Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Supachai Panitchpakdi : un négociateur accompli

Le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi n’aura pas trop du talent de négociateur accompli que lui prêtent ses anciens collaborateurs pour relever les défis l’attendant en tant que directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Toutefois, jamais le directeur général de l’OMC n’aura été aussi bien préparé à la tâche. M. Supachai remplace le Néo-Zélandais Mike Moore à l’issue d’une des batailles les plus épiques jamais menées pour la direction d’un grand organisme international, et qui s’était soldée par un arrangement inédit : l’octroi à chacun des deux candidats – l’un du Nord, l’autre du Sud – d’un mandat de trois ans. Premier Thaïlandais à s’imposer sur la scène internationale depuis des décennies, M. Supachai, 55 ans, ancien banquier et ancien ministre du Commerce, est un économiste réputé et un partisan convaincu du libre-échange. Ancien président de la Thai Military Bank, la cinquième banque du pays, il est d’abord entré au gouvernement en 1986 sous Prem Tinsulanonda, comme vice-ministre des Finances. De 1992 à 1995, il a été vice-Premier ministre chargé des affaires économiques dans les années de boom, puis de nouveau au gouvernement à partir de novembre 1997 lorsque le Premier ministre démocrate Chuan Leekpai a été reconduit aux affaires en pleine tourmente économique et sociale. Au poste de ministre du Commerce, « le Dr Supachai », vétéran du Parti démocrate, a pu jauger le coût social et humain de l’effondrement brutal d’une économie en plein boom. Ce spécialiste des dossiers internationaux a été en particulier responsable du suivi du plan de redressement de 17,2 milliards de dollars piloté par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en faveur de la Thaïlande, dans un contexte de dépression économique et sociale sans précédent. Depuis son départ du gouvernement, cet homme ouvert et affable et qu’on dit parfois un peu hors de son temps – il aurait mis longtemps avant de s’équiper d’un téléphone portable – a gardé un profil bas, se tenant à l’écart des manœuvres de la politique thaïlandaise. À Genève, M. Supachai emporte non seulement la fierté de l’Asie de voir l’un des siens accéder pour la première fois à la tête d’un organisme multilatéral d’un tel poids, mais les aspirations de tous les pays en développement. Ceux-ci espèrent qu’il saura faire entendre leur voix dans les négociations commerciales planétaires. M. Supachai a promis qu’il tenterait de leur donner une vraie place à côté de l’Occident et du Japon. « J’espère que quand viendra la prochaine conférence ministérielle, nous verrons les pays développés faire des sacrifices pour que ce nouveau round soit vraiment celui du développement », déclarait-il en juin. Il a aussi exprimé sa volonté de mener de vraies réformes du système mondial du commerce alors que la mondialisation est sous un feu nourri de critiques depuis les violentes protestations qui ont transformé le sommet de Seattle en fiasco en 1999.
Le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi n’aura pas trop du talent de négociateur accompli que lui prêtent ses anciens collaborateurs pour relever les défis l’attendant en tant que directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Toutefois, jamais le directeur général de l’OMC n’aura été aussi bien préparé à la tâche. M. Supachai remplace le Néo-Zélandais Mike Moore à l’issue d’une des batailles les plus épiques jamais menées pour la direction d’un grand organisme international, et qui s’était soldée par un arrangement inédit : l’octroi à chacun des deux candidats – l’un du Nord, l’autre du Sud – d’un mandat de trois ans. Premier Thaïlandais à s’imposer sur la scène internationale depuis des décennies, M. Supachai, 55 ans, ancien banquier et ancien ministre du...