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Actualités - Reportage

Femmes...Annette Halabi, « Visage de l’année »(PHOTO)

On l’a confondue avec une poupée, on l’a baptisée «le Visage de l’année» ou encore «le bulldozer.» Annette Halabi est en effet une poupée pensante au visage qui parle, un bulldozer qui carbure au charme et à l’intelligence. Une femme qui a vécu plusieurs vies, guidées toutes par la passion et le goût du risque. Directrice de communication et de relations internationales. C’est écrit en bleu, juste à côté de ces poussières d’étoiles qui illustrent l’image et l’ambition de la chaîne sportive « Eurosport ». Annette Halabi est elle-même devenue une de ces étoiles, une bonne étoile qui n’a cessé de se balader dans des cieux différents, des petites existences qu’elle se plaît sans cesse à recommencer, en ciblant à chaque fois le meilleur. Car c’est le meilleur qui l’intéresse et qu’elle retient. De son père Simon Khoury, grand sportif et autrefois champion du monde de ski nautique, elle aura pris et gardé le sens de la compétition saine et des valeurs importantes ; de sa mère suédoise d’origine, autrefois Miss Monde, elle a hérité la beauté et un sentiment d’inachevé, comme une mission à accomplir pour deux, une histoire de femmes. Elle avoue : « Ma mère aurait pu faire une carrière dans le théâtre, mon père s’y est opposé, elle a lâché avec une certaine rancœur… » De son enfance dans cette famille sacrée vécue entre le Liban, la Jordanie puis l’Europe, où elle était « le bébé de la famille », elle se souvient surtout de ce grave accident de voiture « je l’ai fait à 14 ans, je m’en suis sortie à quarante ! » Un traumatisme qui forgera en elle et presque instantanément une lucidité et une force qu’elle ne lâchera plus jamais. Un monde de mecs « Je suis aujourd’hui dans un monde de mecs », nous dit la belle dame. La belle en Annette Halabi est une très belle femme élue visage des années 80 lors d’un concours organisé par la ville de Boston et par le magazine Boston Globe. Elle devient alors visage et mannequin de la célèbre agence « Élite » à Boston puis à New York, pour, précise-t-elle avec cette objectivité qui semble la caractériser, « regarder se faire cette expérience, ce ballet de magouilles, de hauts et de bas et la vivre comme un métier qui viendrait enrichir ma carrière » et plus encore, « mieux rentrer dans ma voie, le marketing et la publicité», ces matières de prédilection qu’elle étudie alors à l’université de Boston et de New York. La belle jongle avec bonheur entre ses cours et les tournages, défilés et autres séances photos ; elle s’amuse et apprend. La bête en elle retient. Car la belle en Annette Halabi est une bête de travail qui n’a jamais voulu être belle et se taire, devenir une poupée de cire figée sur les pages sponsorisées des magazines, puis une poupée articulée sur les podiums d’une mode légère qui ne fait que lui confirmer ce qu’elle seule parmi certains privilégiés peut déclarer, que « la beauté vient de l’intérieur ». C’est en effet de l’intérieur que s’est forgée la personnalité d’Annette et de ses choix professionnels pris sans hésitation ni regret. Lorsque Élite l’envoie au Japon pour un mois de séances photos, elle y reste six, fascinée par la culture. Lorsqu’elle décide de retrouver la Ville Lumière à l’occasion du mariage de sa sœur, elle ne la quitte plus, décidée à briller à son tour. Un petit tour en Europe pour Élite et puis s’en va. New York, New York, à nouveau. Et une envie : « Prendre ma carrière en main, retrouver ma vocation première, taper dans les cinq meilleures agences de pub, sinon je rentre. » Deux semaines plus tard, elle est engagée par l’agence J. Walter Thompson, « et c’était parti ! » De longues années de collaboration avec de très gros budgets, jusqu’à ce moment de lucidité qui lui fait sentir que les USA, « c’était trop loin de mes racines. J’avais soif de mes amis, j’avais trop travaillé ». Lorsque alors, elle décide de se poser un peu à Paris, d’y prendre le temps de vivre, la voilà embarquée avec l’agence publicitaire « Lintas », persuadée que « si l’offre s’est présentée à moi, c’est pour que je la prenne». Mais voilà, la belle se marie quelques mois plus tard, unissant sa vie et ses forces à son homme, Ramzi Halabi. Cinq ans durant, le couple se chargera de développer une société de nettoyage pour les hôtels. Fée du logis ou fée de marketing, « nous avons démarré avec une vingtaine d’hôtels pour finir avec plus de 120 ». Lorsqu’elle décide de « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier », elle reprend son « bâton de pèlerin », transite par le Liban, s’occupe de la beauté des femmes en s’occupant de marques de cosmétique et, dans un moment de lucidité, encore un, elle repart sur Paris, élève ses deux filles, retrouve Lintas pour deux ans, « je me suis lassée vite », et « au moment où je pensais partir, je reçois un appel d’un chercheur de tête » « Eurosport ? » dira-t-elle. « Nous n’avons pas besoin de cette poupée!» penseront-ils. Lorsque enfin elle rencontre le PDG de la chaîne, Angelo Codignoni, la décision est prise. « J’ai su qu’avec Eurosport, je pourrais construire. » Trois ans plus tard, la poupée surnommée à présent bulldozer fait partie des dix personnalités qui dirigent la boîte, la seule femme, une belle de surcroît dans un monde d’hommes conquis. Carla HENOUD
On l’a confondue avec une poupée, on l’a baptisée «le Visage de l’année» ou encore «le bulldozer.» Annette Halabi est en effet une poupée pensante au visage qui parle, un bulldozer qui carbure au charme et à l’intelligence. Une femme qui a vécu plusieurs vies, guidées toutes par la passion et le goût du risque. Directrice de communication et de relations internationales. C’est écrit en bleu, juste à côté de ces poussières d’étoiles qui illustrent l’image et l’ambition de la chaîne sportive « Eurosport ». Annette Halabi est elle-même devenue une de ces étoiles, une bonne étoile qui n’a cessé de se balader dans des cieux différents, des petites existences qu’elle se plaît sans cesse à recommencer, en ciblant à chaque fois le meilleur. Car c’est le meilleur qui l’intéresse et qu’elle...