Pour les islamistes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique, l’intifada, deux ans après son déclenchement, est loin de s’essouffler. Au contraire, promettent-ils, celle-ci va s’intensifier jusqu’à ce que les Palestiniens atteignent leurs objectifs nationaux. Le rythme des attentats-suicide qui portent leur signature s’est ralenti ces derniers mois – Israël ayant notamment connu une période de six semaines sans opération kamikaze (du 5 août au 17 septembre) – mais les deux mouvements disent se préparer pour une nouvelle guerre d’usure, dont la bande de Gaza, leur fief, serait le prochain champ de bataille. « Nous devons faire face torses nus à une brutalité extrême, armés de notre seule détermination », dit Ismaïl Abou Chanab, l’un des chefs politiques du Hamas. Pour lui, le soulèvement des Palestiniens a obtenu des résultats dépassant leurs espérances : les activistes ont affiné leur technique des explosifs (parvenant à détruire des chars israéliens) et réussi à s’introduire dans des colonies juives sous haute surveillance et a causer des ravages dans les villes israéliennes. Abdelaziz el-Rantissi, autre dirigeant du Hamas, et Mohammed el-Hindi, chef du Jihad islamique, sont convaincus, de leur côté, que, à la fin du mois de septembre, lorsque l’intifada entrera dans sa troisième année, les Israéliens vont envahir la bande de Gaza, où vivent plus d’un million de Palestiniens. Les incursions israéliennes dans ce territoire exigu, de plus en plus fréquentes et meurtrières, sont un « entraînement » en vue d’une invasion, estime M. Abou Chanab. « Mais ils seront prisonniers à l’intérieur de leurs chars. Pour notre résistance, cela nous fournira simplement davantage de cibles, au lieu de nous obliger à aller en Israël », ajoute-t-il. M. el-Hindi estime qu’Israël attendra que les États-Unis attaquent l’Irak avant de s’en prendre à la bande de Gaza, qu’il avait semblé à deux doigts d’envahir en mai après un attentat-suicide particulièrement meurtrier. Pour les trois chefs islamistes, le peuple palestinien n’est pas las, au contraire, disent-ils, les groupes d’activistes en Cisjordanie occupée s’activent pour s’unir afin de lancer une nouvelle vague d’attaques et d’attentats. M. Abou Chanab estime que l’intifada – qui a déjà fait 2 500 morts – pourrait atteindre son objectif, la fin de l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, dans trois ans, mais pour M. Hindi le conflit durera aussi longtemps qu’il le faudra. Les trois responsables s’accordent à dire que le peuple palestinien a montré son endurance après 35 ans d’occupation. « Nous sommes habitués aux mauvaises conditions de vie, nous sommes ainsi moins perdants que les Israéliens », a indiqué M. Abou Chanab. Le Hamas et le Jihad ne reconnaissent pas le droit à l’existence d’Israël et veulent établir, à terme, un État islamique sur tout le territoire que couvrait la Palestine sous le mandat britannique. À Damas, le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré que les attentats-suicide contre Israël « se poursuivront » et que la « bataille est ouverte » jusqu’à ce que les Palestiniens atteignent leurs « objectifs nationaux ». Déplorant que la société de Gaza vive dans une « culture de la mort », Iyad Sarraj, psychologue dans cette ville, constate que les « musulmans fanatiques », comme il les appelle, « ont une grande emprise sur la société » palestinienne et sont prêts à utiliser le désespoir du peuple palestinien pour lancer d’autres attentats. « Les Palestiniens sont moralement très affectés. Si leur chef est impotent, les autorités corrompues, où aller ailleurs que chez Dieu ? » demande-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour les islamistes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique, l’intifada, deux ans après son déclenchement, est loin de s’essouffler. Au contraire, promettent-ils, celle-ci va s’intensifier jusqu’à ce que les Palestiniens atteignent leurs objectifs nationaux. Le rythme des attentats-suicide qui portent leur signature s’est ralenti ces derniers mois – Israël ayant notamment connu une période de six semaines sans opération kamikaze (du 5 août au 17 septembre) – mais les deux mouvements disent se préparer pour une nouvelle guerre d’usure, dont la bande de Gaza, leur fief, serait le prochain champ de bataille. « Nous devons faire face torses nus à une brutalité extrême, armés de notre seule détermination », dit Ismaïl Abou Chanab, l’un des chefs politiques du Hamas. Pour lui, le soulèvement des...