pieds : « En souffrant face à Chypre (2-1), en étant dans le vif du sujet, on a pu asseoir quelques repères. On a ensuite reconquis la confiance des supporteurs face à la Slovénie (5-0). La préparation du match contre Malte (4-0) a donc été sereine ». Une rigueur matinée de perfectionnisme : « Il faudra être plus performant sur les coups de pieds arrêtés », note-t-il, tout comme il déplore « la période de 10-12 minutes où les joueurs ne maîtrisaient pas leur sujet face à la Slovénie ». « Ces trois matches, en y incluant la rencontre face à la Tunisie (1-1 en amical), nous donnent des premières bases solides. Il fallait réinsuffler une vie et une dynamique de groupe. Maintenant, on va essayer d’avancer tranquillement », explique-t-il sans se laisser griser, louant plutôt une nouvelle fois le « comportement professionnel et compétitif » de ses hommes. « Encore et encore » Il entend bien prolonger ce comportement à travers ses choix à venir, forcément de plus en plus compliqués après les deux dernières démonstrations. Une difficulté de plus au sein d’une équipe, forte de la « complémentarité des duos », où il va être bien compliqué de se faire une place. « J’assumerai les futurs choix, assure-t-il. Je n’oublie pas ceux qui n’étaient pas là. La compétition recommence pour ceux qui veulent intégrer l’équipe de France. Il y a une compétitivité saine et établie, il faudra être à 100 % ». En matière de communication, l’ancien Stéphanois a également imposé ses vues. Là où son prédécesseur, Roger Lemerre, semblait hors sujet, Santini s’est montré disponible auprès de ses joueurs, multipliant « encore et encore » les entretiens personnels. « Après la Slovénie, Titi (Thierry Henry, auteur de deux buts contre Malte, ndlr) était bougon parce qu’il n’avait pas mis de but. On a travaillé, on a parlé, et j’étais persuadé qu’il allait marquer. » Quant aux rendez-vous médiatiques, Santini, naguère réputé rétif à ce genre d’exercices, se révèle aujourd’hui beaucoup plus disponible, de plus en plus habile malgré ses phrases à multiples incidentes, et, surtout, bien moins défiant que l’ancien titulaire du poste. Mais, finalement, pas question pour autant pour Santini de parler de révolution. Lui préfère s’en remettre inlassablement aux mêmes mots : « Repères, confiance, stabilité ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le sélectionneur de l’équipe de France de football, Jacques Santini, a imposé sa méthode depuis sa désignation au mois de juillet et a ainsi rempli son premier objectif, avec trois victoires en autant de matches de qualifications pour l’Euro 2004. D’abord, il a instillé dans la sélection une touche d’humilité dont les Bleus, présentés comme invicibles, semblaient singulièrement dénués avant le Mondial 2002. « Lorsqu’on a préparé le match contre Malte, on a parlé vigilance et respect de l’adversaire », explique-t-il. « Il faut un rappel aux bases simples », poursuit-il, admettant que la gifle reçue en Asie a sans doute rendu les joueurs plus réceptifs à son discours. « L’échec peut faire du bien ». Ensuite, avec rigueur et patience, l’ancien entraîneur de Lyon a progressivement remis les Bleus...