Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

RENCONTRE Toufic Farroukh, jazzman sensiblement oriental(PHOTOS)

Jazzman aux confluences des musiques du monde, Toufic Farroukh est l’un des fers de lance de la nouvelle génération de musiciens libanais. À une trame jazz solide, il incorpore des instruments traditionnels (oud, nay) et crée un univers à la fois nostalgique et actuel. Un saxophone et un oud qui se donnent la réplique : d’emblée Toufic Farroukh annonce la couleur. Il est un jazzman d’origine orientale. Et s’il vit à Paris depuis longtemps, il s’inscrit foncièrement dans la mouvance artistique actuelle du Liban. La musique de Farroukh est à l’image de son pays. Utilisant des instruments traditionnels (nay, riq, bouzouk) au sein de compositions jazz, il crée des ambiances à la fois nostalgiques et actuelles, symptomatiques de ce qu’est son pays aujourd’hui. « Reconstruire sans faire table rase du passé. Pardonner sans oublier. » À la base, Toufic Farroukh est saxophoniste et a étudié au Conservatoire de Paris. À cette formation de jazzman, il allie une sensibilité orientale qu’il a cultivée en jouant, notamment, avec Fairouz ou Ziad Rahbani. Il a également signé de nombreuses musiques de films et de documentaires et travaille avec de nombreux chorégraphes et dramaturges en composant les illustrations sonores de leurs spectacles. Dans ses disques, Toufic fait preuve du même éclectisme. Little Secrets – paru en 1998 – fait appel aussi bien aux instrumentations « classiques » du jazz (à base de saxophone, trombone, piano, batteri, etc.) qu’aux instruments traditionnels du Proche-Orient et du Maghreb. Oud , riq (percussion orientale), nay (flûte), bouzouk apportent une profondeur, une dimension qui va au-delà de la touche de couleur locale. Aujourd’hui, Toufic Farroukh rend hommage, via son nouvel opus, Drab Zeen, à son ami Joseph Sakr. Le musicien lance cet album sur les traces de l’improvisation en éternel amoureux du jazz, de chants, de mélodies et d’instruments d’Orient. Ainsi, la notion de free tient autant d’une incursion de violon oriental ou de scratchs que d’une course folle d’un xylophone avec ses nouveaux amis. Enregistré à Paris et à Beyrouth, cet album ravira les amateurs de world, allergiques aux tapisseries sonores. Car Toufic compose également dans une veine de musique traditionnelle ; et ces moments-là sont tout à fait remarquables. Puis il incorpore ces passages au sein de son jazz, passant d’un style à l’autre au milieu d’un même morceau. Ce mélange crée un univers que Toufic définit ainsi : « C’est une musique peut-être un peu différente, mais ne cherchez pas à savoir qui est sa mère et qui est son père, d’où elle vient ni où elle va. » Alors pourquoi Drab Zeen ? « Ce mot sonne bien. Et puis, on ne sait jamais de quel côté du rempart on se trouve. » M.G.H.
Jazzman aux confluences des musiques du monde, Toufic Farroukh est l’un des fers de lance de la nouvelle génération de musiciens libanais. À une trame jazz solide, il incorpore des instruments traditionnels (oud, nay) et crée un univers à la fois nostalgique et actuel. Un saxophone et un oud qui se donnent la réplique : d’emblée Toufic Farroukh annonce la couleur. Il est un jazzman d’origine orientale. Et s’il vit à Paris depuis longtemps, il s’inscrit foncièrement dans la mouvance artistique actuelle du Liban. La musique de Farroukh est à l’image de son pays. Utilisant des instruments traditionnels (nay, riq, bouzouk) au sein de compositions jazz, il crée des ambiances à la fois nostalgiques et actuelles, symptomatiques de ce qu’est son pays aujourd’hui. « Reconstruire sans faire table rase du passé....