Rechercher
Rechercher

Actualités

Le triomphe du mauvais goût(PHOTO)

L’harmonie des couleurs et des styles était la grande absente du bitume de l’axe central de Berlin qui a vibré aux rythmes saccadés de la Love Parade, rendez-vous mondial de la musique techno. Perruque rose, traits défaits, caleçon à carreaux et mocassins, Juan, un Espagnol d’une cinquantaine d’années, revendique qu’« il n’y a pas d’âge pour fêter l’amour en petite tenue ». À ses côtés, son amie, enveloppée dans un fuseau noir avec un mini-sac à dos en forme de diable, semble du même avis. Un homme porte un string en latex qui dépasse de son jean lacéré. Il marche en birkenstocks, les traditionnelles sandales allemandes. Un autre affiche sans complexe barbe fluo verte, chaîne en or et une robe noire qui descend jusqu’à ses pieds chaussés par des tennis à semelle expansée couleur treillis. Chez les femmes, cuissardes et jambières ont le vent en poupe et se déclinent en peaux de léopard synthétique ou en peluches fluos. Elles se conjuguent avec bas résilles ou corset en dentelle. « C’est tellement beau, tous ces gens qui s’amusent ensemble », s’émerveille Kristel, venue des Pays-Bas, un lierre en plastique enroulé autour du cou. Matthias, de Zwickau en Saxe (est de l’Allemagne), semble très fier de son ensemble short et manteau aux motifs de « peau de vache », aux taches violettes sur fond blanc. D’autres corps sont enveloppés de papier à bulle, ou tout simplement de lanières en cuir. Murielle Dragon, 30 ans, montre son ensemble en latex noir avec joie. « Cette année, je voulais être mi-ange, mi-démon », confie-t-elle, cravache en main et ailes rouges dans le dos. « C’est génial, s’exclame cette Bruxelloise. J’ai la chance de monter sur le char de la chaîne flamande qui a diffusé Big Brother », une émission de télé-réalité. À plusieurs mètres, sur le char « Hardcore 4 Life », une cinquantaine de ravers se défoulent avec arrogance et parfois vulgarité tandis que le DJ se déchaîne. « Fucking Generation ! » lance-t-il dans un arrangement rap de sa création. Dans la rue, des jeunes suivent ses rythmes, sans grande sensualité. Au fil des heures, les centaines de milliers de fans de techno ont lâché leurs inhibitions, si possible devant les caméras. Un groupe de Russes allemands de Hanovre (nord) arborent fièrement des tee-shirts rouges et blancs avec en gros « URSS ». « C’est la nouvelle mode », explique Dimitri, 21 ans, des lentilles aux couleurs de ballons de foot sur les pupilles, derrière des lunettes fumées. Un de ses camarades s’est hissé en haut d’un char T-34 du mémorial des victimes russes de la Seconde Guerre mondiale, où il brandit un immense drapeau aux couleurs de son pays d’origine. Une plaisanterie pas du tout appréciée par les services d’ordre.
L’harmonie des couleurs et des styles était la grande absente du bitume de l’axe central de Berlin qui a vibré aux rythmes saccadés de la Love Parade, rendez-vous mondial de la musique techno. Perruque rose, traits défaits, caleçon à carreaux et mocassins, Juan, un Espagnol d’une cinquantaine d’années, revendique qu’« il n’y a pas d’âge pour fêter l’amour en petite tenue ». À ses côtés, son amie, enveloppée dans un fuseau noir avec un mini-sac à dos en forme de diable, semble du même avis. Un homme porte un string en latex qui dépasse de son jean lacéré. Il marche en birkenstocks, les traditionnelles sandales allemandes. Un autre affiche sans complexe barbe fluo verte, chaîne en or et une robe noire qui descend jusqu’à ses pieds chaussés par des tennis à semelle expansée couleur treillis. Chez...