Sentant monter le danger pour sa présidence et alors que les marchés boursiers américains ont continué cette semaine de s’enfoncer, le président George W. Bush a lancé un appel au Congrès pour qu’il renforce sans tarder la législation sur la comptabilité des entreprises afin de restaurer la confiance des investisseurs. « Alors que le Congrès s’approche de la fin de la session parlementaire, il doit prendre des mesures décisives pour promouvoir la sécurité économique des Américains et exiger des normes éthiques supérieures de la part des dirigeants d’entreprises (...) », a déclaré samedi M. Bush, lors de son allocution radiodiffusée hebdomadaire. Après les révélations sur une série d’irrégularités comptables liées à la publication de revenus fictifs et quelques faillites retentissantes (Enron, Global Crossing) et celle imminente de WorldCom, le Congrès a décidé de durcir les règles comptables des entreprises afin d’accroître la transparence et de durcir les peines à l’encontre des PDG et des dirigeants indélicats. Le texte de loi passé par le Sénat, contrôlé par les démocrates, va plus loin que celui de la Chambre basse, dominée par les républicains. Les deux versions, adoptées respectivement lundi et mardi derniers, doivent être harmonisées en conférence bicamérale avant un vote final et une promulgation par le président. Estimant que le délai de deux mois évoqué par certains parlementaires pour finaliser ce texte législatif était trop long, le président Bush a jugé qu’il n’y avait « pas de raison que le processus législatif prenne autant de temps ». « J’ai confiance dans le fait que les différences d’approche entre la Chambre et le Sénat peuvent être résolues », a dit le président. « J’en appelle de nouveau au Congrès pour qu’il adopte une loi avant la fin de la session parlementaire d’ici à août. Il est temps d’agir de manière décisive pour qu’une nouvelle ère d’intégrité gagne le monde des affaires », a-t-il ajouté. Les marchés boursiers ont vécu une semaine noire, minés par une grave crise de confiance des investisseurs qui désertent en masse les places financières. La crise de confiance qui mine les marchés boursiers est de mauvais augure pour le président américain à l’approche des élections législatives de mi-mandat en novembre. D’autant qu’une majorité relative d’Américains (48 % contre 42 %) estime désormais que l’économie du pays est sur la mauvaise voie. Depuis quelques semaines, les démocrates aiguisent leurs couteaux, bien décidés à garder le contrôle du Sénat et à s’emparer de la majorité à la Chambre des représentants. Le chef de file de la minorité démocrate à la Chambre, Dick Gephardt, a eu beau jeu ainsi de se poser en champion de l’intégrité économique. « C’est un vrai problème. Les gens ont perdu leurs économies. Ils veulent qu’on s’y attaque », a-t-il souligné cette semaine, en rejetant la responsabilité des scandales sur la frénésie de déréglementation à tout crin des républicains. Ces derniers ont retourné la politesse, accusant vendredi les démocrates de prendre l’économie en otage pour accroître leur chance de réélection en novembre. Reste que, si la crise de confiance devait perdurer, notent des observateurs, la popularité du président américain pourrait bien prendre rapidement le même chemin que les portefeuilles des ménages. « C’est un vrai danger pour Bush, prévient l’analyste politique de CNN, Bill Schneider. C’est exactement ce qui est arrivé à son père : non pas qu’il soit corrompu mais plutôt à côté de la plaque. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sentant monter le danger pour sa présidence et alors que les marchés boursiers américains ont continué cette semaine de s’enfoncer, le président George W. Bush a lancé un appel au Congrès pour qu’il renforce sans tarder la législation sur la comptabilité des entreprises afin de restaurer la confiance des investisseurs. « Alors que le Congrès s’approche de la fin de la session parlementaire, il doit prendre des mesures décisives pour promouvoir la sécurité économique des Américains et exiger des normes éthiques supérieures de la part des dirigeants d’entreprises (...) », a déclaré samedi M. Bush, lors de son allocution radiodiffusée hebdomadaire. Après les révélations sur une série d’irrégularités comptables liées à la publication de revenus fictifs et quelques faillites retentissantes (Enron,...