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Actualités - Opinion

Déjà des spéculations sur la prochaine présidentielle

Les salons politiques bruissent déjà de spéculations variées sur la prochaine présidentielle. On parle tantôt de reconduction ou de prorogation du mandat du président Lahoud. Et l’on mise tantôt sur tel ou tel autre candidat. Cette agitation fait sourire un ténor de la Chambre, dont le nom est volontiers cité parmi les partants de la course. Il relève que l’échéance est tout simplement trop éloignée. Et que les décideurs, c’est normal, ne font leur choix qu’en fonction des circonstances, régionales et intérieures, du moment même. Avec, souvent, une bonne dose de surprises. Il est ainsi arrivé que beaucoup s’endorment avec la certitude de se lever présidents, pour apprendre le lendemain qu’ils ont été supplantés. Pour ce sage, il est absurde, dans ces conditions, que des regroupements se fassent, que des alliances soient contractées dès à présent sur base de la présidentielle. D’autant que, souligne-t-il avec insistance, les options sont prises en définitive à l’extérieur, sans trop tenir compte du point de vue local. C’est d’ailleurs là une solide tradition, si l’on peut dire. Sous le Mandat, c’était évidemment le haut-commissaire qui dictait aux députés le choix du nouveau président, sous peine d’être renvoyés dans leurs foyers. Une fois l’indépendance acquise, le processus est devenu moins direct, plus subtil. C’était un ballet d’ambassadeurs étrangers ou d’envoyés qui faisaient pression pour aligner la majorité parlementaire sur leurs vues. Chaque six ans, on présentait aux Libanais un président qui se posait en sauveur de la patrie et qui était plus ou moins parachuté. En filigrane de la bataille entre cheikh Béchara el-Khoury et Émile Eddé, il y avait un bras de fer entre les Anglais et les Français, secondés sur le plan arabe par Moustapha Nahas Pacha et par Chucri Kouatly. Camille Chamoun a été soutenu par les Britanniques qui ont pu mobiliser pour lui les musulmans, en sus d’une intervention d’Adib Chichakli, face à Hamid Frangié qui bénéficiait des faveurs des chrétiens. Fouad Chéhab a été élu par décision commune américano-nassérienne et Raymond Eddé ne s’est opposé à lui que pour sauver la face de la démocratie. L’avènement de Charles Hélou était le fruit d’un consensus arabo-international. Seule exception : l’élection de Sleiman Frangié, effectuée dans un contexte intégralement local. Puis la série a repris avec Élias Sarkis, désigné sur décision US approuvée par la Syrie. Béchir et Amine Gemayel ont ensuite accédé à la présidence sous l’occupation israélienne. René Moawad a été élu sur base d’un accord saoudo-américain adopté par la Syrie. Puis, inversion des rôles pour Élias Hraoui, la décision appartenant à Damas avec approbation US. Et il en a été de même pour la dernière édition de la présidentielle. D’où on peut déduire, répète le député cité, que le mot d’ordre concernant la succession du président Lahoud ne sera donné que quelques semaines, voire quelques jours, avant la date du scrutin. Il déplore dès lors que l’on se mette en campagne aussi prématurément. En notant que les intrigues, les manœuvres préparatoires, les crocs-en-jambe vont se multiplier très vite. d’autant que la liste des candidats potentiels est longue. La compétition ainsi lancée va certainement, à son avis, contribuer à déstabiliser politiquement le pays. Alors qu’il a besoin de calme sur tous les fronts. Aussi bien pour parer à toute éventualité sur le plan régional que pour lutter contre la récession économique. Il reste cependant que dans toute phase finale de régime, les loyalistes parlent à dessein de reconduction. Pour que le pouvoir en place ne perde pas de son autorité et de son influence. Mais le contre-effet de ce réflexe est d’ouvrir trop tôt une bataille qui en tout cas n’a pas lieu d’être. Puisque, répète le parlementaire, la décision reste ailleurs. Émile KHOURY
Les salons politiques bruissent déjà de spéculations variées sur la prochaine présidentielle. On parle tantôt de reconduction ou de prorogation du mandat du président Lahoud. Et l’on mise tantôt sur tel ou tel autre candidat. Cette agitation fait sourire un ténor de la Chambre, dont le nom est volontiers cité parmi les partants de la course. Il relève que l’échéance est tout simplement trop éloignée. Et que les décideurs, c’est normal, ne font leur choix qu’en fonction des circonstances, régionales et intérieures, du moment même. Avec, souvent, une bonne dose de surprises. Il est ainsi arrivé que beaucoup s’endorment avec la certitude de se lever présidents, pour apprendre le lendemain qu’ils ont été supplantés. Pour ce sage, il est absurde, dans ces conditions, que des regroupements se fassent, que...