À partir du mardi 1er octobre et jusqu’au samedi 6 octobre, Cahors, ville du département du Lot en France (réputée entre autres pour son vin), hissera les couleurs du Liban. En effet, au cours de cette semaine, cette ville de la région toulousaine accueillera des artistes du Liban, dans le cadre de la première édition de son festival, intitulé « Visages francophones ». « Le Liban est invité pour ce qu’il est : ce lieu de la diversité et du partage possibles, rêvés... des cultures et des langues », indique le directeur du festival, M. José Sobrecases, en introduction de la brochure des activités. Un programme qui présente aux Cadurciens une sélection (faite en collaboration avec le ministère libanais de la Culture) de manifestations artistiques et culturelles qui incarnent l’intensité créative du pays du cèdre. Au menu de cette semaine libanaise donc : Musique – Mardi 1er octobre, ouverture des festivités avec Toufic Farroukh et l’Absolut Orkestra. Toufic Farroukh est saxophoniste. Il a étudié au conservatoire de Paris. Il est également compositeur. À une trame de jazz, il incorpore des sonorités orientales au moyen d’instruments traditionnels comme le oud ou le nay. Ses enregistrements CD (Ali on Broadway, Little Secrets ou encore Drab Zeen) créent un univers à la fois nostalgique et actuel. À l’Auditorium de Cahors, il se produira accompagné de sa formation baptisée Absolut Orkestra. Dix musiciens qui maîtrisent les instruments modernes et traditionnels (piano, synthé, oud, banjo, nay, basse, violon, trombone, congas, djembé, percussion, guitare électrique). – Mercredi 2 octobre, le violoniste Nidaa Abou Mrad, accompagné de l’Ensemble de musique arabe classique, donnera à la cathédrale St-Étienne une interprétation vocale et instrumentale de l’oratorio L’annonce faite à Marie. Une œuvre qu’il a composée à partir de versets de l’Évangile et du Coran ainsi que des textes de mystiques musulmans et chrétiens. – Jeudi 3 octobre, place à la musique actuelle avec Kitaa B, un groupe de rap et de hip-hop, dont les textes en arabe, en français et en anglais évoquent les problèmes auxquels les jeunes Libanais sont confrontés : corruption, chômage, droits civiques... – Vendredi 4, ce sera Charbel Rouhana, l’une des figures du oud moderne, qui allie la musique traditionnelle orientale et le jazz, qui se produira accompagné de Abboud Saadi à la guitare basse, Tom Horning au saxophone, Fouad Afra à la batterie et Arthur Satian au clavier, à l’Auditorium de Cahors. – Samedi 5, concert des Soap Kills, le groupe qui a revisité les chansons du répertoire arabe en y introduisant un son « électro-mélodique ». Zad Moultaka, compositeur-pianiste, présentera sa dernière œuvre, créée pour le Festival de Beiteddine 2002, Mouachahat. Inspirée des thèmes arabo-andalous, des variations pour piano, luth oriental, percussion et voix. Celle en l’occurrence de Fadia el-Hage. Théâtre, spectacles et danse – Mardi 2 octobre, Ziyad Sahhab et son groupe Chehhadine ya baladna, Toufic Farroukh, Nabil el-Azan, Zad Moultaka, Abbas Baydoun et Iskandar Habache ainsi que d’autres invités libanais et français vont mêler leurs voix, leurs musiques et leurs textes au cours d’une soirée baptisée «Cahors Cosmo(s) polis». On y entendra les mots de Georges Schéhadé et un hommage spécial sera rendu à Nadia Tuéni. Au programme également, le théâtre libanais de marionnettes avec un spectacle bilingue, Yalla Ynam Morjane, écrit et mis en scène par Karim Dakroub. Lequel a obtenu la médaille d’or de la meilleure pièce de théâtre pour enfants au Festival du Caire en 1998. – Jeudi 3 octobre : Le collier d’Hélène , une pièce de Carole Fréchette mise en scène par Nabil el-Azan sera interprétée par les comédiens libanais, palestinien, syrien et français de la compagnie La Barraca. – Vendredi 4 octobre, le conteur Jihad Darwich animera une veillée où s’entremêlent le merveilleux des Mille et une nuits, la sagesse traditionnelle et le sourire. Le même soir à 20h30, Omar Rajeh, chorégraphe, danseur et metteur en scène, présentera Beyrouth Jaune , une danse-performance avec accompagnement musical live (oud, percussion et batterie). Un spectacle d’une trentaine de tableaux, interprété par six comédiens-danseurs et qui entremêle danse, action, mouvement, paroles et musique pour former un manifeste contre le chômage, la liberté refoulée, l’immigration, le racisme, les divergences sociales... – Samedi 5 octobre: Praline Gay-Para, conteuse d’origine libanaise racontera aux enfants (à la librairie Paginaire) les légendes méditerranéennes couplées de mythes sud-américains, asiatiques ou même des Caraïbes. Rencontres d’auteurs Du jeudi au samedi à la librairie Calligramme, Abbas Baydoun et Iskandar Habache, poètes libanais d’expression arabe, Alain Tasso, poète d’expression française, directeur des cahiers littéraires et artistiques Péristyles, présenteront leurs ouvrages et participeront à des rencontres et des lectures publiques. L’événement phare dans le domaine littéraire sera sans doute la présentation-signature de l’ouvrage Un siècle pour rien. Le Moyen-Orient arabe de l’empire ottoman à l’empire américain (éditions Albin Michel), par Jean Lacouture, Ghassan Tuéni et Gérard D. Khoury, le vendredi 4 octobre. Un livre à trois voix, dans lequel les trois coauteurs retraçent les grandes étapes du siècle écoulé et s’interrogent sur le désarroi actuel du monde arabe. Expositions Nadine Begdache, propriétaire de la galerie Janine Rubeiz, présentera, du mardi au vendredi, à la Chantrerie de Cahors, une sélection de peintures de dix artistes libanais novateurs : Nada Akl, Philippe Akl, Joseph Chahfé, Bassam Geitani, Fadia Haddad, Charles Khoury, Georges Nadra, Joana Rizk, Hanibal Srouji et Mahmoud Zibawi. Et du mercredi au samedi, le Musée Henri Martin offrira ses cimaises aux photographies «artistico-ethniques» de Roger Moukarzel. Des images de la vie quotidienne de maronites et de druzes de la montagne libanaise, tirées de la série intitulée «Traits Portraits», et des portraits de femmes voilées, de différentes confessions, musulmanes et chrétiennes, regroupées sous le titre Le voile. Cinéma Une sélection de quatre longs métrages de jeunes cinéastes libanais sera projetée dans les salles de Cahors, du mercredi au samedi. Artisanat et gastronomie Des mini-souks organisés par l’Artisan du Liban proposeront différents produits d’artisanat (marqueterie, verrerie, vannerie, coutellerie, etc.) Et des artisans feront démonstration de leur savoir-faire sur place. Et enfin, des chefs libanais proposeront dans différents restaurants de la ville des menus spécifiques. Des stands de restauration rapide et des dégustations de plats typiques ainsi que des apéritifs (arak, pistaches et narguilés) ajouteront les saveurs culinaires à ce festival des arts sous toutes ses formes.
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