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Actualités - Chronologie

Entrer à Ramallah est devenu un cauchemar pour les Palestiniens

Hommes, femmes et enfants palestiniens, assommés par le soleil de midi, attendent en file à l’une des entrées nord de Ramallah que les soldats israéliens leur permettent de franchir le barrage qui commande l’accès de cette ville de Cisjordanie. Soufflant et le front en sueur, ces Palestiniens jouent des coudes pour entrer dans Ramallah lors de la brève levée du couvre-feu imposé par l’armée israélienne sur cette ville de plus de 200 000 habitants. « Pas question de revivre cette expérience », confie Iqab Abdelkader, un fonctionnaire de 43 ans qui habite le village de Sourda, à 4 km au nord de Ramallah. « Je vais travailler de la maison », ajoute-t-il après deux heures d’attente au barrage. « Ils (les soldats) nous humilient exprès et prennent un malin plaisir à nous dicter leur loi », lance-t-il, amer. La route où se dresse le barrage est coupée depuis longtemps aux voitures et les soldats imposent aux piétons un rituel immuable : ils leur demandent de s’arrêter, de se mettre en file en tenant leurs cartes d’identité au-dessus de leur tête. Ensuite, l’un des soldats fait signe à une ou deux personnes de s’avancer. S’ensuit la vérification de l’identité et enfin l’autorisation de continuer son chemin si la personne concernée a de la chance. Ahmad Daoud, 41 ans, raconte son périple entre Ramallah et Sourda, lorsqu’une jeep de l’armée s’est mise en travers de la route et les soldats à bord ont menacé les passants avec leurs armes. « Nous nous sommes arrêtés à 150 m du véhicule, qui s’est mis à avancer vers nous. Les soldats ont alors commencé à frapper les femmes avec les crosses de leurs fusils et nous ont poussés à reculer en direction de Ramallah, où ils nous ont bloqués pendant plus d’une heure », relate-t-il. « Cela ne s’est pas arrêté là. Dès que la patrouille s’est retirée, nous nous sommes empressés d’avancer pour nous retrouver nez à nez avec des chars israéliens qui bloquaient l’entrée de Sourda », ajoute-t-il. « Les chars ont ouvert le feu et nous avons fui vers une route secondaire, dit-il. Nous avons passé la journée à tenter de regagner nos maisons. » Un épicier, qui tient boutique à l’entrée du village, raconte de son côté que les soldats l’ont obligé à offrir des bouteilles d’eau minérale à tous les Palestiniens qui attendaient au barrage pour le punir « d’avoir permis à des jeunes filles fuyant les tirs de se réfugier dans l’échoppe ». Un porte-parole de l’armée israélienne a refusé de commenter ces accusations. Pour la députée Hanane Achraoui, « la politique d’occupation israélienne vise à humilier le peuple palestinien ». « Il est clair que le but (du bouclage) est politique. Il n’a rien à voir avec la sécurité, mais découle d’une mentalité raciste née de décennies d’occupation », a-t-elle affirmé.
Hommes, femmes et enfants palestiniens, assommés par le soleil de midi, attendent en file à l’une des entrées nord de Ramallah que les soldats israéliens leur permettent de franchir le barrage qui commande l’accès de cette ville de Cisjordanie. Soufflant et le front en sueur, ces Palestiniens jouent des coudes pour entrer dans Ramallah lors de la brève levée du couvre-feu imposé par l’armée israélienne sur cette ville de plus de 200 000 habitants. « Pas question de revivre cette expérience », confie Iqab Abdelkader, un fonctionnaire de 43 ans qui habite le village de Sourda, à 4 km au nord de Ramallah. « Je vais travailler de la maison », ajoute-t-il après deux heures d’attente au barrage. « Ils (les soldats) nous humilient exprès et prennent un malin plaisir à nous dicter leur loi », lance-t-il, amer. La...