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Washington compte sur un « blitzkrieg » à peu de frais

Une guerre contre l’Irak consistera en une campagne aérienne et des opérations commandos pour décapiter le régime, neutraliser un éventuel arsenal d’armes de destruction massive et retourner les populations civiles, un scénario à peu de frais, mais loin d’être assuré. Les États-Unis comptent sur une guerre-éclair, un « blitzkrieg » visant exclusivement le président Saddam Hussein, son entourage et les institutions du régime. Une éventuelle intervention militaire ne sera donc pas « Tempête du Désert 2 » et ne cherchera pas à détruire les infrastructures en Irak ou les concentrations de troupes comme ce fut le cas en 1991, selon plusieurs responsables américains, cités ce week-end par des médias américains. « Notre intérêt est d’intervenir très rapidement pour décapiter le régime et ouvrir l’accès à l’Irak de manière à montrer que nous sommes là comme des libérateurs et non pour occuper le pays », a confirmé l’un d’entre eux au quotidien Washington Post. Pour le lieutenant-général de l’US Air Force en retraite, Buster Glosson, qui avait conçu la stratégie de frappes aériennes massives de 1991, un déploiement massif de troupes terrestres relèverait d’ailleurs de l’inconscience face aux menaces d’éventuelles armes chimiques et biologiques. Il préconise des frappes aériennes continues et des opérations spéciales clandestines afin de créer le chaos, d’isoler Saddam Hussein de ses troupes et de couper Bagdad des principaux bastions, notamment la ville portuaire méridionale de Bassorah. « Si notre avantage asymétrique dans la conduite de la guerre est maximisé, Saddam ne durera pas plus de 30 jours », prédit-il. Le premier objectif sera de s’assurer une parfaite maîtrise du ciel à la faveur d’une attaque surprise. « Si on y va, on va frapper dur et fort afin de détruire au maximum ses structures militaires avant qu’il ait la moindre chance de réagir », pense l’expert militaire Jay Farrar, du Centre international d’études stratégiques et internationales (CSIS). Les premières frappes à l’aide de bombardiers furtifs et de missiles de croisière devraient donc viser en toute logique les sites de défense antiaérienne et les centres névralgiques de commandement et de communication. « On va aussi assister à de prudentes manœuvres pour prépositionner des forces spéciales et des troupes légères dans l’ouest de l’Irak. Une fois les frappes aériennes commencées, ces forces avanceront aussi vite que possible pour s’assurer un contrôle maximum du territoire », prévoit-il. Selon lui, les États-Unis mettront alors en place « un énorme pont aérien pour acheminer des renforts dans la région et cela se fera deux fois plus vite qu’en 1991 ». Le nombre des troupes ne devrait pas dépasser cette fois trois divisions (environ 100 000 hommes), soit cinq fois moins qu’il y a dix ans, selon des sources militaires citées par le Washington Post. Ce scénario à peu de frais comporte cependant de nombreux aléas. En premier lieu, la solidité du régime irakien. « La plupart des stratèges militaires américains à qui j’ai parlé sont persuadés que la clique d’officiers autour de Saddam Hussein le soutiendra et recourra à n’importe quel moyen de défense disponible en ultime ressort, y compris des armes chimiques ou biologiques », prévient Jay Farrar. Ensuite, l’imprévisibilité du président irakien qui, acculé, pourrait choisir la politique de la terre brûlée. « Il a peut-être des plans en place pour faire sauter ses installations pétrolières et ses raffineries », souligne l’expert. Enfin, et surtout, l’une des possibles conséquences désastreuses d’un tel plan d’attaque serait de pousser les troupes irakiennes au retranchement dans les villes, forçant les Américains à une guerre urbaine lourde de risques. « Cela deviendrait une bataille kilomètre par kilomètre, pâté de maison par pâté de maison », met en garde Jay Farrar.
Une guerre contre l’Irak consistera en une campagne aérienne et des opérations commandos pour décapiter le régime, neutraliser un éventuel arsenal d’armes de destruction massive et retourner les populations civiles, un scénario à peu de frais, mais loin d’être assuré. Les États-Unis comptent sur une guerre-éclair, un « blitzkrieg » visant exclusivement le président Saddam Hussein, son entourage et les institutions du régime. Une éventuelle intervention militaire ne sera donc pas « Tempête du Désert 2 » et ne cherchera pas à détruire les infrastructures en Irak ou les concentrations de troupes comme ce fut le cas en 1991, selon plusieurs responsables américains, cités ce week-end par des médias américains. « Notre intérêt est d’intervenir très rapidement pour décapiter le régime et ouvrir l’accès...