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Actualités - Chronologie

CONCERT Anahid Mekhitarian : une voix séraphique

Un récital de bel canto a été organisé à la grotte de Jeïta en l’honneur du départ de l’ambasssadeur du Canada au Liban, M. Haig Sarafian. La soprane colorature Anahid Mekhitarian, accompagnée au piano par Vassili Rolich, était sous les feux de la lumière sur un podium entre stalagtites et stalagmites. Voix d’ange pour un cadre féerique. Au menu, des pages de Mozart, Massenet, Bach, Ganatchian, Strauss et Donizetti. Dans une longue robe noire en mousseline avec bustier en paillettes, les cheveux relevés sur le front en mèches ourlées, un petit collier en perles blanches et pendentif au cou, Anahid Mekhitarian a littéralement subjugué l’auditoire dès les premières mesures d’un chant spirituel arménien, Dieu, écoutez-nous. Chant plein de ferveur, empreint d’une grande piété et revêtant brusquement dans ce cadre féerique toute l’allure d’une prière incantatoire. Suit cet air magnifique de Mozart, Exsultate, jubilate. Musique divine, au charme et à la grâce infinis, qui retentit avec une force surprenante dans ce ventre blanc de la terre. Plus pétillante, fine et enjouée dans ses «espagnolades» ensoleillées et fraîches, est la Sévillane de Jules Massenet, un des plus grands mélodistes français. Interlude au piano seul avec une œuvre de J.-S. Bach intitulée Siciliana. Architecture fine et pure pour des notes fluides et en dentelles qui se fondent parfaitement, comme ces gouttes d’eau qui suintent en silence, dans cet ensemble impressionnant de pierres blanches, justement si finement et délicatement architecturées… Cela doit probablement s’appeler la correspondance des sons et de la matière… Retour sur scène de la cantatrice avec une susurrante et tendre berceuse de Ganatchian qui a la beauté de toutes les aurores du monde. Plus nostalgique et salonnard est cet air de J. Strauss où l’on évoque les magiques moments de la jeunesse. Mais la beauté n’est guère immortelle et les plaisirs ne sont pas non plus inépuisables. Mélodie douce, rêveuse, emportant l’auditeur sur un nuage opalescent. Pour terminer, une ravissante aria tirée du premier acte de Linda de Chamounix, de G. Donizetti. Revenant d’un rendez-vous manqué avec un amant sans ressource, Linda trouve un bouquet de fleurs laissé par un marquis qu’elle ne laisse pas indifférent. Elle ne songe qu’à le retrouver et c’est sous le signe de l’espoir et du battement de cœur que se situe ce passage (O luce di quest’anima), air le plus célèbre de la partition, et un délicieux morceau allegretto qui n’est jamais déplacé dans un répertoire de soprano colorature. Salve doublement retentissante (l’écho était de concert avec l’auditoire) pour une prestation sans faille qui a ébloui un public très happy few, trié sur le volet, et où s’étaient groupés, dans un silence religieux, amis et fervents mélomanes. En bis, bien sûr, un vibrant Erevan où les cîmes du mont Ararat et la terre des hauts plateaux battus par le vent se sont fondus dans des accents suaves et une voix séraphique avec cette laiteuse béance blanche rongée par l’humidité. E.D.
Un récital de bel canto a été organisé à la grotte de Jeïta en l’honneur du départ de l’ambasssadeur du Canada au Liban, M. Haig Sarafian. La soprane colorature Anahid Mekhitarian, accompagnée au piano par Vassili Rolich, était sous les feux de la lumière sur un podium entre stalagtites et stalagmites. Voix d’ange pour un cadre féerique. Au menu, des pages de Mozart, Massenet, Bach, Ganatchian, Strauss et Donizetti. Dans une longue robe noire en mousseline avec bustier en paillettes, les cheveux relevés sur le front en mèches ourlées, un petit collier en perles blanches et pendentif au cou, Anahid Mekhitarian a littéralement subjugué l’auditoire dès les premières mesures d’un chant spirituel arménien, Dieu, écoutez-nous. Chant plein de ferveur, empreint d’une grande piété et revêtant brusquement dans ce...