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« Chambres d’écriture » pour tous

Dans la fraîcheur d’un caveau de dégustation, à l’ombre d’un bosquet ou sur un balcon surplombant la campagne provençale, au château ou chez les commerçants, les festivaliers de Grignan pouvaient prendre le temps d’écrire des lettres, à qui ils le souhaitent et sans bourse délier. Dans le cadre du festival de la correspondance, sur des bureaux ou des pupitres déplacés dans ces recoins intimes et propices à l’inspiration, des feuilles de papier à lettres et des enveloppes estampillées attendaient le visiteur. Souvent, une plume et un encrier étaient aussi mis à la disposition du festivalier, parfois même le cachet de cire. Il suffisait alors au passant de s’asseoir sur un coussin coloré ou sur une petite chaise de bois et de « retrouver le sens du temps, de l’écriture », selon le mode d’emploi affiché dans la plupart de ces lieux. « C’est un sentiment de liberté totale », commentait Nathan Liepchitz, un festivalier, penché sur sa feuille déjà largement noircie. « Ici, on est dégagé de toute pression du temps, de sujet et de forme, on peut écrire au fil de l’inspiration et si on en manque, il suffit de lever le nez », ajoutait-il, désignant la vue dégagée sur le pays grignanais. « Je n’ai pas besoin de cette mise en scène, j’écris déjà partout, sur un coin de table, par terre, dans la voiture », expliquait Madeleine Guillaume, qui, enfermée malgré tout dans une cabine d’écriture, se définit comme « une fana de la correspondance ». Plus loin, Angel Philipps, 13 ans, avait choisi le cadre d’un bazar pour écrire à sa sœur éloignée. Une jeune fille de 17 ans s’amusait à écrire à la plume à son « doux gentilhomme », avant de cacheter sa missive à la cire. « C’est plus poétique que sur Internet », expliquait une autre jeune épistolière, qui écrivait à une copine à l’ombre d’un caveau de dégustation. « Ici, on laisse courir son imagination pour écrire des messages qu’on peut envoyer aux gens qu’on aime », ajoutait-elle. Il n’y avait plus ensuite qu’à enfermer sa missive dans une enveloppe et la glisser dans une des nombreuses boîtes aux lettres installées à Grignan. Le festival se chargeait de la timbrer, en coopération avec la poste, et de l’acheminer vers son destinataire, en France ou à l’étranger. Quelque 3 500 lettres ont été ainsi envoyées l’an dernier.
Dans la fraîcheur d’un caveau de dégustation, à l’ombre d’un bosquet ou sur un balcon surplombant la campagne provençale, au château ou chez les commerçants, les festivaliers de Grignan pouvaient prendre le temps d’écrire des lettres, à qui ils le souhaitent et sans bourse délier. Dans le cadre du festival de la correspondance, sur des bureaux ou des pupitres déplacés dans ces recoins intimes et propices à l’inspiration, des feuilles de papier à lettres et des enveloppes estampillées attendaient le visiteur. Souvent, une plume et un encrier étaient aussi mis à la disposition du festivalier, parfois même le cachet de cire. Il suffisait alors au passant de s’asseoir sur un coussin coloré ou sur une petite chaise de bois et de « retrouver le sens du temps, de l’écriture », selon le mode d’emploi affiché...