Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a souligné que l’objectif de la communauté internationale était la destruction de l’arsenal irakien, pas le renversement du président Saddam Hussein, dans un entretien diffusé hier par la BBC. « Nous souhaiterions tous profondément être débarrassés de Saddam Hussein (...), mais le sujet des discussions au Conseil de sécurité porte sur le danger que constitue le régime de Saddam Hussein », a dit M. Straw, qui a ainsi pris une certaine distance avec les États-Unis, pour qui un renversement de Saddam Hussein est un objectif déclaré de leur politique. Les chances d’un règlement politique ne sont pas épuisées, estime Moscou La Russie estime que les chances d’un règlement politique de la question irakienne sont « loin d’être épuisées », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, au lendemain de l’ultimatum du président américain à l’Irak. « Il est indispensable d’élaborer une position commune de la communauté internationale, qui réponde pleinement à la nécessité de renforcer la sécurité internationale, et de consolider la coalition antiterroriste », a indiqué le porte-parole du ministère, Boris Malakhov. La Russie est « d’accord avec le président des États-Unis George Bush sur la nécessité d’un lutte conjointe et déterminée contre le terrorisme mondial, précise le ministère. Mais nous estimons que le rôle central dans les efforts antiterroristes appartient à l’Onu. Ils doivent être fondés sur les principes communs et les normes du droit international. » Schröder toujours opposé à une guerre Le chancelier allemand Gerhard Schröder s’est dit satisfait hier que le président américain George W. Bush soit prêt à coopérer avec les Nations unies sur le désarmement de l’Irak, tout en réaffirmant son opposition à une intervention militaire. M. Schröder a ajouté qu’il était satisfait que l’objectif de faire revenir les inspecteurs en désarmement de l’Onu en Irak ait pris le pas sur la volonté de Washington de renverser le dirigeant Saddam Hussein. Le chancelier allemand a aussi indiqué qu’il n’avait pas connaissance d’un plan convaincant en ce qui concerne un éventuel après-guerre en Irak. L’UE satisfaite de voir Bush s’en remettre à l’Onu L’Union européenne s’est félicitée de voir le président George W. Bush disposé à travailler de concert avec les Nations unies sur le dossier irakien, invitant en outre Bagdad à se soumettre aux résolutions de l’Onu. Bush a envoyé « un signal important, fort et clair » expliquant pourquoi le monde devait s’inquiéter de l’Irak et reconnaissant l’autorité des Nations unies en la matière, note la Commission européenne dans un communiqué. Le communiqué, lu par le porte-parole de la Commission Gunnar Wiegand lors de son point presse quotidien, ne fait aucune allusion à une éventuelle intervention armée en Irak au cas où Bagdad refuserait de se plier aux exigences de l’Onu en matière de désarmement. De Villepin défend la nécessaire collégialité des décisions Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a répété à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu à New York l’opposition de la France à une action contre l’Irak qui ne serait pas décidée par le Conseil de sécurité. M. de Villepin a de nouveau plaidé pour « une responsabilité collective » face à la fois au refus de l’Irak de se plier aux résolutions de l’Onu, qui prévoient notamment le désarmement du pays, et aux menaces des États-Unis d’user de la force pour renverser Saddam Hussein. « Les mesures nécessaires doivent être arrêtées par la communauté internationale au terme d’un examen approfondi et transparent », a déclaré M. de Villepin. La France exige le retour des inspecteurs en désarmement de l’Onu, partis en 1998, « sans entrave, sans délai et sans condition », et M. de Villepin devrait rappeler cette position à son homologue irakien Naji Sabri, qu’il doit rencontrer aujourd’hui à New York. Les cours du pétrole progressent après l’escalade verbale Aziz/Bush Les cours du pétrole progressaient hier après-midi, après des propos intransigeants du vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz et du président américain George W. Bush. Vers 14h45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, référence sur l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, s’échangeait à 28 dollars, contre 27,73 jeudi soir. À New York, le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en octobre gagnait 30 cents à 29,15 dollars. Selon Kevin Norrish, analyste chez Barclays Capital, le marché a réagi au titre d’une dépêche d’une agence de presse affirmant que l’Irak refusait le retour des inspecteurs en désarmement de l’Onu. « Le marché a pris ce titre au premier degré », a indiqué l’analyste, soulignant que les investisseurs souhaitent couvrir leurs positions à l’approche du week-end. Le marché du pétrole est nerveux à l’approche du week-end car les incertitudes seront nombreuses la semaine prochaine, alors que la réunion mercredi à Osaka (Japon) de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) s’ajoute à la crise irakienne, a expliqué Kevin Norrish. « Les prix seront élevés parce que nous attendons non seulement la réunion de l’Opep, mais aussi la résolution en cours d’élaboration » aux Nations unies, a-t-il souligné. Le gouvernement « le plus effrayant » de l’histoire américaine... Le gouvernement de George Bush junior est « le plus effrayant » qu’aient jamais connu les États-Unis, a estimé à Oslo la colauréate du prix Nobel de la paix 1997, l’Américaine Jody Williams, en dénonçant le cap de plus en plus « unilatéraliste » de la politique américaine. « Il est pire que Reagan, il est pire que Nixon. Il voit le monde en noir et blanc », a-t-elle déclaré à une poignée de reporters en marge de la publication d’un rapport sur les mines antipersonnel. Mme Williams s’est déclarée hostile à une éventuelle attaque américaine contre l’Irak qui serait, selon elle, « une violation du droit international ». Mandela dénonce à nouveau la politique US porteuse de « chaos » Nelson Mandela a de nouveau dénoncé hier l’unilétaralisme belligérant des États-Unis, porteur selon lui de « chaos » international, affirmant que quiconque recherche la paix et la stabilité dans le monde doit s’en remettre aux Nations unies. « En fait, les Nations unies ont réussi à faire advenir la paix au-delà de nos espérances » au fil des ans, a déclaré l’ancien président sud-africain. « Le message qui est envoyé par les États-Unis, c’est “Si vous craignez (un veto de) l’Onu, faites comme bon vous semble” », a déclaré M. Mandela. « Comme je l’ai déjà dit, cela revient à engendrer du chaos dans les relations internationales, et doit être condamné dans les termes les plus forts », a-t-il ajouté, réaffirmant qu’il n’y a « aucun doute » à son avis que les États-Unis sont une menace pour la paix mondiale. La représentation irakienne à Damas s’installe face à… l’ambassade US Le nouveau siège de la section des intérêts irakiens en Syrie a ouvert fin août ses portes à Damas... en face de l’ambassade des États-Unis. Un portrait du président irakien Saddam Hussein est accroché sur un mur du bâtiment irakien, face au drapeau américain flottant sur l’ambassade américaine, dans le quartier huppé de Malki, dans l’ouest de la capitale syrienne. Des photos d’enfants squelettiques « du fait de l’embargo » et d’édifices irakiens détruits par des bombardements américains trônent à côté du portrait du président irakien. La Syrie et l’Irak, gouvernés par des branches rivales du parti Baas, n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980. Les deux pays ont commencé néanmoins à se rapprocher en 1997. Une section des intérêts irakiens a été ouverte en mars 2000 à Damas, suivie en mai 2001 par une représentation syrienne du même niveau à Bagdad.
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