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La polygamie connaît un regain de faveur

Illégale au regard de la Constitution et du code de la famille russes, la polygamie connaît un regain de faveur dans la République caucasienne d’Ingouchie depuis la fin de l’URSS. Impossible à chiffrer puisque les mariages successifs consacrés par l’imam n’ont aucune valeur juridique, elle toucherait deux à dix pour cent des hommes ingouches, le frein principal à son expansion n’étant nullement la peur d’une sanction, mais la pauvreté de cette république. Les épouses des hommes les plus aisés ont le plus souvent chacune leur maison dans une même enceinte, ce qui permet d’éviter les frictions. Avant qu’ils ne se convertissent à l’islam à la fin du XIXe siècle, le nombre de femmes que pouvaient épouser les Ingouches était illimité. Il semble qu’aujourd’hui l’usage soit un maximum de quatre épouses, comme le veut la loi islamique. Les enfants porteront tous le nom du père et auront un même droit à l’héritage. Le débat sur la polygamie a resurgi en Russie lorsque l’ancien président ingouche, Rouslan Aouchev, l’a légalisée par décret en juillet 1999. Il avait justifié cette mesure par la nécessité d’augmenter la population ingouche, saignée par les déportations de masse de 1943-44 décrétées par Staline sous prétexte de collaboration avec les nazis. Très vite cependant, Moscou avait exigé l’annulation du décret. « Aucun décret n’est nécessaire sur cette question. Officialiser la polygamie reviendrait à signer un décret pour que la neige tombe en hiver », a récemment souligné le nouveau président ingouche, Mourat Ziazikov, un ancien général du FSB (ex-KGB), élu grâce au soutien du Kremlin. « Il ne faut pas oublier les traditions, il n’est pas non plus nécessaire de les mettre en avant », a-t-il déclaré à l’AFP. Si les femmes d’un certain âge sont résignées à l’égard de cette coutume, les plus jeunes y sont pour la plupart opposées même si elles n’ont pas les moyens de s’y soustraire dans une société où le divorce est exceptionnel et la femme divorcée très mal considérée. Magomed, un chauffeur de taxi de 28 ans, a ainsi épousé une seconde femme sans prévenir la première et sans dire à sa nouvelle épouse qu’il était déjà marié. « J’ai dit à ma première épouse, si cela ne te plaît pas tu t’en vas. Elle est restée. C’est l’homme qui décide », conclut-il.
Illégale au regard de la Constitution et du code de la famille russes, la polygamie connaît un regain de faveur dans la République caucasienne d’Ingouchie depuis la fin de l’URSS. Impossible à chiffrer puisque les mariages successifs consacrés par l’imam n’ont aucune valeur juridique, elle toucherait deux à dix pour cent des hommes ingouches, le frein principal à son expansion n’étant nullement la peur d’une sanction, mais la pauvreté de cette république. Les épouses des hommes les plus aisés ont le plus souvent chacune leur maison dans une même enceinte, ce qui permet d’éviter les frictions. Avant qu’ils ne se convertissent à l’islam à la fin du XIXe siècle, le nombre de femmes que pouvaient épouser les Ingouches était illimité. Il semble qu’aujourd’hui l’usage soit un maximum de quatre...