Horst Köhler, directeur général du Fonds monétaire international, souhaite une baisse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, tout en reconnaissant que la BCE aurait les coudées plus franches si les réformes étaient plus avancées en Europe. Prié de dire, lors d’un entretien publié hier par le Welt am Sonntag, s’il s’attendait à une baisse des taux de la BCE, il s’est contenté de dire : « C’est ce que j’aimerais. » « Je pense qu’il serait plus facile à M. Duisenberg (le président de la BCE) et à ses collègues de prendre leur décision s’ils savaient qu’une réforme structurelle, sur laquelle s’appuieraient la productivité et la croissance en Europe, était lancée avec détermination », observe le patron du FMI. Les grandes économies – allemande, française et italienne – n’assument pas leurs responsabilités alors qu’elles devraient adopter des réformes indispensables, ajoute-t-il, en se montrant particulièrement critique à l’endroit de l’Allemagne. « Regardez l’Allemagne, dit-il. Le marché du travail y est l’objet d’une surréglementation catastrophique, les dépenses de santé échappent à tout contrôle, les universités sont inefficaces et (le ministre des Finances) Hans Eichel aura bien de la peine à respecter les objectifs de Maastricht car le déficit budgétaire structurel risque, semble-t-il, d’augmenter. » « L’Allemagne a cruellement besoin de réformes et les baisses de taux d’intérêt ne régleront pas le problème », affirme Köhler. Dans cet entretien, le directeur du FMI s’attend à ce que les dirigeants des Banques centrales surveillent de près les indicateurs économiques et l’apparition de premiers signes d’inflation pour prendre les bonnes décisions sur le taux et assurer ainsi la stabilité budgétaire. Tout en reconnaissant que de nombreux éléments affectent l’économie mondiale, Köhler déclare : « Mais il ne faut pas ignorer les facteurs positifs. L’économie mondiale a fait preuve d’une étonnante résistance, l’économie américaine s’appuie sur un niveau plus élevé de productivité et il y a des régions du monde, dont l’Europe de l’Est et l’Asie, à l’exception du Japon, qui restent stables avec une forte croissance. » « Nous nous attendons à ce que la reprise mondiale se poursuive, même si c’est avec des faux pas et un certain degré d’incertitude. Mais si l’on avance des prévisions trop optimistes, les marchés croient que l’on cherche à enjoliver la situation. » Dans cet entretien, Köhler se félicite par ailleurs de la décision de la Commission européenne de repousser de deux ans, jusqu’à 2006, son objectif de rééquilibrage budgétaire. « C’est une proposition de bon sens. Si les États de l’Union européenne voulaient équilibrer leur budget d’ici à 2004, il leur faudrait réduire en permanence leurs investissements. Ce ne serait pas bon pour l’économie. Si le délai est repoussé à 2006 mais si l’objectif de déficit de 3% (du PIB) est maintenu, le pacte de stabilité et de croissance conserve sa crédibilité. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Horst Köhler, directeur général du Fonds monétaire international, souhaite une baisse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, tout en reconnaissant que la BCE aurait les coudées plus franches si les réformes étaient plus avancées en Europe. Prié de dire, lors d’un entretien publié hier par le Welt am Sonntag, s’il s’attendait à une baisse des taux de la BCE, il s’est contenté de dire : « C’est ce que j’aimerais. » « Je pense qu’il serait plus facile à M. Duisenberg (le président de la BCE) et à ses collègues de prendre leur décision s’ils savaient qu’une réforme structurelle, sur laquelle s’appuieraient la productivité et la croissance en Europe, était lancée avec détermination », observe le patron du FMI. Les grandes économies – allemande, française et italienne –...