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Actualités - Chronologie

ADMINISTRATION - Le cimetière municipal est « plein comme un œuf » Interdiction de mourir au Lavandou

Faute de places disponibles et de concessions à vendre dans le cimetière de sa commune, Gil Bernardi, le maire du Lavandou, a décidé de maintenir un arrêté qui interdit à ses concitoyens... de mourir. Depuis quelques années, le cimetière du Lavandou est « plein comme un œuf », comme le chantait Brassens dans La supplique sur son caveau familial de Sète. La municipalité a planché sur un projet de cimetière marin, qui aurait dû se situer dans un paysage splendide et tranquille du Lavandou, face à la mer. Loin de détériorer l’endroit, au contraire d’innombrables programmes immobiliers, ce cimetière devait parfaitement s’intégrer au site. C’était sans compter avec des écologistes locaux, qui, craignant « un bétonnage incontrôlé », ont alerté le tribunal administratif de Nice. Au mois de juin 2000, le tribunal a considéré que le projet ne pouvait pas se faire dans « un espace remarquable » comme celui du Lavandou. « Espace remarquable, ça me fait bien rigoler, ironise Gil Bernardi. À ce tarif-là, toute la commune dont je suis le maire est un espace remarquable et plus rien ne peut y être construit. » Dans le droit fil de cette décision administrative, qu’il juge inepte, il a interdit à ses concitoyens de mourir sur le territoire de sa commune. « Dans un premier temps, cet arrêté a été remarquablement suivi, ajoute-t-il, du moins par ceux qui sont respectueux des décisions municipales et qui se sont comme abstenus de passer de vie à trépas pendant plusieurs mois ». « Par la suite, nous avons assisté à des comportements parfois très émouvants de familles qui disposaient de places libres dans leur caveau et qui les ont mises spontanément à la disposition de celles qui n’en avaient pas. Mais cette situation ne peut pas se prolonger indéfiniment », souligne-t-il. Actuellement, Gil Bernardi est saisi du cas d’un SDF (sans domicile fixe) décédé il y a quelques jours au Lavandou. « Je n’ai pas de solution. Le code des communes me fait obligation de lui trouver une sépulture dans les six jours, mais je n’ai aucune place à offrir à ce malheureux », déplore-t-il. « Ici, ce que les gens veulent, parce que c’est dans la tradition locale, c’est leur petit lopin de terre personnel, leur concession à vie, pas un casier impersonnel. Or, je suis dans l’impossibilité de le leur donner », poursuit le maire du Lavandou. Il a bien entendu fait appel à Marseille de la décision du tribunal administratif de Nice, qui, à ses yeux, interprète trop strictement la loi Littoral. Mais la procédure ne sera sans doute pas examinée avant fin 2002.
Faute de places disponibles et de concessions à vendre dans le cimetière de sa commune, Gil Bernardi, le maire du Lavandou, a décidé de maintenir un arrêté qui interdit à ses concitoyens... de mourir. Depuis quelques années, le cimetière du Lavandou est « plein comme un œuf », comme le chantait Brassens dans La supplique sur son caveau familial de Sète. La municipalité a planché sur un projet de cimetière marin, qui aurait dû se situer dans un paysage splendide et tranquille du Lavandou, face à la mer. Loin de détériorer l’endroit, au contraire d’innombrables programmes immobiliers, ce cimetière devait parfaitement s’intégrer au site. C’était sans compter avec des écologistes locaux, qui, craignant « un bétonnage incontrôlé », ont alerté le tribunal administratif de Nice. Au mois de juin 2000, le...