Pendant longtemps, très longtemps, seule l’Europe, en particulier Paris, avait le privilège de concevoir la mode... Les temps changent et avec eux les goûts et les regards... Si Paris reste toujours le foyer ardent de l’inspiration, d’autres pôles se créent apportant des semences neuves. Le journal Officiel (n° 862) a consacré une longue enquête sur la mode au Brésil, indiquant que les stylistes brésiliens ont beaucoup à apporter aux autres pays. Son enquête est en effet une révélation. Il y a quelques semaines, la Saö Paulo Fashion Week accomplissait la cinquième année de sa naissance, confirmant l’existence d’une mode ayant atteint son niveau de maturité et de créativité étonnantes. «Il est impressionnant de constater comment dans un pays d’économie relativement instable tout un secteur se rassemble dans une union structurée et forte afin de faire naître et aboutir ses projets», écrit le signataire de l’éditiorial. Le reportage de la revue française permet de constater que les créateurs brésiliens s’appliquent à laisser libre cours à leur créativité, faisant émerger une vision originale et des idées neuves. Selon les évaluations des spécialistes, la mode brésilienne atteint ce stade de créativité, où de nouvelles idées émergent, reflétant une inspiration libre de toute influence étrangère. Libre, enfin, de toute crise d’identité, la mode brésilienne traduit la sienne propre. Alexandre Herchcovitch, Lorenzo Mertino, Ronaldo Fraga ou Reinaldo Lourenço sont des créateurs qui révèlent une maturité reconnue et appréciée par les grands foyers de mode européens. L’industrie, par ailleurs, du vêtement brésilien ne cesse d’explorer des techniques neuves. Un travail créatif naît de diverses équipes, soucieuses d’améliorer et d’agrandir leur image. Il est clair que dans l’univers de la mode une solide, quoique nouvelle, identité typiquement brésilienne est en train de se mettre en place. La Semaine de la mode brésilienne ne tardera pas à devenir un événement qui mobilisera les professionnels des vieux centres européens de l’aristocratie de la mode. Soins esthétiques La beauté minérale Un nouveau vent réformateur souffle sur les soins de beauté. Des États-Unis à Sydney et de Paris à l’Extrême-Orient, la pierre angulaire de la beauté et du bien-être n’est autre que la cosmétique minérale. Le saphir, pierre de la sagesse, est un excellent régulateur de la peau, des ongles, du cuir chevelu. Le quartz rose active la circulation et les échanges organiques. L’améthyste favorise la relaxation et gomme les crispations, coupables impardonnables des rides... De là à commercialiser des gemmes «repasseuses», des galets «tranquilliseurs» et des soins faisant le pont entre le corps humain et les forces cosmiques, il n’y avait qu’un pas... Déjà franchi aux États-Unis mais aussi dans les grandes villes cosmopolites du monde. Si la Chine s’est depuis des millénaires familiarisée avec ce pouvoir esthétique des minéraux, l’industrie et le commerce le découvrent avec ravissement. Déjà des galets masseurs, des bijoux antirides, des cristaux liquides entonnent leur chant de sirènes au profit des tiroirs-caisses des industriels malins qui, une fois le filon découvert, se sont mis à lui creuser des canaux d’écoulement. Même la préhistorique pierre d’alun, qui faisait les choux gras des antiques coiffeurs en repassant (momentanément) les rides de la clientèle, se voit plébiscitée détentrice de pouvoir «minéral». Thierry Mugler lui dédie sa ligne «Cologne» et, à Paris, une boutique, au 3e arrondissement, La Pierre philosophale, se consacre entièrement à la commercialisation de ce pouvoir minéral. Un soin innovateur Déjà un soin visage d’un genre nouveau est introduit par un spécialiste dans un des instituts huppés de Paris. À base de galets, de basalte et de marbre, chauds et froids, les flux énergétiques de la peau enfouis dans la profondeur des tissus se libèrent et revitalisent le visage. Le tout réalisé au son de la musique indienne... La même méthode est déjà pratiquée pour le corps. La revanche des fleurs Pour promouvoir sa maroquinerie, ses souliers et son prêt-à-porter, Louis Vuitton a choisi l’image d’une belle endormie. Ainsi les objets de parure ne sont plus des articles embellisseurs mais des éléments de compagnie rêvés. La mode d’ailleurs accuse un retour aux fleurs. Abandonnés comme surannés, les motifs floraux avaient quitté depuis les années 70 l’avant-scène de la mode mais aussi celle de la décoration et même des arts... Or voilà que les motifs fleuris reviennent par brassées. Des roses éclatantes riches en nuances, des tulipes stylisées et bien d’autres produits du sol, parfois d’une touchante simplicité, sont imprimés sur les tissus, les papiers muraux, les textiles d’ameublement. Hortensia, tulipes, dahlias mêlent leurs couleurs et leurs volumes pour embellir une vie que la technologie a amputée de tout rêve et parfum. Signe des temps, on achète, du moins en Occident, de plus en plus des fleurs pour soi et non plus uniquement pour offrir... La tendance a glissé dans le domaine de la décoration et de la mode. Les tissus d’ameublement, les papiers muraux rappellent les planches naturalistes d’autrefois... Il arrive de plus en plus qu’on s’achète des fleurs pour soi-même et qu’on apprécie leur présence vivante ou peinte, tissée ou sculptée, dans l’ambiance où on vit... Il paraît qu’en France même le mobilier se met au régime «grosses fleurs». Les façades des meubles sont décorées de panneaux stratifiés, imprimés, particulièrement réalistes, de façon à faire entrer un printemps toujours fleuri même dans les pièces les plus exiguës ou les plus moroses... Qu’attendons-nous pour adapter cette délicieuse lubie au Liban? Le corset, objet de fantasmes Pour se serrer la taille, les belles de jadis se harnachaient comme des chevaux. Un jour on découvrira peut-être que la libération de la femme commença avec l’abolition du port de cet harnais. Cet objet de torture est vieux comme le monde, puisqu’en Crète, du temps de Minos, hommes et femmes se corsetaient avec soin. Ce qui fait remonter ce presse-graisse à trois mille ans avant notre ère. Disparu pendant longtemps, il refait surface au XIIe siècle mais uniquement comme effet masculin pour donner de la prestance et rendre plus majestueuse l’allure des nobles seigneurs. Les femmes n’auront droit au corset qu’à partir du milieu du XIVe siècle et pour très longtemps, puisqu’il faudra attendre Paul Poiret au début du XXe siècle pour les libérer de cette cage en lançant la robe fluide et souple. Il reviendra avec Christian Dior après la Seconde Guerre mondiale et le New Look. Quelques années plus tard, il sombrera dans un demi-sommeil, sortant de temps en temps de façon circonstancielle. Aujourd’hui il campe sur les podiums, les tenues de mariées, les coulisses de théâtres et les tenues de déguisement. Mais même de nos jours, le corset fait fantasmer. Qu’on le veuille ou pas, cet accessoire cruel et oppresseur est en même temps exacerbation et sublimation de la féminité. Cheveux Éloge de la brosse Les outils agricoles permettent d’aérer un sol en chassant brins de paille et cailloux inutiles. Les brosses à cheveux accomplissent la même fonction au service du cuir chevelu. Elles constituent un moyen mécanique, particulièrement efficace, pour soigner cheveux et chevelure. Si à l’origine la fonction de la brosse consistait à éliminer les impuretés et les poussières déposées sur les cheveux, cet outil est devenu très vite un indispensable instrument embellisseur, réservé tout de même aux nantis, puisque très vite il est devenu un accessoire «grand luxe». En écaille, le manche incrusté de pierres précieuses à ses débuts, la brosse s’est faite anoblie en se taillant dans des matières nobles: les poils étaient montés sur de l’écaille, du bois précieux, de l’argent et de l’or. Sa fonction consistait à «purifier» la chevelure, élément essentiel de l’attrait féminin, de toute impureté et des poussières déposées au cours de la journée. Cent coups de brosse le matin, cent autres coups le soir composaient un rituel où se mêlait intimement un rituel érotique. En argent, en or, en vermeil, en ivoire, le dos incrusté de pierres précieuses ou frappé d’armoiries, le peigne, objet par excellence intime, était bien plus qu’un démêleur, symbole de raffinement et de coquetterie, à l’instar de l’éventail, les minauderies des gestes mises à part... Les brosses d’aujourd’hui n’ont plus la même connotation. Les anciennes maisons productrices maintiennent, par tradition, la fabrication manuelle, témoignant d’un souci de qualité très élitiste. Le dos de ces brosses précieuses, fabriquées jusqu’à nos jours manuellement, témoigne certes d’un souci de qualité. En bois platane, hêtre ou cerisier, le dos est orné de poils de sanglier d’Inde ou de Chine, coupés sans angles et calibrés avec le plus grand soin. La gamme de brosses nylon est à base d’un mélange de poils synthétiques et de sanglier. Pour les cheveux indomptables ou difficiles, longs et épais, le mélange des deux matières, naturelle et synthétique, est indiqué. Cela permet de mieux capter l’humidité tout en favorisant la répartition du sébum (matière grasse sécrétée par les glandes sébacées à certains endroits du corps et en premier sur le cuir chevelu). Pour les cheveux difficiles, indomptables, les brosses en soies de sanglier sont recommandées et il en est de même pour les cheveux longs et épais.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pendant longtemps, très longtemps, seule l’Europe, en particulier Paris, avait le privilège de concevoir la mode... Les temps changent et avec eux les goûts et les regards... Si Paris reste toujours le foyer ardent de l’inspiration, d’autres pôles se créent apportant des semences neuves. Le journal Officiel (n° 862) a consacré une longue enquête sur la mode au Brésil, indiquant que les stylistes brésiliens ont beaucoup à apporter aux autres pays. Son enquête est en effet une révélation. Il y a quelques semaines, la Saö Paulo Fashion Week accomplissait la cinquième année de sa naissance, confirmant l’existence d’une mode ayant atteint son niveau de maturité et de créativité étonnantes. «Il est impressionnant de constater comment dans un pays d’économie relativement instable tout un secteur se rassemble...