Guy Roux fêtait hier soir (lors d’Auxerre-Bastia) son 782e match sur un banc de première division, vingt ans après sa première rencontre d’entraîneur de D1 avec Auxerre déjà et déjà contre Bastia. L’entraîneur auxerrois a ainsi égalé le record de Kader Firoud, qui a dirigé pendant un quart de siècle Nîmes, Toulouse et Montpellier. Guy Roux, lui, n’a connu qu’un seul club. Après avoir fréquenté les équipes de jeunes et d’amateurs, il devient à 21 ans, en 1961, l’entraîneur-joueur de l’AJA en division d’honneur de Bourgogne. Auxerre accède à la division 3 en 1970, à la division 2 en 1974, mais Guy Roux ne s’assied pour la première fois sur un banc de D1 que le 24 juillet 1980. Il a alors 40 ans. « C’était contre Bastia, à Toulon, puisque Furiani était suspendu, se souvient-il. Nous avions pris un méchant coup franc, je le revois encore transpercer notre mur. Nous avions perdu 2 à 0. J’étais content, je venais de la DH. Jouer en D1, c’était formidable. » À l’époque, Guy Roux est loin de penser qu’il passera toute sa vie d’entraîneur à diriger l’AJA au plus haut niveau. « J’ai failli partir exercer ailleurs, mais cela ne s’est jamais réalisé. Parfois, je n’étais pas en fin de contrat, d’autres fois, je n’avais pas envie de partir. À Auxerre, j’ai toujours eu envie de voir les jeunes s’épanouir », dit-il. Guy Roux donne deux explications à sa longévité. « La première, c’est que j’ai toujours eu la confiance du président Hamel et sa patience également, dit-il. La deuxième, c’est qu’en 22 ans de D1, on n’a été que quatre fois mal classés, ce qui est relativement peu. » « Je ne suis pas un extraterrestre » De son expérience, Guy Roux tire la conclusion que « le métier d’entraîneur est devenu, au fil des années, un métier très difficile ». « Si on m’enlève moi et Joël Muller, je pense que l’on n’atteint pas deux ans de présence en moyenne, c’est terrible. Ça veut dire que les clubs ne se donnent pas le temps de construire, que le premier mauvais vent fait chavirer la barque », dit-il. Il reconnaît qu’il existe beaucoup de clubs où sa carrière se serait arrêtée durant la saison 1981-1982, lorsque Auxerre n’avait obtenu qu’un point en cinq matches. « Nous nous sommes finalement sauvés en terminant 15es. L’année suivante, nous avons fini huitièmes et, l’année d’après, nous nous sommes qualifiés pour la Coupe d’Europe », se souvient-il. La confiance des dirigeants est vraiment capitale. Guy Roux maintient contre vents et marées qu’il n’est « pas un extraterrestre » et qu’il a construit sa carrière par des voyages, des conseils et l’écoute des autres. « Plusieurs entraîneurs ont été très importants pour moi. Pierre Flamion en particulier. Il a entraîné Limoges, c’était un grand maître de la psychologie. C’est grâce à lui que je me suis lancé dans la carrière d’entraîneur, précise-t-il. Il y a aussi Albert Batteux, qui m’a beaucoup appris, et puis plus récemment Jean-Claude Suaudeau et Michel Le Millinaire. » Guy Roux, qui aura 64 ans le 18 octobre, ne s’est fixé aucune date de fin de carrière. Sauf problème physique comme la crise cardiaque qu’il a subie en novembre 2001, il dépassera la barre des 800 matches sur un banc de Ligue 1 cette saison. « Je ne suis pas un extraterrestre, non. Je l’ai été une nuit quand j’étais entre la terre et le ciel, mais je suis les pieds bien ancrés sur la pelouse. C’est l’amour du foot qui m’amène à faire tout ça », dit-il. « J’ai essayé de ne plus être entraîneur pendant un an (ndlr : saison 2000/2001, remplacé par Daniel Rolland), et j’ai été très malheureux. Le problème se reposera sans doute un jour, mais pas tout de suite. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Guy Roux fêtait hier soir (lors d’Auxerre-Bastia) son 782e match sur un banc de première division, vingt ans après sa première rencontre d’entraîneur de D1 avec Auxerre déjà et déjà contre Bastia. L’entraîneur auxerrois a ainsi égalé le record de Kader Firoud, qui a dirigé pendant un quart de siècle Nîmes, Toulouse et Montpellier. Guy Roux, lui, n’a connu qu’un seul club. Après avoir fréquenté les équipes de jeunes et d’amateurs, il devient à 21 ans, en 1961, l’entraîneur-joueur de l’AJA en division d’honneur de Bourgogne. Auxerre accède à la division 3 en 1970, à la division 2 en 1974, mais Guy Roux ne s’assied pour la première fois sur un banc de D1 que le 24 juillet 1980. Il a alors 40 ans. « C’était contre Bastia, à Toulon, puisque Furiani était suspendu, se souvient-il. Nous avions...