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Actualités - Opinion

Nuits beyrouthines Le mâle est ainsi fait

Allumeuse, dragueuse, Lolita, la femme ? Et l’homme alors ? Beau ou laid, gros ou élancé, marié ou célibataire, il se voit en Apollon. Une denrée rare, d’après les statistiques, et il le sait : un homme pour sept femmes au Liban. La modestie ne l’étouffe pas. Au sein de sa famille, au bureau, dans les salons, il est le décideur. La tête chercheuse. Jamais en panne d’idées, d’ambitions ou de projets. C’est lui qui pense, qui sue, qui crie au stress de la vie. Alors, il s’adonne au massage asiatique où l’on pratique le «plus». Le nec plus ultra. Si on l’écoute disserter sur le sujet, sa conversation devient à la limite... pornographique. Trônant dans son fauteuil, le havane fiché au bec, il coule un œil vers «elles». Elles, c’est une panoplie de belles ou de laides, de craquantes ou de pimbêches, de smarts ou d’idiotes. Peu lui chaut. En «elles», l’important c’est le jupon. Se pourléchant les babines, il fourbit ses armes, pour lancer l’assaut. Le regard lourd d’intensité, il caresse des yeux les cheveux, les yeux, les lèvres, le corps tout entier. D’un sourire qui fait croire à la vie éternelle, il pousse le jeu jusque dans un coin, où il tente de l’embrasser. Ça ne marche pas ? Qu’à cela ne tienne. Il n’est pas n’importe qui. Son portefeuille lui permet de plastronner à la folie. Entre deux gorgées de whisky, il brasse les millions, les relations, les lieux branchés... Et glisse vers «elle» un œil victorieux. Elle reste imperturbable. Il récidive. Lui faisant face, les bras croisés, fort de son assurance, il étale sa richesse et ses menues folies. Il déballe, de sa panoplie, ses vacances aux Bermudes, son yacht et ses voitures. La pub dit bien « If you want the girl, you have to get the car ». Un battement de cils. ça fonctionne ? Pas sûr. Il joue donc un troisième atout. Sans avoir l’air d’y toucher, il lui glisse son bristol. Pèle-mêle, volent ses cartes bancaires. Qui peut dire qu’il n’est pas crédible le monsieur ? «Elle» encore, «elle» toujours aussi distante. Ne désespérant pas, il tente alors autre chose. Il susurre que, même marié, il demeure seul, abandonné. C’est si émouvant de l’écouter raconter l’ « homme » qui naît, court, se dépêche de vivre, s’efforce d’être heureux, souffre et meurt. Qu’entre-temps, il se marie, il a des enfants. Qu’il prend des photos en couleurs, pour immortaliser l’éphémère. Dans ses bras, il tient un bébé rose. Dans sa main, il serre celle de sa femme. Est-ce pour l’empêcher de partir, ou seulement pour se rassurer ? Non, il n’est pas si modeste. Il prépare déjà un voyage aux Antilles où il ira errer de bar en bar, de filles en filles... En quête de plaisir. May MAKAREM
Allumeuse, dragueuse, Lolita, la femme ? Et l’homme alors ? Beau ou laid, gros ou élancé, marié ou célibataire, il se voit en Apollon. Une denrée rare, d’après les statistiques, et il le sait : un homme pour sept femmes au Liban. La modestie ne l’étouffe pas. Au sein de sa famille, au bureau, dans les salons, il est le décideur. La tête chercheuse. Jamais en panne d’idées, d’ambitions ou de projets. C’est lui qui pense, qui sue, qui crie au stress de la vie. Alors, il s’adonne au massage asiatique où l’on pratique le «plus». Le nec plus ultra. Si on l’écoute disserter sur le sujet, sa conversation devient à la limite... pornographique. Trônant dans son fauteuil, le havane fiché au bec, il coule un œil vers «elles». Elles, c’est une panoplie de belles ou de laides, de craquantes ou de pimbêches,...