Les championnats d’Europe d’athlétisme tiennent là leur première vedette : la très polyvalente Britannique Paula Radcliffe, nouvelle détentrice du record d’Europe du 10 000 m et parangon de la lutte antidopage (téléphoto AFP). Une course magnifique dans le froid et la pluie de Munich, mardi, a projeté un peu plus la native du Cheshire, la région de Manchester, sur le devant de la scène. Écœurant ses adversaires, Radcliffe signait ainsi, outre le nouveau record d’Europe, le deuxième chrono de tous les temps (30’01’’09), derrière le record du monde de la Chinoise Wang Junxia (29’31’’78). « Je suis certes déçue de ne pas être descendue sous les trente minutes. Mais si on m’avait dit voici deux ans que j’en serais là, je ne l’aurais sans doute pas cru. Et sur le record de Wang Junxia, rien n’a été prouvé », a-t-elle expliqué mercredi, en référence aux forts soupçons de dopage qui entourent cette performance époustouflante du 8 septembre 1993. Reviennent alors à la surface les images de Radcliffe brandissant, dans les tribunes du stade d’Edmonton (Canada) lors des Mondiaux 2002, un panneau sur lequel on lisait : « Tricheurs à l’EPO, dehors». Elle s’insurgeait là contre l’autorisation finalement accordée à la Russe Olga Yegorova de s’aligner au départ du 5 000 m, alors qu’elle avait été contrôlée positive à l’EPO à la réunion de Paris quelques semaines auparavant. Un vice de forme avait levé les barrières devant la Russe. Marathonwoman « Je sais que certains journalistes étrangers ont pu douter de ma performance de mardi. Mais les gens autour de moi savent, justement, que ce que je réalise est le fruit de mon travail. Si je pouvais me livrer à tous les tests possibles et les rendre publics pour montrer que je suis propre, je le ferais immédiatement. Ce n’est hélas pas possible », a aussi lancé l’athlète lors d’une conférence de presse où avaient accouru à peu près tous les journalistes britanniques. Son succès, elle l’explique notamment par l’entraînement, poussé à deux heures de course à un rythme très élevé, auquel elle s’est astreint régulièrement cette année, soit 20 minutes de souffrance supplémentaire par rapport aux années précédentes. Son ambition de courir le marathon est passée par là. Elle l’a concrétisée de manière éclatante le 14 avril : pour sa première participation à un marathon, elle remportait celui de Londres, établissant au passage... la deuxième meilleure performance mondiale (2h18 min 56 sec) ! Lassée des accessits (4e sur 10 000 m aux JO de Sydney et aux Mondiaux d’Edmonton, 5e aux JO d’Atlanta sur 5 000 m...), l’élancée Radcliffe (1,73 m pour 54 kg) trouvait là une distance idéale. Elle s’alignera donc au départ du marathon de Chicago en octobre, où elle devrait empocher aussi un joli magot. Elle s’y préparera dans les Pyrénées françaises, à Font-Romeu, où elle possède un appartement qu’elle rejoindra après son séjour munichois. Mais celui-ci pourrait se prolonger sur la piste du 5 000 m : « Je prendrai ma décision jeudi, au réveil », a-t-elle confié.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les championnats d’Europe d’athlétisme tiennent là leur première vedette : la très polyvalente Britannique Paula Radcliffe, nouvelle détentrice du record d’Europe du 10 000 m et parangon de la lutte antidopage (téléphoto AFP). Une course magnifique dans le froid et la pluie de Munich, mardi, a projeté un peu plus la native du Cheshire, la région de Manchester, sur le devant de la scène. Écœurant ses adversaires, Radcliffe signait ainsi, outre le nouveau record d’Europe, le deuxième chrono de tous les temps (30’01’’09), derrière le record du monde de la Chinoise Wang Junxia (29’31’’78). « Je suis certes déçue de ne pas être descendue sous les trente minutes. Mais si on m’avait dit voici deux ans que j’en serais là, je ne l’aurais sans doute pas cru. Et sur le record de Wang Junxia, rien n’a...