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Actualités - Chronologie

GOLFE Al-Jazira déclenche une crise larvée entre Ryad et Doha

Une crise larvée, suscitée par la chaîne satellitaire qatarienne al-Jazira, secoue les relations entre l’Arabie saoudite et le Qatar dont le chef de diplomatie Hamad ben Jassem Al-Thani a parlé d’un « malentendu ». « Cette fois, al-Jazira a dépassé toutes les lignes rouges. L’Arabie saoudite est en colère. Elle ne se contentera plus de protester contre la chaîne qatarienne », déclare M. Daoud al-Charyan, qui dirige à Ryad la rédaction du quotidien arabe à capitaux saoudiens al-Hayat, édité à Londres. « Aucun Saoudien ne peut tolérer qu’on accuse son pays d’avoir trahi la cause palestinienne ou qu’on dénigre le fondateur du royaume, le roi Abdel Aziz ben Saoud », estime M. Charyan, dont les vues reflètent la position officielle saoudienne. « Je n’écarte pas l’éventualité d’un retrait de l’ambassadeur saoudien à Doha. Ryad pourrait même utiliser d’autres cartes contre le Qatar, en entravant par exemple son projet de livraison de gaz au Koweït, qui doit être acheminé à travers le territoire saoudien », ajoute M. Charyan. « Le conflit est désormais avec le Qatar et non pas avec al-Jazira, devenue un instrument politique et non pas un moyen d’information », déclare-t-il. Le 25 juin, lors de l’émission Sens opposé, des intervenants ont dénoncé le projet de paix au Proche-Orient initié par le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz, dénigré le fondateur du royaume et accusé Ryad d’avoir « trahi la cause palestinienne ». Parmi les intervenants, figurait Saad al-Faqih, le porte-parole du Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA, opposition basée à Londres). L’un des invités à l’émission, Mohammed Abdel Hakam Diab, un écrivain et journaliste égyptien, a accusé « la politique officielle saoudienne d’avoir commis des erreurs, atteignant parfois le niveau du crime ». « Depuis la création du royaume et jusqu’à présent, la politique saoudienne a été dirigée contre la Palestine », a-t-il dit. Le 13 juillet, al-Jazira récidivait lors d’une autre émission, Sans frontières, consacrée à « la position populaire saoudienne à l’égard de la campagne médiatique contre le royaume » et à laquelle était invité un opposant islamiste saoudien notoire, Mohsen al-Awaji. « Le peuple saoudien considère que l’initiative du prince Abdallah était un faux pas », a déclaré M. Awaji, en arguant toutefois de « la bonne foi » du prince héritier. Des responsables d’al-Jazira se sont refusés à toute déclaration, arguant que la seule personne habilitée à se prononcer sur la crise est le chef de la diplomatie qatarienne, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani. Cheikh Hamad a fait état mardi d’un « malentendu » qui doit être réglé « dans un esprit de fraternité », dans une déclaration à Sanaa, où il effectue une tournée qui l’a conduit dans les pays arabes de la région à l’exception de l’Arabie saoudite. Affirmant « n’avoir pas encore reçu de réponse » à une demande de visite dans le royaume saoudien, il a souligné le souci de Doha d’entretenir de « bonnes relations » avec tous les pays « en tête desquels l’Arabie saoudite ». Mais il a admis lundi que« al-Jazira est un casse-tête chronique, sans remède », laissant entendre que Doha n’allait pas prendre des mesures de rétorsion contre cette chaîne. Les relations entre Ryad et Doha, difficiles en raison d’un litige frontalier qui a failli dégénérer en 1992 en conflit armé, ont été compliquées par al-Jazira, lancée en 1996. Lors du dernier sommet du CCG, le prince Abdallah avait violemment critiqué al-Jazira, l’accusant de « jeter le discrédit sur les pays du CCG et de porter atteinte aux membres des familles royales ».-
Une crise larvée, suscitée par la chaîne satellitaire qatarienne al-Jazira, secoue les relations entre l’Arabie saoudite et le Qatar dont le chef de diplomatie Hamad ben Jassem Al-Thani a parlé d’un « malentendu ». « Cette fois, al-Jazira a dépassé toutes les lignes rouges. L’Arabie saoudite est en colère. Elle ne se contentera plus de protester contre la chaîne qatarienne », déclare M. Daoud al-Charyan, qui dirige à Ryad la rédaction du quotidien arabe à capitaux saoudiens al-Hayat, édité à Londres. « Aucun Saoudien ne peut tolérer qu’on accuse son pays d’avoir trahi la cause palestinienne ou qu’on dénigre le fondateur du royaume, le roi Abdel Aziz ben Saoud », estime M. Charyan, dont les vues reflètent la position officielle saoudienne. « Je n’écarte pas l’éventualité d’un retrait de...